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L’art de créer de faux problèmes

Jadis, à l’université, un de mes bons professeurs nous avait parlé de ces personnes qui maîtrisent l’art de créer (ou d’alimenter) de faux problèmes...
2007-11-16 07:30 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - Jadis, à l’université, un de mes bons professeurs nous avait parlé de ces personnes qui maîtrisent l’art de créer (ou d’alimenter) de faux problèmes dans le but, généralement, de détourner l’attention des vrais problèmes.
J’en ai eu un bel exemple cette semaine avec la rencontre parents-professeurs au secondaire. Mon attention a été attirée par le système de notation qui effectue un retour en arrière inutile à mon avis, surtout en regard de toute la polémique que celui-ci a suscité et continue de susciter.

Personnellement, quand l’enfant a un 90, au même titre qu’un A, c’est que ça va bien. Quand il a 59 ou moins, au même titre qu’un D ou E, c’est que ça va mal. C’est du moins ce qui est écrit dans la « Légende d’appréciation » du bulletin tout comme dans l’ancien système d’ailleurs. Si encore on avait la moyenne du groupe (ce que les gens espéraient), on pourrait toujours comparer et se consoler (du moins dans bien des cas). Sauf que le réveil peut être brutal. Si l’enfant a 80 (B) et que la moyenne est de 90 (A), ça ne va pas mieux. Si la moyenne est de 70 (C), ça va bien. Il n’y a donc pas de système idéal.

La notation la plus importante à mon avis, se retrouve dans la colonne « Légende des commentaires » qui touche les comportements de l’élève face à son apprentissage. J’ai déjà dit à un professeur que j’accorde plus d’importance aux attitudes qu’aux aptitudes. Le bon travail, la bonne conduite vont normalement mener à des résultats probants.

Pour faire une histoire courte, les autorités ont beaucoup plus intérêt à ce qu’on perde notre temps (et même bien de l’argent) à s’obstiner sur le système de notation plutôt que de s’attarder sur un vrai problème, soit la surcharge de travail des professeurs.

Surtout dans les classes moins fortes, il faudrait diminuer le nombre d’élèves afin de donner plus de temps par élève au professeur qui doit déjà faire face à des gros problèmes de discipline. Ainsi, l’élève qui a un D ou E (59 ou moins), disposerait sans doute de plus de temps d’attention et d’outils dans sa progression vers des notes supérieures.

On dirait qu’on a totalement éradiqué cette situation ces derniers temps. En perdant notre temps sur de faux problèmes, les autorités doivent être bien heureuses de constater qu’on ne se préoccupe plus des vrais, ceux qui, à court terme du moins, coûteraient plus cher à l’État.

Guy Joncas
Chicoutimi

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