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Réaction à l'article : Je croyais avoir écrit un article assez modéré en réaction aux dernières attaques du maire Tremblay envers les athées.

Je m'excuse de m'être laissé attendre si longtemps.
2008-06-23 06:24 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - Monsieur,

Je m'excuse de m'être laissé attendre si longtemps. J'avais tant à faire sur soc.culture.esperanto à croiser le fer contre des moulins à vent--dans la langue auxiliaire internationale par-dessus le marché (en la helpa internacia lingvo, plie)--que je vous ai presque oublié.

À propos de mon urticaire et de mon côté ado, merci pour la sympathie que vous manifestez à mon égard. On voit tout de suite qu'un vieux fond de ce qui fait la marque de commerce du christianisme--le souci pour la victime--vous habite toujours et que vous n'êtes pas encore mûr pour l'enfer.

Au sujet de la prière à l'Hôtel de Ville, puisque vous me tordez un bras, je vous livre à l'instant l'intime de l'intime de ma pensée : je suis contre. Contre la prière musulmane, juive, chrétienne, animiste... et laïque. Je suis même contre les contorsions mentales des détraqués de la "loi d'attraction" et de la pensée positive (la Charte et la Loi n'y peuvent rien : il y a des détraqués). Mais, pour paraphraser quelqu'un de célèbre, on peut toujours interdire la prière chrétienne en public, ce sera toujours pour y introduire celle d'une autre chapelle. Bref, ce n'est pas parce que le Mouvement laïque québécois (MLQ) se dit neutre qu'il l'est, car s'il l'était, il n'attirerait pas que les adeptes d'un antichristianisme primaire, athée ou autre, et ne s'allierait pas de façon opportuniste, par exemple, à la campagne raëlienne pour l'apostasie (http://www.mlq.qc.ca) comme "acte philosophique" (laissez-moi rigoler!). Et si les dés sont pipés là-haut chez le MLQ, comment imaginer une réunion du conseil de l'Hôtel de Ville en Laïkistan ? Une scène où toute référence à l'idéologie qui est au fondement des valeurs de notre société serait biffée ? Frédéric Lenoir n'a pas craint, lui, dans son ouvrage récent "Le Christ philosophe", de nommer ce qu'il est devenu si politiquement correct de ne pas nommer : que la condition de possibilité historique et organique des valeurs occidentales (et je ne parle pas du néolibéralisme) que toutes les cultures assimilent maintenant comme les poumons l'oxygène, c'est le monothéisme judéo-chrétien. Le rejet de cette référence n'est pas un acte neutre : c'est un vote pour l'ignorance historique et idéologique par ceux qui portent bien la casserole sur la tête et la cravate sans chemise (cf: Tintin au Congo, pour les incultes).

Si j'étais radical, je dirais, secte pour secte, qu'on me permette de croire davantage à la fécondité culturelle du Christianistan (je n'ai pas dit Duplessistan). Mais je ne le suis pas, et je m'accommoderais parfaitement d'un Laïkistan qui pousserait l'honnêteté jusqu'à reconnaître dans son exercice quotidien de la démocratie ses dettes envers le Dieu judéo-chrétien. Ce qui peut se faire autrement que par un Ave, à mon humble avis.

Michel Légaré
Saint-Prime

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