MONTREAL, le 23 avril 2007 - / LBR.ca / - La Centrale des syndicats du Québec
(CSQ) profite une fois de plus de la Journée mondiale du livre et du droit
d’auteur pour dénoncer l’état lamentable dans lequel se trouve la majorité des
bibliothèques scolaires au Québec de même que le manque flagrant de personnel
qualifié pour conseiller les jeunes pour la lecture, supporter les enseignants et s’assurer que les collections répondent aux exigences des nouveaux programmes.
Le président de la CSQ, M. Réjean Parent, soutient qu’il devient presque décourageant de dénoncer année après année l’indifférence du gouvernement du Québec et des commissions scolaires à l’égard de la pauvreté de nos bibliothèques scolaires, sans que rien ne change.
« Parmi les pays occidentaux, le Québec compte parmi les Etats qui consacrent le moins de ressources, budgétaires et professionnelles, au maintien et au développement de bibliothèques scolaires de qualité. Nous le répétons et le déplorons chaque année, mais rien ne bouge, à la fois du côté du gouvernement du Québec et des commissions scolaires, pour tenter de corriger la situation de façon significative », précise M. Parent.
Un mauvais message envoyé aux jeunes
Le dirigeant syndical croit que la désuétude des bibliothèques scolaires, tant pour le nombre de livres insuffisant ou vieillot que pour le manque de personnel qualifié, projette l’image que le Québec est une société trop pauvre pour investir dans une priorité aussi essentielle que la transmission du goût de la lecture aux jeunes.
« Ce n’est certainement pas avec des bibliothèques scolaires aussi dégarnies que l’on va réussir à intéresser nos jeunes à la lecture. Dans un monde où les communications par Internet sont devenues omniprésentes dans la vie des jeunes, il est évident qu’en ne donnant accès à nos jeunes qu’à des bibliothèques où les livres sont en nombre insuffisant et peu actuel, nous renforçons auprès d’eux l’image que le livre est un outil de communication dépassé », explique le président de la CSQ.
Une situation qui entretient les inégalités sociales et scolaires
M. Parent est d’avis qu’il est d’autant plus important que les jeunes puissent avoir accès à un nombre suffisant de livres à l’école plusieurs n’ayant pas un tel privilège à la maison.
« Si l’on veut que les élèves provenant de milieux défavorisés aient droit à une éducation de qualité et à la réussite autant que ceux venant des milieux aisés, il faut qu’ils disposent de ressources suffisantes en livres pour qu’ils puissent développer leurs compétences en lecture. A défaut de s’assurer que nos écoles disposent de bibliothèques de qualité pouvant répondre à ces besoins, le gouvernement et les commissions scolaires contribuent indirectement à entretenir des inégalités sociales et scolaires qu’ils prétendent, dans leurs discours officiels, vouloir abolir », dénonce le président de la CSQ.
Un service éducation essentiel pour la réussite
M. Parent rappelle qu’un jeune à qui on a transmis le goût de la lecture augmente par le fait même ses chances de réussite.
« La maîtrise de la lecture et de l’écriture est un apprentissage qui facilite l’acquisition de tous les autres apprentissages. Il ne faut donc pas voir les bibliothèques scolaires comme un service éducatif optionnel dépendant des budgets disponibles, mais il s’agit au contraire d’un service éducatif complémentaire essentiel à la réussite éducative des élèves », mentionne le dirigeant syndical.
Une indifférence aux sérieuses conséquences
Le président de la CSQ considère d’autant plus déplorable cette indifférence des autorités gouvernementales et scolaires à l’égard du dossier des bibliothèques scolaires que cela entraînera de sérieuses conséquences sur les futurs citoyens que deviendront nos jeunes.
« C’est en lisant des livres qu’on acquiert l’amour de sa langue, qu’on développe sa curiosité et qu’on apprend à penser. Ce sont des acquis essentiels chez un individu et il est extrêmement inquiétant de constater qu’au Québec, on ne semble pas voir comme prioritaire la transmission de tels acquis alors que c’est exactement tout le contraire dans la plupart des autres pays occidentaux », fait part M. Réjean Parent.
Réduction dramatique du nombre de professionnels
Pour sa part, le président de la Fédération des professionnelles et des professionnels de l’éducation (FPPE), affiliée à la CSQ, M. Jean Falardeau, précise que les bibliothèques scolaires ne souffrent pas que d’un manque de livres, mais également de ressources spécialisées.
« En 2001-2002, nous comptions au Québec 80 ressources professionnelles spécialisées, bibliothécaires et spécialistes en moyens et techniques d’enseignement, pour l’ensemble des 70 commissions scolaires. En 2005-2006, ce nombre avait été réduit à 45 personnes, soit même pas un professionnel par commission scolaire. Donc, nos bibliothèques scolaires sont doublement handicapées par le manque de livres et de ressources professionnelles pour s’en occuper et conseiller les jeunes dans leurs lectures », démontre M. Falardeau.
Une attitude qui encourage la mort du livre
Le président de la FPPE ajoute que la situation est d’autant plus ridicule qu’il y a des commissions scolaires où l’on a acheté de nouveaux livres pour les bibliothèques qui continuent de dormir dans des boîtes, faute de disposer des ressources techniques nécessaires pour les classifier et les placer sur les rayons. De plus, il n’y a pas de ressources professionnelles suffisantes pour travailler avec le personnel enseignant afin de garantir que les collections satisfont les besoins des nouveaux programmes, pour animer les bibliothèques en donnant le goût de la lecture aux jeunes et pour assurer la mise à jour des bibliothèques.
« Dans l’état actuel des bibliothèques scolaires, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, soulignée sous l’égide de l’UNESCO, n’est certainement pas une occasion de fête au Québec. Ca devrait presque représenter une journée de deuil parce que la façon dont le gouvernement et les commissions scolaires se comportent avec les bibliothèques est un encouragement à la mort du livre auprès de nos jeunes », conclut le président de la FPPE, M. Jean Falardeau.
Profils de la FPPE et de la CSQ
La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec représente 21 syndicats regroupant 5900 membres répartis dans la quasi-totalité des commissions scolaires du Québec, francophones, anglophones, Crie et Kativik. Elle compte, parmi ses membres, différentes catégories de personnel, dans les secteurs administratifs, pédagogiques et les services directs aux élèves.
La Centrale des syndicats du Québec représente près de 172 000 membres, dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
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/Renseignements: Claude Girard, Attaché de presse CSQ, Tél. cell.: (514)
237-4432/
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