Il est vrai que Greenpeace démontre une méconnaissance des milieux régionaux par ses revendications écolo-extrémistes
2007-10-11 09:35 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Il est vrai que Greenpeace démontre une méconnaissance des milieux régionaux par ses revendications écolo-extrémistes dans le dossier de la forêt boréale. Personnellement, j'appuie le fond de leur discours, mais pas les moyens qu'ils proposent. Ce n'est pas vrai que l'idéal écologiste consiste à interdire toutes activités forestières et à mettre des communautés entières au chômage. Une forêt peut très bien être utilisée intelligemment, en mettant l'intérêt des générations futures en priorité et en permettant aux communautés environnantes d'en tirer des revenus, des salaires, des taxes et des impôts.
Le fond de la question demeure. On utilise mal nos forêts au Québec. Depuis le cri du Coeur du poète-cinéaste Richard Desjardins, le film l'Erreur boréale, nos éluEs se sont contentés de répondre avec des demi solutions (application de la commission Coulombe) et par la négation (ce fût longtemps la position du Parti Québécois). Jamais nos éluEs n'ont remis en question le régime actuel, qui profite encore au mêmes Barons de la forêt, qui eux redonnent des grenailles aux communautés sous forme de taxes et d'impôts (malheureusement de moins en moins...) et de bons salaires (de moins en moins aussi...).
Or, ces Barons de la forêt ont eu le beau jeu, depuis plus de 100 ans. Le gouvernement dans leur poche, les pouvoirs électriques donnés à vie, le monopole dans le bois d'oeuvre et le papier, de grandes fortunes se sont faites abreuvées des sueurs de nos aïeux, des larmes de nos rivières et de la rosée de nos forêts. Des richesses pour les actionnaires, mais quoi pour nous? Maintenant qu'ils sont les propres victimes de leur avidité, ils nous quittent comme de gros moustiques bien repus du sang de leur victime. Mondialisation, conflit du bois d'oeuvre, surexploitation de nos forêts, bois de plus en plus au Nord et de plus en plus cher à récolter. Autant de raisons de rationaliser, de fermer des usines, des scieries, d'abandonner des communautés sans autre forme de politesse. Une fois la piasse faite, ces compagnies agissent selon leur vraie personnalité: comme des voleurs sans scrupules, aucun.
Ce problème, ce n'est pas Greenpeace qui l'a créé. Même s'il est vrai que leur actions et revendications font mal à nos plaies, ce ne sont pas eux qui nous les ont infligées. Nous n'avons qu'à accuser notre propre inconscience. Notre propre inconscience et celle de nos gouvernements qui ont étés plus souvent qu'autrement les complices de ceux qui nous ont volé, violé et laissé pour mort. Notre inconscience d'avoir laissé les Grands Barons de la forêt gérer cette richesse en notre nom, et selon leurs intérêts. Il serait peut-être temps d'en prendre CONSCIENCE!
Mais comme rien n'est immuable dans notre monde, voici quelques pistes de solutions susceptibles d'animer le débat sur les possibles quant à l'avenir de l'utilisation de nos forêt, qui n'arrêtent heureusement pas de pousser et de se régénérer, selon leurs propres rythmes:
-Imposer une lourde taxe de fermeture pour les usines et les scieries appartenant aux grandes multinationales qui ferment sans autre explication que la perte de rentabilité. Ces argents permettront d'aider les communautés à passer à travers cette épreuve;
-Tenir rapidement un Sommet de la forêt au Québec, où chaque groupe pourra être représenté équitablement et démocratiquement. Ce Sommet doit permettre de tracer les prochaines bases de la nouvelle foresterie durable au Québec.
-Redonner la forêt aux communautés. Créer des groupes locaux de sylviculture où professionnels de la foresterie, éluEs, représentantEs de la société civile et citoyens pourront prévoir l'utilisation DURABLE de leur richesse forestière, en priorisant les générations futures. Ces groupes seraient responsables de décider de la quantité de bois à récolter, du prix de la ressource et à qui ils vendront cette ressource (multinationale, industrie locale, etc.);
Voilà mon humble contribution à un débat plus que nécessaire.
Éric Dubois
Citoyen radical, écologiste et progressiste du Saguenay-Lac-Saint-Jean
P.S. M. Cloutier, vous donnez un mauvais sens au mot "radical" quand vous parlez "d'action radicale". Greenpeace est un groupe radical dans sa réflexion, et direct et non-violent dans ses actions. Être radical, selon le sens réel du terme, c'est prendre une problématique ou analyser une situation en partant de la partie la moins visible mais la plus vitale (la racine). Cette forme d'analyse amène souvent à remettre en question les fondements de notre société pour amener des solutions durables à nos problématiques collectives. Exemple: Une analyse radicale de l'augmentation de la pauvreté dans notre société malgré une croissance économique soutenue amène à remettre en question le système capitaliste qui ne sait aucunement répartir de façon équitable les richesses générées.