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La démagogie de la ministre de l'Occultation linguistique

Dans une déclaration dont un extrait a été retransmis le 5 mars à la télévision fédérale, la ministre de l'Occultation linguistique, Christine St-Pierre, a eu recours à la démagogie...
2008-03-06 16:12 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - Dans une déclaration dont un extrait a été retransmis le 5 mars à la télévision fédérale, la ministre de l'Occultation linguistique, Christine St-Pierre, a eu recours à la démagogie que des journaleux à la solde du régime lui ont soufflée au cours des dernières semaines. Alain Dubuc, Sophie Bélanger, Chantal Hébert et Michel C. Auger l'avaient bien dit: les Québécois sont de méchants xénophobes qui ne veulent pas entendre de chinois et qui s'immiscent jusque dans le salon des gens pour leur dicter leur conduite linguistique.

La ministre a dit qu'elle ne s'indignerait pas parce qu'un père grec ou italien raconte une histoire à son enfant dans sa langue maternelle. Quelles brutes ils sont, ceux qui voudraient faire du français la langue du Québec! Ils vont jusqu'à essayer de déraciner complètement les pauvres immigrants. Ils veulent leur arracher le coeur et les empêcher de transmettre à leurs enfants la langue de leurs ancêtres. Quelle horreur!

Permettez-moi de rectifier.

On se contrefiche que des gens parlent arabe, italien, portugais ou tamoul chez eux ou même en public. Le danger pour le français ne vient pas de la Tour de Babel, mais bien de la concurrence de l’anglais. La défense du français passe même par la défense des autres langues contre l’hégémonie de l’anglais. Amenez-en du serbo-croate et du finlandais. Nous ne sommes ni racistes, ni xénophobes, contrairement à ce que voudraient bien nous faire croire encore une fois les multiculturels canadiens.

C’est la comparaison entre les substitutions linguistiques qui donne l’heure juste. Combien y en a-t-il vers le français et vers l’anglais au Québec? C’est dans ce sens que l’évolution de la langue d’usage à domicile peut constituer un précieux indice de la vitalité relative des langues, donc de leurs perspectives d’avenir. Or, on constate un recul du français comme langue d’usage à domicile, tandis que l’anglais progresse. Alors, si le recul est simplement attribuable à l’immigration, pourquoi l’anglais ne recule-t-il pas lui aussi dans la même proportion?

Que dire, Madame la Ministre, lorsque le père grec ou italien établi au Québec depuis des lunes raconte des histoires en anglais à ses enfants?

J'ose espérer que, la prochaine fois, il se trouvera au moins un journaliste assez intelligent pour présenter cette objection à la ministre et pour faire entendre la réponse de la ministre à la nation québécoise.

Bernard Desgagné
Gatineau, Québec

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