L’opposition est une garantie du pouvoir des populations sur le gouvernement.
2008-10-10 07:10 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - L’opposition est une garantie du pouvoir des populations sur le gouvernement. Bien que le pouvoir puisse être attrayant, n’oubliez pas que la démocratie dépend beaucoup de l’opposition. En effet, l’opposition est l’un des fondements principaux de la démocratie.
Si le parti au pouvoir n’avait pas d’opposition pour le freiner lorsqu’il voudrait passer des projets de loi trop controversés, il pourrait faire ce qu’il voudrait. Une démocratie sans opposition, c’est une dictature! Et les exemples ne manquent pas. Combien de fois avons-nous entendu parler d’élections déguisées, où les chefs d’état utilisent l’armée pour modifier l’opinion publique? Ou, plus proche de nous, le scandale des commandites aurait-il été décrié sur la place publique? Les partis d’opposition sont donc aussi importants que le parti au pouvoir pour une société juste. Ils forment un bouclier pour nous protéger de la magouille. C’est pourquoi à ceux qui prônent de « voter du bon bord », je réponds que le mieux serait de voter pour une forte opposition. Notre démocratie serait ainsi beaucoup plus saine.
Gouvernement minoritaire
Une forte opposition se traduit le plus souvent par un gouvernement minoritaire. Dans un gouvernement minoritaire les projets de loi sont discutés plus en profondeur. Le premier ministre doit absolument faire des compromis pour convaincre les autres partis. Le choix des lois repose donc sur une plus grande partie de la population. Le problème majeur de ce type de gouvernement est qu’il ne dure pas très longtemps. Il est vrai que les élections coûtent cher, et qu’il y en a plus lors d’un gouvernement minoritaire. Malgré tout, cela devrait être notre objectif à toutes les élections. C’est le type de gouvernement qui représente le mieux la volonté de l’électorat. Mais il y a une solution à ce problème : Stephen Harper a fait voter une loi sur les élections à date fixe. Ainsi, il n’y aurait pas d’élections à tous les 2 ans. Dommage qu’il n’ait pas respecté sa propre loi !
«Perdre» son vote
Dans un autre ordre d’idées, devrait-on s’étonner du désintéressement généralisé de la population sur les grands enjeux, particulièrement les gens de 18-30 ans, et du faible taux de participation aux élections? Personnellement, je crois qu’aller voter est très important, mais je conçois qu’il est très décevant de «perdre» son vote. En effet, au Canada, si on ne vote pas pour le candidat qui devient député, le vote ne représente rien à la chambre, si bien qu’au lieu de voter pour ses convictions, on vote pour le candidat qui a le plus de chances d’être élu. Pourquoi continuons donc à ignorer la moitié de la population ? Entre 6% d’appuis et 0, il n’y a aucune différence. Un parti peut même être majoritaire en ayant moins de voix qu’un adversaire, comme le parti québécois en 1998. Ainsi, avec 40% des voix, un parti peut imposer sa dictature et aller à l’encontre de 60% du pays.
Scrutin Proportionnel
Heureusement, tous les pays n’ont pas ce problème. Il existe une alternative : le scrutin proportionnel. Dans ce système, au lieu de voter pour un candidat, on vote pour une liste de candidat dans un parti. Les sièges sont ensuite répartis proportionnellement au nombre de votes acquis par le parti en question. Il y a plusieurs avantages, entre autres une meilleure représentation des plus petits partis, et une représentation plus digne de la population au gouvernement. De plus, il est pratiquement impossible d’élire un gouvernement majoritaire, ce qui encourage une plus grande discussion sur les effets des lois. Plusieurs pays, comme l’Australie, la Finlande, l’Espagne, l’Allemagne, la Norvège, la Suède et le Danemark, l’utilisent. Au Danemark, justement, 90% de la population s’estime satisfaite, du fonctionnement du gouvernement. Pourrait-on en dire autant ici ?