L’éditorialiste en chef du Quotidien a malheureusement raison...
2008-01-20 11:56 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - L’éditorialiste en chef du Quotidien a malheureusement raison lorsqu’il affirme que l’opposition au maire Jean Tremblay de faiblarde qu’elle était avec le parti Vision nouvelle, la Coalition pour la démocratie municipale, le Regroupement des citoyens de Saguenay ou le Mouvement Chicoutimi-Saguenay, disparaît pratiquement avec les départs des Mireille Jean, Christian Joncas et Laval Gagnon.
Par contre, si l’éditorialiste est injuste en qualifiant le travail du RCS d’improvisé et de manque de profondeur, il vise dans le mille en comparant le mouvement passéiste d’André R. Gauthier à un club anglais du XIXe siècle. Mais à la décharge de ces courageux opposants, il n’est jamais facile de faire face à un politicien qui maîtrise l’art du populisme et qui concentre le pouvoir entre ses mains depuis plus de dix ans. Et les premiers garants d’une vie démocratique sont les médias et en premier lieu la presse.
Il faut que les médias deviennent une véritable vigie de la qualité démocratique municipale. Il ne faut pas se contenter de rapporter les propos des uns ou des autres, et quelques fois plus des uns que des autres. Il faut aller dans les lieux privilégiés de la démocratie, conseils municipaux, commissions scolaires, groupes communautaires et rapporter ce qui s’y passe au lieu d’essaimer les palais de justice à la recherche d’anecdotes juteuses. On l’a vu dernièrement avec la sortie du vice-président pour le Québec de la FCEI au sujet de l’augmentation des taxes commerciales et industrielles à Saguenay alors que les médias s’en sont tenus à la réaction du maire qui fut, on s’en doute bien, un record toute catégorie de populisme de bas étage.
Il ne faut plus parler de Jean Tremblay dorénavant mais plutôt de Jean des bois prenant aux riches pour donner aux pauvres. Lamentable! De plus, le fait que les entreprises saguenéennes ne montent pas elles-mêmes aux barricades est tout à fait représentatif de ce que se passe présentement à Saguenay. L’éditorialiste en chef du Quotidien l’a bien saisi lorsqu’il parle de la crainte de «s’afficher en mettant leur tête sur le billot et, donc, en risquant ainsi de perdre des contrats lucratifs avec l’hôtel de ville». Et, cette crainte, à mon humble avis, influence également la couverture médiatique de la municipalité de Saguenay et notamment le Quotidien qui n’attaque jamais de front le maire.
Ainsi lors de la dernière sortie du maire, il aurait été nécessaire de fouiller les taux de taxe industrielle et commerciale des municipalités environnantes, consulter des experts en économie et en fiscalité municipale, bref mettre sur la table des informations solides et objectives afin de confronter les propos des uns et des autres. Il en va tout de même de l’avenir du développement économique de Saguenay. C’est bien beau les petits bateaux, mais il faut quand même prendre soin des acquis. Avec le personnel politique peut-être le plus imposant de toutes les municipalités du Québec de même envergure, la mairie de Saguenay a pris le contrôle depuis longtemps de qui doit être le lieu par excellence de débats démocratiques transparents, le Conseil municipal. Il y a bien eu Gaston Laforest, mais, seul, il n’a pu résister. Il y a eu également Denis Dahl dernièrement qui s’est dissocié publiquement du mémoire créationniste du maire présenté à la commission Bouchard-Taylor, mais il est déjà isolé, seul conseiller parmi ces béni-oui-oui à ne pas avoir obtenu une charge ou comité quelconque.
Du côté des organismes, c’est le même pattern. Avez-vous entendu un organisme environnemental dénoncer les retards par rapport au dossier des matières résiduelles? Du côté de la culture, un peu de bruit par rapport à la prise de contrôle par le Conseil des scènes saguenéennes, c’est tout. À la Pulperie, Jacques Fortin veille au grain. À Promotion Saguenay, c’est le contrôle horizontal et vertical avec le maire comme président et son conseiller politique principal comme directeur général. Opposition, vous dites. Impossible sans la présence active des médias qui, seuls, ont les moyens de sortir l’information. Est-ce que la réorganisation municipale entreprise dernièrement concentre encore plus de pouvoir entre les mains du maire? Dossier intéressant pour nos médias. À suivre!