Réaction à l'article : Le MAGE-UQAC, en tête d’affiche du développement régional
C'est à titre de président de l'association étudiante de science politique de l'UQAC (AESP-UQAC) que je réponds à ce communiqué concernant la campagne majeure de financement de l'UQAC.
2008-04-09 11:30 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - C'est à titre de président de l'association étudiante de science politique de l'UQAC (AESP-UQAC) que je réponds à ce communiqué concernant la campagne majeure de financement de l'UQAC. Les membres de l'association étudiante que je représente se sont toujours opposés farouchement à toutes hausses des frais à l'université et continuent de réclamer la gratuité scolaire, c'est-à-dire le droit inaliénable à l'éducation.
Tout d'abord, mentionnons le fait qu'aucun référendum n'a été proposé aux étudiants et étudiantes afin qu'ils et elles se prononcent sur l'augmentation de leur donation à la campagne majeure de financement. Donc, c'est une soixantaine d'étudiants et étudiantes réunis en assemblée générale spéciale qui ont décidé de l'augmentation de la cotisation étudiante de 8$ à 15$ pour les 6500 étudiants et étudiantes que dit représenter le MAGE-UQAC. Est-ce que l'exécutif du MAGE-UQAC savait qu'une telle mesure n'aurait pas été acceptée en référendum ?
Ensuite, nous considérons que cette "donation volontaire" est une fausse représentation puisque les étudiants et étudiantes doivent payer d'abord et se faire rembourser ensuite alors que très peu d'entre eux savent qu'ils ont cette possibilité. En effet, pourquoi l'administration de l'UQAC informerait soigneusement les étudiants et étudiantes au sujet du remboursement de cette donation si en contrepartie elle s'en met plein les poches ?
De plus, nous constatons que le MAGE-UQAC défend d'abord les intérêts de l'administration de l'UQAC au lieu de défendre ceux des étudiants et étudiantes. En effet, après une hausse des frais afférents de 80.00$ par session imposée par l'UQAC et l'augmentation des frais de scolarité de 30% sur 5 ans décrétée par le gouvernement Charest, voilà que le comité exécutif du MAGE-UQAC ajoute à l'absurde en orchestrant une telle hausse de frais. C'est le gouvernement et l'administration de l'UQAC qui doivent s'étouffer de rire en voyant le mouvement étudiant être à ses pieds de cette façon.
Par ailleurs, les représentants du MAGE-UQAC tentent de faire avaler la pilule aux étudiants et étudiantes en mentionnant que cette "donation volontaire" est avant tout destinée à différents types de bourses. Au contraire, ce sont uniquement les intérêts issus de ce fonds qui iront à des bourses aux étudiants. Et pour le reste du 15$, qu'en est-il ? Si l'on calcule rapidement, ce 15$ par étudiants équivaudra annuellement à 195 000$! Sur ce montant, uniquement les intérêts iront à différentes bourses visant à donner un coup de main aux étudiants. Un autre coup de chapeau pour l'administration de l'UQAC, une autre défaite pour le mouvement étudiant.
Enfin, l'AESP-UQAC considère que le financement de l'éducation et notamment celui des universités doit passer par le réinvestissement public de l'État. L'éducation est une responsabilité collective qui doit être garantie par la redistribution de la richesse au Québec.
Les membres de l'AESP-UQAC entendent bel et bien continuer de se battre contre ce type de mesure. En effet, cette donation volontaire doit plutôt être utilisée comme moyen de pression afin de faire reculer l'administration de l'UQAC sur sa hausse des frais afférents de 80.00$ par session. C'est ce qu'on appelle avoir un minimum de combativité, contrairement aux représentants du MAGE-UQAC.
Etienne David-Bellemare
Président
Association étudiante de science politique-UQAC