Dans la semaine du 2 juin prochain, les parlementaires fédéraux seront appelés à se prononcer sur le projet de loi C-490 déposé par le député Robert Carrier du Bloc Québécois visant à réformer en profondeur le programme du Supplément de revenu garanti (SRG). Le réseau FADOQ profite de l’occasion pour rappeler à nos élus que les aînés québécois comptent sur eux pour donner un sérieux coup de barre dans le programme du SRG afin d’assurer un revenu décent aux plus défavorisés.
Ce nécessaire coup de barre doit aller bien au-delà du changement proposé au SRG dans le dernier budget fédéral. En permettant aux prestataires qui travaillent de gagner jusqu’à 3 500 $ en revenus d’emploi (au lieu des 500 $ actuels) sans pénalité, ce changement ne profitera qu’à un nombre réduit de personnes: celles qui travaillent. Pourtant, nous savons que la majorité des Québécois sont retraités à 65 ans.
Voilà pourquoi le réseau FADOQ recommande de mettre en place une procédure d’inscription automatique au SRG à partir des informations tirées de leur déclaration de revenus (ou autrement pour les aînés qui n’en remplissent pas). Nous recommandons aussi d’accorder des prestations pleinement rétroactives (dépassant les 11 mois actuellement consentis) à tous les aînés qui étaient admissibles au SRG mais qui n’en ont pas profité. Nous revendiquons enfin une augmentation significative des prestations du SRG pour assurer à tous les aînés un revenu au moins égal au seuil de faible revenu. Il s’agit des principales demandes de nos membres, désireux de voir enfin advenir des résultats concrets alors que les besoins sont si grands.
À l’heure actuelle, plus de 40 000 aînés québécois admissibles au SRG sont toujours privés de cette prestation. Les conséquences de cette exclusion sont énormes, en particulier chez les femmes âgées vivant seules qui sont nombreuses à nous contacter. Récemment, l’une d’entre elles se désolait de devoir déménager dans un logement moins cher en raison de ses maigres revenus de 12 000 $ par année. Comme beaucoup d’autres, cette dame ne connaissait pas l’existence du SRG et, encore mois, le fait qu’elle y était admissible. Cela l’a également empêchée de recevoir des médicaments gratuits, qui sont accordés aux bénéficiaires du montant presque maximal du SRG au Québec.
Toute réforme du SRG doit aussi comporter une augmentation significative de la valeur des prestations, qui laisse encore trop d’aînés sous le seuil de faible revenu. Ce n’est pas de richesse dont nous parlons, mais d’un revenu minimal qui devrait être garanti à tous les aînés dans une société qui affirme respecter ces derniers. Comment feriez-vous pour vous débrouiller avec un revenu mensuel de 1 100 $ pour assumer les augmentations de tarifs d’hydroélectricité, de transport en commun et du prix des denrées de base ?
Afin de renverser la vapeur, les parlementaires fédéraux auront bientôt la chance de poser un geste clair en faveur des aînés les plus démunis. L’urgence d’agir doit les inciter à prendre le parti des aînés au-delà de toute considération partisane.
Roger James
Président de la FADOQ, région Saguenay—Lac-Saint-Jean—Ungava
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