Réactions aux propos du directeur général des élections.
Vous soutenez dans votre appel au devoir citoyen (28 novembre dernier) que les démocraties sont fragiles...
2008-11-29 08:02 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - M. Blanchet,
Vous soutenez dans votre appel au devoir citoyen (28 novembre dernier) que les démocraties sont fragiles et que leurs situations politiques peuvent basculer. Vous avez raison sur ce point car la nôtre a déjà basculé... dans l’absurde. Dans vos propos vous confondez allègrement un droit fondamental - l’expression d’un choix politique - avec le mandat restreint que les « élus » sollicitent aujourd’hui.
Le système électif actuel au Québec et au Canada, est en pleine dérive et ne représente en rien le droit démocratique à l’expression. Ceux qui cautionnent cette dérive éhontée des droits fondamentaux au nom de l’opinion et de la liberté d’expression oublient trop souvent qu’ils sont ceux-là même qui les manipulent, les déshumanisent et les soumettent à leurs desseins et leurs intérêts. L’irresponsabilité ici n’est plus du côté de ceux qui comme moi dénoncent ce processus mais du côté de ceux à qui il profite ; ces « gagnants » qui se réclament de nos votes qu’ils acquièrent par la ruse, l’astuce et le mensonge.
Pour que je vous donne raison monsieur, il faudrait que les élections incarnent vraiment la liberté d’expression. Or celles-ci n’évoquent que l’expression condensée et rapetissée d’un pouvoir manipulé. Ce sont EUX les politiciens, les cartels financiers - et vous monsieur qui en appelez au spectre de la violence et des caisses occultes d’antan - qui cautionnez et aliénez notre droit à l’expression en nous confinant à des enjeux obscurs et oiseux. Aujourd’hui, cette sollicitation au nom de la démocratie procède des mêmes motifs et des mêmes abus que naguère la répression et la magouille; une insulte à l’intelligence du peuple. Une disgrâce. Les politiciens sont les usurpateurs de nos droits par leur nonchalance, leur manque de rigueur et leur cynisme. La certitude de notre participation à leurs machinations et leurs lubies - soi-disant démocratiques – par la simpliste invocation des droits citoyens, leur procure cette légitimité qui est au fond, le seul enjeu réel. Le reste nous échappe complètement. Les politiciens eux-mêmes tous partis confondus, n’en voulaient pas de cet appel au peuple !
Une non-participation populaire et significative au vote du 8 décembre prochain constituerait, contrairement à ce que vous affirmez dans vos propos, une réappropriation du droit à la dignité et au respect que doivent les dirigeants à ceux qui les élisent. Il est pour ma part hors de question que je délègue par mon vote quelque autorité ni légitimité que ce soit à des gens irresponsables, aux compétences citoyennes douteuses, non imputables et qui n’aspirent qu’à nous soumettre encore et toujours, au joug d’une citoyenneté tronquée spoliée et trahie !
Voilà la lutte citoyenne qu’il nous faut mener. Nous avons le devoir citoyen de rétablir l’intégralité du droit à l’expression et au choix de nos dirigeants, sans les travers que nos institutions leur imposent.