Ce matin, comme à tous les matins, j’ai reçu mon journal.
2008-02-13 16:50 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Ce matin, comme à tous les matins, j’ai reçu mon journal. Le titre en première page évoquait les fresques de certains joueurs de hockey qui auraient volé la bourse d’une dame dans un bar, geste pourtant banal dans l’actualité. Je me suis alors demandé pourquoi cette affaire avait l’éloge de faire la première page d’un journal d’étendue provinciale.
J’ai sondé la question dans mon entourage et la majorité des gens me répondaient que l’importance de la nouvelle était que les auteurs de l’événement étaient des joueurs de hockey professionnels. Ce geste imbécile est-il plus imbécile car il est posé par des hockeyeurs? Bien évidemment je crois que non. De là, j’en suis venu à m’interroger sur notre rôle dans l’information médiatique qui nous est fournie. Est-ce notre intérêt qui n’est pas assez piqué par les vrais grands enjeux planétaires ou simplement que l’information est filtrée et placée par ordre d’importance pour une question de marketing?
Si je vous demandais combien de spectacles fera Céline Dion dans la prochaine année, vous me répondriez probablement quatre-vingt-cinq avec assurance. Une des chaînes de télévision québécoise très populaire nous livre sans arrêt des informations sur la vie de Céline Dion, sa tournée et même sa santé, nous dressant même une belle carte de son itinéraire pour bien que l’on comprenne combien Céline est « BIG », alors que d’importantes problématiques internationales sont en jeu sous notre nez et que bien des gens n’y savent à peu près rien. Bien que je n’aie rien contre Céline et son œuvre, je crois que les priorités des informations médiatiques se font plus par ordre de revenu que par importance.
Si je vous questionnais au sujet du « Great Pacific Garbage Patch » il est fort possible que vous vous demandiez de quoi je parle. Ces enjeux sont cachés au travers d’un tourbillon d’informations plus ou moins utiles qu’on nous présente. La culture est aussi victime de cette mal information, beaucoup d’artistes de la relève ou un peu plus « underground » passent à l’oublie. En tant que musicien, je sais comment il est difficile de s’afficher et de sortir de la masse quand on nous balance en rafale des émissions telles que Star académie et Canadian idole. Oui celles-ci encouragent un peu la relève, mais combien sont écrasées par ces émissions télé-réalité? Il y a beaucoup d’artistes qui méritent d’être connus et reconnus.
En tant que lecteurs et auditeurs, c’est bien nous qui détenons la solution à ce fléau médiatique. Il ne faut pas avoir peur de bien choisir notre source d’information et de faire valoir nos opinions. Il ne faut pas avoir peur d’écrire dans les journaux, appeler dans les tribunes téléphoniques car c’est un privilège que nous avons de savoir et d’informer.
Marc-olivier Baril
Étudiant en musique au Collège d’Alma
Baril73@hotmail.com