Réplique à madame Gabrielle Lavallée me proposant de signer une pétition
Pour reconnaître la légitimité de la prière d'ouverture des assemblées du conseil municipal de Saguenay et d'en assurer le maintien.
2007-10-12 12:55 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Réponse envoyée suite à un courriel de Madame Gabrielle Lavallée me proposant de signer la pétition, adressée à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, afin de reconnaître la légitimité de la prière d'ouverture des assemblées du conseil municipal de Saguenay et d'en assurer le maintien.
Madame Lavallée,
Je ne sais comment vous avez eu mon adresse courriel, mais je crois qu'il y a erreur. Si vous me connaissiez, vous sauriez que je ne signerai jamais une telle pétition. Non parce que je suis contre la prière. Bien au contraire! Mais parce que je ne peux souscrire à la surenchère générée par la question de la prière au conseil de ville, au moment même où les débats concernant les accommodements raisonnables jaillissent de partout .
Personnellement je trouve ce grossissement du débat à Ville Saguenay fort disgracieux. Il me semble qu'il relève du style: "Si eux réclament, nous aussi nous allons réclamer, faisant ainsi le bonheur des médias qui contribuent largement à alimenter la polémique. Je déplore vivement que les médias "oublient" de présenter le visage de la majorité silencieuse qui se dissocie de tels élans de foi supposément adulte. Cette majorité silencieuse se retrouve aussi chez les baptisés qui ne se sentent pas du tout à l'aise de se réclamer du catholicisme romain voire quand ils ne rejettent pas catégoriquement ses prises de positions. Étant profondément attachée au Christ, je n'ai pas encore fini de découvrir ce qu'il enseigne quand il dit que "ce n'est ni à Jérusalem ni sur le Garizim" que se trouve le chemin de la vraie prière. Il affirmait ainsi la stérilité des positions institutionnelles et de leur manière de situer la relation à l'ÉternelLe dans des rituels figés, rigoristes et vides de sens.
Si j'étais mairesse, bien sûr que je tiendrais à ce qu'il y ait prière avant les délibérations du conseil. Cependant, celle-ci prendrait la seule forme qui me paraît vraiment digne du profond respect des personnes manifesté par le Christ: Je demanderais à chacun, chacune, y compris les citoyens présent, de prendre un moment pour faire silence. J'insisterais pour que ce moment soit utilisé selon les convictions de chaque personne: que les disciples du Christ s'adressent au Dieu de Jésus, que ceux et celles qui ne croient pas prennent ce moment pour ramasser leurs idées, mieux respirer, se préparer à mettre le meilleur d'eux-mêmes pour l'avancement des travaux ou autre chose. Je souhaiterait également que ceux et celles qui s'apparentent à une idéologie ou à un courant spirituel particulier trouvent dans ce moment de silence l'espace nécessaire pour se brancher sur ce qui les soutient intérieurement.
Je crois fermement que les disciples du Nazareen fait Christ doivent donner l'exemple par un immense souci de laisser l'Esprit faire son travail. Celui-ci s'adresse à chaque personne dans sa propre langue. Notre tâche est de marcher avec les gens, de savoir reconnaître les traces, même ténues, de la quête spirituelle, de nous en émerveiller, de la supporter et d'en rendre grâce. Les voies de l'ÉternelLe ne sont pas les nôtres. Qui sommes-nous pour chercher à imposer nos façons de faire? Le Christ lui-même proposait sans imposer. Avons-nous oublié qu'il a été mis à mort parce qu'il avait refusé d'enfermer Dieu dans des pratiques réductrices, devenues non-signifiantes qui maintenaient la population dans l'ignorance de leur statut d'être humain libre? Avons-nous oublié que les seules personnes qu'il a invectivées sévèrement étaient justement celles qui se relevaient d'une manière d'autorité religieuse mal ajustée et mal utilisée?
Comme je suis triste de tous ces débats qui me font penser à cette histoire de l'Ancien Testament où Élie s'avance seul devant les défenseurs des autres religions et les met au défi de prouver que leur dieu est plus fort que le sien! Comme je suis triste que l'Église catholique romaine ne prenne pas en compte les milliers de personnes qui réclament d'elle autre chose que le visage incompréhensible et nébuleux qu'elle présente au monde actuel.
Vraiment Madame Lavallée, je ne peux honnêtement pas signer cette pétition et continuer ainsi à alimenter la polémique.