Le Maire de Saguenay vient d’écrire une nouvelle page dans le feuilleton de sa croisade pour le maintien de la prière...
2008-10-07 13:24 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Le Maire de Saguenay vient d’écrire une nouvelle page dans le feuilleton de sa croisade pour le maintien de la prière aux seins des institutions démocratiques de la ville. Le conseil municipal aura à statuer sur une motion proposant d’encadrer, par règlement, la tenue de la prière avant le début de la séance du conseil. Les fidèles pourront ainsi prier avant l’ouverture de la séance, alors que les impies, incroyants et autres athées devront patienter au portillon que leurs bondieuseries se terminent. Le Maire, ratoureux comme on le connait, se serre un peu la « bible belt » et tente un stratagème douteux, dans l’espoir de jeter de la poudre aux yeux. On prétend régler la question par un règlement municipal qui contrevient, intrinsèquement, à la charte des droits et libertés du Québec? Pas besoin d’être membre du barreau pour voir que cela sonne faux, et que ce nouveau règlement n’apporte rien à la crédibilité de nos institutions municipales.
Ce geste intervient alors que la poursuite intentée par le Mouvement Laïque du Québec et un citoyen de Saguenay se confirme. On peut penser que le Maire réagit ainsi à l’avis éclairé de son contentieux, qui doit le donner pour perdant auprès des tribunaux sur cette question. Mais son choix est maintenant clair, le Maire persiste et signe, s’entête, contre vents et marées, dans son combat pour imposer sa prière.
Cette dernière pirouette du Maire ne règle en rien le fond de la question. La prière n’a pas sa place dans les affaires municipales, qui se doivent, au nom de la saine démocratie, d’être laïques et ouvertes à touTEs. Chacun à droit à ses propres croyances, mais d’aucun n’a le droit de les imposer aux autres. Jean Tremblay s’obstine à vouloir contester ce consensus, confirmé par les lois et codes qui régissent notre société. Cette aventure est vouée à l’échec, mais apparemment le Maire se sent l’âme d’un Don Quichotte. L’inacceptable, c’est qu’il mènera cette croisade en notre nom et en impliquant les deniers de notre ville, dans le but avoué de défendre ses croyances religieuses personnelles.