Manchettes RSS (?)



Réaction à l'article : L’information régionale, un service essentiel

Oui, l'info régionale est un service essentiel ! Lâchez pas !
2008-05-07 16:11 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - La proposition d'achat de restructuration de TQS, telle que présentée par REMSTAR, devra être rejetée par le CRTC pour les quatre raisons suivantes :

1. Le CRTC même, au départ, serait «coupable» d'une mauvaise procédure, en se restreignant à n'examiner que l'offre de Remstar, à l'exclusion de toute autre, eu égard au transfert de propriété de TQS. Et ce à la suite, de surcroît, d'un processus semblable, à l'aveugle, impliquant ceux qui, les premiers, auront accrédité l'offre de Remstar sans rien savoir de son plan de restructuration. Ceci s'avérant assez discutable, et cela s'avérant tout à fait inéquitable, voire carrément inacceptable, en sus d'être aussi peu rationnel et sensé que possible.

2. On semble communément partir de prémisses reçues, rarement sinon jamais revisitées, passablement à l'aveugle là aussi, donc. Présumant qu'il s'agirait là, essentiellement, d'une transaction privée, de gré à gré, à l'égard de laquelle le CRTC n'aurait, lui, qu'à juger si elle contrevient ou non aux lois, normes ou règles en cause, et ce indépendamment de tout autre aspect, émergent ou éminent, pouvant être non moins inhérent, ultimement, à l'affaire en question. Ainsi regarde-t-on à la viabilité ou rentabilité dite économique de la chose, sans plus, pourvu qu'on ne contrevienne pas -- ou qu'on ne contrevienne pas trop... -- à un certain cadre culturel et politique prédéterminé par ailleurs. Or, ce faisant, en ce cas-ci, on pourrait passer complètement à côté de la plaque. En effet, s'il importe de «sauver» TQS, si possible, ce n'est pas parce qu'une entité TQS aurait valeur en soi intrinsèquement a priori dans l'abstrait. Sa valeur réside, plutôt, en l'insigne qualité (d'une bonne partie) de son personnel même. En vertu de compétence ou talent, de connaissances, de savoir-faire ou de savoir-être, d'aptitude à communiquer, de personnalité, etc. Or, c'est de cela même dont on dit vouloir se départir : du meilleur existant à TQS présentement. Tout comme si, prétextant qu'une église donnée étant considérée avoir une valeur patrimoniale suréminente, lors d'un incendie majeur, on choisissait de sauver (l'intégrité de) celle-ci même seule, à l'exclusion des fidèles embrasés à l'intérieur, auxquels on ne conférerait pas une aussi grande ou suprême valeur patrimoniale. Voilà. C'est exactement ainsi qu'on semble vouloir disposer en ce moment de la transaction concernant TQS.

Secondement, il n'est pas vrai que cette affaire en serait une surtout privée. Car son retentissement, lui, en est un plus public que privé, plus national que local ou personnel. Il s'agit en effet d'ondes publiques, pouvant faire mal ou du bien. Et ce tant en en restreignant l'espace ou la portée, la substance ou l'extension, qu'en ne voulant pas prendre en compte sa qualité ou les besoins, à moyen et long terme, des populations desservies ou sujettes à n'être plus desservies (adéquatement). L'actuelle TQS, en effet, moyennant une bonne administration de ses effectifs, peut contribuer éminemment non seulement à l'information locale et régionale, mais aussi, plus encore, à une information nationale, voire à une inédite [inter]connexion nationale, via le rapprochement qu'elle peut favoriser, elle, de manière privilégiée, au chapitre notamment d'une diffusion d'infos inter-régionale(s). Si bien que, oui, si ce que l'on veut c'est que s'estompent, subrepticement et toujours davantage, quelque esprit ou sentiment national, ou encore quelque excellence ou ascension nationale, rien de mieux que de laisser démantibuler TQS à la manière dont Remstar s'apprête à le faire, (si on le laisse faire). Sinon, on ne laissera[it] pas faire ça. À moins qu'on puisse démontrer qu'avec Loft Story, il s'avère possible de faire aussi bien ou mieux, au moyen de tel divertissement, du point de vue de l'«instruction» ou de la cohésion populaires, qu'au moyen d'une amélioration au contraire de l'aire informations ou d'une accentuation, plutôt que d'une réduction, de son caractère régional et inter-régional (grâce à) TQS et à son personnel le plus connaissant et compétent en cette matière. Ce qui amène au point suivant.

3. On erre aussi côté appréhension du rendement ou des retombées de l'investissement en cette aire. On considère, en effet, que le rendement serait censé, en cela aussi, se calculer, essentiellement sinon exclusivement, en piastres, rentrant à court terme dans les poches de propriétaires et d'actionnaires. Or, il n'en est aucunement ainsi. Ce genre de média vaut tout autant par ce en quoi il contribue, à moyen et long terme, au développement de la ou des populations qu'il dessert, qu'à l'aune de l'amusement, fugace et instantané, auquel il peut convier, permettre de s'adonner ou faire bénéficier. En un mot, la Révolution tranquille, par exemple, ne l'aura pas été payante, en argent, au moment même de son inauguration et de sa mise en oeuvre. Tout au contraire, elle a coûté cher, très cher. Or, son moyen privilégié, qui aura coûté si cher, l'Éducation, aura aussi rapporté. Immensément. Plus tard. C'est grâce à cela, essentiellement, si, aujourd'hui, le Québec est nanti d'autant de savoirs et compétences. Voilà pourquoi il en est de même, en ce moment, eu égard à l'information (soeur de l'«antique» éducation) ou au (projet-dessein de) retrait de l'information de TQS. Ses proprios pourraient, certes, faire plus d'argent en amusant le peuple qu'en contribuant, eux aussi, à l'investissement de celui-ci en une meilleure connaissance de leurs environnements, en vue d'une meilleure compréhension de ceux-ci, afin de pouvoir exercer une meilleure action, moins coûteuse..., vis-à-vis ceux-ci et, partant, pour eux-mêmes (qui paient la note au bout). Mais il s'avérerait plus rentable, à terme, pour la ou les populations mêmes les plus concernées, d'avoir su ré-investir constamment en ce qui, oui, peut être ou paraître moins amusant (sur le coup même), mais qui rapporte à la longue infiniment plus que ce genre d'amusement ou divertissement à effets positifs rarement considérables ou durables.

4. Si bien que, pour l'avenir immédiat et plus lointain, soit devra-t-on trouver et appliquer une formule au moyen de laquelle les employés de l'information de TQS seront maintenus à leur poste, notamment 'en région' ; ou devra-t-on transférer ceux-ci et leur expertise à Télé-Québec, à laquelle incomberait alors de prendre la relève au chapitre d'une information nationale, locale, régionale et inter-régionale digne de ce nom. A fortiori considérant et qu'en bonne démocratie il sied d'avoir trois voix (distinctes indépendantes - au moins) au niveau de toute aire de communication de l'information - (toujours sujette à interprétation ou à traitements divers), et qu'il n'est pas vrai qu'il y en aurait trop, au Québec, comparativement à ailleurs, d'information(s). En effet, all in all, le ratio s'avère substantiellement plus bas au Québec qu'aux États-Unis, par exemple. Alors que ce devrait être l'inverse, logiquement, intuitivement ou suivant un constat ou des données empiriques.
 
Denis Beaulé
Montréal

Réagir à cet article Version imprimable Envoyer à un ami

Pour d'autres informations dans « Opinion du lecteur »...

LBR.ca - Saguenay-Lac-St-Jean - AB

Tous droits réservés © 1996 - 2008 La Firme Inc.