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Un manque de respect à l’endroit des fonctionnaires

Sur le ton de l’infaillibilité papale qui exclut toute discussion, le maire Jean Tremblay exige que la participation municipale aux quatre principaux projets de l’arrondissement de Chicoutimi...
2008-03-10 19:06 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - Sur le ton de l’infaillibilité papale qui exclut toute discussion, le maire Jean Tremblay exige que la participation municipale aux quatre principaux projets de l’arrondissement de Chicoutimi soit réduite de $16 à $10 millions, soit 40% des coûts anticipés.

Le maire somme les fonctionnaires et les promoteurs, dont le Théâtre du Saguenay et l’Université du Québec à Chicoutimi, de s’exécuter avant son retour de la ville sainte Jérusalem, sinon il leur jettera l’anathème et retardera la réalisation des projets.

Le maire manque de respect à l’endroit des promoteurs et des fonctionnaires en laissant entendre sans aucune preuve qu’ils ont tout faux dans leurs évaluations et qu’on doit implicitement les soupçonner de négligence, voire d’incompétence dans la gestion des projets. Voilà une attitude mesquine qui abaisse sa fonction et sème inutilement la controverse.

D’autre part, lorsqu’on confronte les déclarations du maire au plan triennal des dépenses municipales en immobilisation ($140 millions sur trois ans), c’est la confusion la plus totale. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Sur la base de quelles décisions municipales M. Tremblay favorise-t-il des projets et en discrédite-t-il d’autres ? Quelles sont les véritables priorités du conseil municipal ? Comment se fait-il que le plan triennal est silencieux sur des projets que pourfend ou défend le maire ? Pourquoi refuse-t-il d’être imputable devant le conseil ?

La controverse qu’il vient encore une fois de déclencher montre que la prise de décision à l’hôtel de ville est si peu claire et transparente que les priorités du maire deviennent de facto celles du conseil municipal. Les orientations fiscales, les axes de développement, la planification des projets, tout se décide sans véritable débat, dans un climat d’improvisation où le cabinet du maire contrôle trop souvent l’information pour cacher ses erreurs, récupérer des projets, en favoriser d’autres.

Au-delà du messianisme politique qui inspire fréquemment ses déclarations, l’intervention intempestive de M. Tremblay nous questionne encore une fois sur son jugement et ses capacités de gestionnaire. Hormis son engagement rigide et de moins en moins crédible de couper dans les dépenses pour ne pas hausser les taxes, le maire a encore à nous faire la démonstration qu’il a une vision de la métropole régionale et la compétence pour la mettre en œuvre.

Laval Gagnon
Chicoutimi

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