Capoeira

Zoom sur un sport exotique : la Capoeira

Pratique traditionnelle brésilienne, à la fois art martial et danse, la capoeira ne cesse d’émerveiller ses spectateurs et de passionner ceux qui la pratiquent. Plus qu’un sport, c’est un art de vivre et un héritage culturel d’une richesse incroyable. Les ethnologues spécialistes du sujet parlent d’un « phénomène social global »,  dans la mesure où la capoeira offre un éclairage particulier sur presque tous les aspects de la culture brésilienne (musique, religion, société, etc.).

Un peu d’histoire

La Capoeira a vu le jour dans les Quilombos brésiliens, sans doute au XVIe siècle. À cette époque, les colons portugais déportaient des Noirs africains jusqu’au Brésil pour les réduire en esclavage. La capoeira a, au sein de ces communautés d’esclaves, pris la forme d’une certaine révolte. Grâce à elle, les esclaves s’entraînaient au combat en le maquillant en danse afin de ne pas attirer l’attention de leurs maîtres.

Au XIXe siècle, la capoeira fut interdite et sévèrement réprimée. Toutefois, elle resta le symbole de la lutte des esclaves pour leur liberté. Ils ne cessèrent jamais de la pratiquer, et elle devient de plus en plus populaire. Dans la première moitié du XXe siècle, deux personnages contribuèrent à sa démocratisation : Mestre Bimba et Mestre Pastinha, qui créèrent les deux premières académies de capoeira à Salvador de Bahia. Aujourd’hui encore, ils restent des figures adulées par tous les capoeiristes du Brésil et du monde.

La roda de Capoeira

La capoeira se caractérise principalement par des figures acrobatiques, un combat à la fois improvisé et savamment chorégraphié. À l’intérieur de la roda, la ronde formée par le groupe de capoeiristes, deux adversaires se font face. Cet affrontement se danse au son des instruments traditionnels : berimbau, agogo, abataque et pandeiro. Le groupe scande des chants à la gloire de la capoeira, des esclaves et de la liberté.

D’ailleurs, on dit que l’on joue la capoeira (jogar en portugais), en référence à cette attitude brésilienne bien singulière, que l’on appelle malandragem ou à la figure traditionnelle du malandro : filou, rusé et malgré tout fort sympathique, le malandro occupe une place à part dans l’imaginaire populaire brésilien et s’incarne à chaque fois dans les participants à la roda.

CapoeiraOn distingue deux formes de capoeira. La capoeira Regional est la plus connue, car la plus pratiquée et la plus spectaculaire. Elle est faite de mouvements aériens assez impressionnants. La capoeira Angola est la forme traditionnelle pratiquée depuis l’époque de l’esclavage. Elle se joue plus près du sol et semble moins acrobatique, même si elle demande une maîtrise corporelle plus importante.

Une forme dérivée de la capoeira, le Maculelê, se joue dans les cercles les plus initiés. C’est un combat dansé  dans lequel les adversaires sont armés traditionnellement de machettes. Aujourd’hui, et notamment lors des entraînements, on utilise plus volontiers des bâtons.

En termes de pratique sportive, la capoeira est une activité très complète. Elle demande de la souplesse, de la rapidité, et un grand tonus musculaire. Les entraînements sont exigeants et nécessitent un échauffement approprié.

Pratiquer la capoeira aujourd’hui

Depuis les années 70, la capoeira s’est fait connaître dans le monde entier. Quel que soit l’endroit où elle se pratique, elle reste néanmoins très codifiée, et a conservé son aspect quasiment communautaire.

Chaque participant doit une allégeance tacite à son maître. Au terme de sa première année, le capoeiriste est baptisé. Lors du Batizado (ou baptême), il est officiellement admis dans la « famille ». C’est une grande fête à l’occasion de laquelle il reçoit un surnom et sa première corde. Par la suite, à l’occasion des autres baptêmes, il monte en grade et les cordes changent (comme les ceintures au judo par exemple).

Dans toutes les grandes villes de France, il est ainsi possible d’intégrer une académie ou une école. Plus d’informations sont disponibles sur le site www.capoeira-france.com.

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