Récemment on m’a demandé ce que le PQ a fait pour empêcher l'érosion du Français durant son passage au pouvoir.
2008-01-16 12:04 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Récemment on m’a demandé ce que le PQ a fait pour empêcher l'érosion du Français durant son passage au pouvoir. À cet égard, puis-je rappeler un phénomène.
Fonctionnaire à Ottawa de 1965 (Laurendeau-Dunton) à 1994, j'ai pu observer que n'importe quelle majorité peut devenir accommodante à l'égard d'une minorité (au moins en apparence) en fonction du degré de militantisme perçu chez cette minorité.
Ainsi des progrès vers l'acceptation du français ont été faits quand les Québécois s’affirmaient et étaient perçus comme menaçants. La fonction publique leur est devenue plus accessible à partir des années 60. L'enseignement des langues a servi de porte d'entrée à des centaines de francophones hors Québec d'abord, puis Québécois. Cette ouverture a permis d'intégrer et assimiler des nationalistes dont certains ont atteint les plus hauts niveaux de la fonction publique fédérale. Vint 1976. Les anglophones sont devenus plus respectueux. Puis 1982 et 1995. Nous avons perdu le respect acquis, tant à Ottawa que dans l'Ouest de Montréal. Puis vint 2007, le PQ en troisième position. L'arrogance refait surface à Ottawa, à Air Canada, à Montréal à mesure que les francophones se divisent, courbent l'échine, convaincus qu'ils ne peuvent plus compter sur les institutions pour les appuyer. Ils ne peuvent pas compter sur une nouvelle élite francophone qui n'a pas vécu l'ostracisme des années 50 et 60 et profite allègrement des possibilités nouvelles acquises de haute lutte par la génération précédente.
Les anglophones de Montréal ne sont-ils pas devenus bilingues ? Trente ans de carrière en milieu anglophone m'ont appris qu'un anglophone bilingue n'est pas naturellement porté à l'offre active de service en français. Il ne le devient que sous la pression. S'il est conscient que ses patrons ou les institutions (Assemblée nationale et OLF au Québec) peuvent réagir et pénaliser ce genre de délinquance. Or actuellement, le Québec est le seul endroit au Canada où tous les messages téléphoniques des institutions publiques ou privées vous rappellent qu'ici il n'est pas nécessaire de parler français (For English, press 9).
En somme, ne demandons pas au gouvernement ce qu'il a fait. Demandons aux Québécois ce qu'ils attendent pour donner davantage leur appui au seul parti qui a la volonté et aurait le pouvoir d'intervenir pour faire respecter la majorité francophone. Et demandons aussi aux médias de supporter davantage les efforts légitimes de ceux qui dénoncent les affronts à la langue française.