Le marché du travail est un tapis roulant à vitesse croissante… vers la sortie.
2006-04-24 13:47 - Éditorial
Cet article fait partie du dossier spécial .
- / LBR.ca / - Pendant une longue partie de leur vie, les hommes et les femmes vont à l’école pour aboutir à l’apprentissage d’un métier. En tout et partout, il faut passer en moyenne entre 12 et 20 années sur les bancs des différentes institutions pour acquérir les diverses compétences nécessaires à la pratique d’un travail, quel qu’il soit. Ce n’est pas peu dire.
D’un côté, on encourage à l’emploi avec des subventions, des primes, des bonus… alors que de l’autre, on pointe la sortie à des employés expérimentés. Le concept de retraite est rendu une psychose. Avec le vieillissement de la population, cherche-t-on à faire un vacuum sur le marché du travail pour laisser place à une génération qui ne saurait même pas le saturer ? Et d’ailleurs, pourquoi parle-t-on de faire de la place ? La réelle logique ne serait-elle pas d’avoir de la place pour tous les citoyens sur le marché du travail ? Oui! Les subventions, les primes et les bonus deviennent inutiles lorsqu’il n’y a pas d’emploi au bout du fil. Une ligne à pêche dans une flaque d’eau!
Le cycle d’une vie se résume en trois périodes : la formation, le travail, la retraite. Trois tiers distincts qui sont présentés aux travailleurs comme d’inévitables avenues. Il faut prendre le train de la vie, s’y laisser transporter joyeusement et descendre obligatoirement à la dernière gare.
Et partout dans les médias, on ne valorise pas le travail. Non! On publicise la retraite, comme la finalité de l’homme. Le but ultime. Sortez vos REER, payez-vous un voyage, doublez vos assurances et équipez-vous d’un beau tracteur à gazon. La fin du travail est présentée comme une liberté, hors de la grande prison des vocations qui nous ont tenu en haleine pendant les deux premiers tiers de notre vie. L’expérience de travail n’est plus valorisée à son juste titre. Mis à part les avantages syndicaux, «l’ancien» du siège social sera relayé au statut de pneu de secours. Il est là, bien ancré dans la valise arrière, mais comme on ne l’utilise jamais, on le remplace rapidement pour faire du rangement!
Vous n’aimez pas cette vision des choses ? Arrangez-vous pour qu’elle change!