Alma, le 21 février 2008 — / LBR.ca / - Est-ce que tout a véritablement été fait pour remettre le système public de santé sur ses rails ? On peut en douter à la lecture du rapport déposé par le Groupe de travail sur le financement du système de santé présidé par Claude Castonguay, s’inquiète le réseau FADOQ. « Malgré toutes les précautions dont s’entoure le rapport, il n’est pas certain que ses propositions garantiront un accès universel et gratuit aux soins de santé et aux services sociaux, comme nous le recommandons depuis plusieurs années », déplore le président, Ernest Boyer. Loin de se fermer les yeux sur les défis de taille que doit relever le système public de santé, la FADOQ croit nécessaire de revoir certaines choses établies, sans toutefois donner carte blanche au privé à l’heure où les études sur son efficacité restent incertaines.
Même si les réponses au vieillissement et à la perte d’autonomie proposées ne semblent pas adaptées aux défis actuels, le réseau FADOQ tient néanmoins à souligner une des avancées originales du rapport. Pour la première fois, un document charnière sur le financement du système de santé cherche d’emblée à réfuter certaines idées reçues (et toujours négatives !) sur le vieillissement de la population. Nous sommes heureux de voir que le groupe de travail a repris à son compte la conception beaucoup plus réaliste du vieillissement que nous véhiculons depuis longtemps, qui n’en fait pas le facteur principal d’augmentation des coûts de la santé.
L’idée d’engager une réflexion collective sur les impacts du vieillissement de la population à moyen et à long terme vient reprendre l’une des recommandations du réseau FADOQ présentées lors de la consultation présidée par la ministre Blais. Nous recommandions au gouvernement de réaliser une étude exploratoire sur la mise en place d’un véritable scénario du libre choix pour les personnes âgées en perte d’autonomie en fonction des changements démographiques, dans la foulée de la France qui s’est livrée à un tel exercice avec des résultats fort intéressants.
À l’heure où l’offre de services de soutien à domicile est déjà insuffisante, le réseau FADOQ croit, à l’instar du groupe de travail, que le gouvernement doit réinvestir massivement dans ce secteur que nous considérons tous aujourd’hui prioritaire. Cependant, nous questionnons l’orientation du rapport qui donne le choix aux patients des fournisseurs de services à domicile, à partir d’une liste fournie par leur agence régionale. Cette proposition fait reposer sur les épaules de l’aîné en perte d’autonomie et de ses proches aidants la responsabilité de la gestion des services reçus. Nous avons été témoins de la difficulté des gens déjà fragilisés à remplir de telles obligations dans l’ancienne version du crédit d’impôt pour maintien à domicile d’une personne âgée, qui fonctionnait par le biais de « chèques emploi service ».
Les proches aidants avouent déjà se sentir dépassés par la coordination des services requis par leur parent et réclament plutôt la mise sur pied d’un véritable « guichet unique ».
En matière de financement, le réseau FADOQ réaffirme qu’il est nécessaire de maintenir le caractère universel des soins sans exiger de contribution ou de taxation supplémentaire des citoyens, ce qui pourra inciter les aînés défavorisés à ne pas consulter de médecin et voir leur état de santé se détériorer. A-t-on fait la preuve que le réseau public ne pourrait pas être plus efficace en améliorant l’organisation de ses ressources humaines, financières et matérielles ? A-t-on vraiment tout essayé pour faire fonctionner de manière optimale les salles d’opération du réseau public avant de se tourner vers d’autres sources de financement ? Dans une récente étude sur les milieux de vie substituts pour les aînés en perte d’autonomie, le Conseil des aînés observe qu’un glissement est déjà en train de se produire concernant la responsabilité des coûts de services de soutien à domicile. Les aînés en perte d’autonomie paient déjà davantage pour les services qu’ils reçoivent, et on peut penser que la tendance se poursuivra si le gouvernement donne suite à ce volet du rapport Castonguay.
De toute manière, nous ne sommes pas convaincus que l’accessibilité des soins s’est vraiment améliorée depuis l’adoption du projet de loi 33. D’accord, les listes d’attente « officielles » pour les trois chirurgies initiales ont diminué. Mais saviez-vous qu’il existe maintenant des listes d’attente « non officielles » pour les patients qui attendent de faire partie de la « vraie » liste d’attente ? Les mécanismes d’application de cette loi restent encore à éclaircir.
Dans la mesure où les études sur la privatisation des services de santé ici et à l’étranger n’ont pas démontré de résultats probants pour favoriser des soins universels, gratuits et accessibles, le réseau FADOQ croit que les efforts doivent viser d’abord et avant tout l’amélioration du système public de santé et de services sociaux pour en tirer tous les bénéfices possibles. Revaloriser le réseau public pour assurer le mieux-être collectif, voilà certainement une responsabilité partagée que tous les acteurs doivent reconnaître sans tarder !
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Source : Patrice St-Pierre
1-800-828-3344
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