La profession de (mauvaise) foi du maire Jean Tremblay
Hier soir, je me suis rendu à l'Hôtel de ville de Saguenay pour la séance du conseil...
2007-10-02 07:47 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Hier soir, je me suis rendu à l'Hôtel de ville de Saguenay pour la séance du conseil, suite à l'invitation citoyenne de M. Éric Dubois. La salle était bondée.
La période de questions a évidemment été alimentée en grande partie par la controverse entourant le dépôt du mémoire de la ville à la commission Bouchard-Taylor. Si quelques citoyens ont profité de cette tribune pour féliciter le maire, la majorité des intervenants ont décrié la façon dont s'est comporté le premier magistrat dans cette affaire.
Le principal reproche adressé au maire Tremblay, et qui revenait systématiquement dans chacune des interventions, était le suivant : « le document que vous avez déposé à cette commission contenait en grande partie des opinions de nature personnelle et vous n'aviez pas la légitimité de le déposer au nom de l'ensemble de la communauté ».
Les réponses du maire aux récriminations de ses concitoyens ne furent guère convaincantes. En voici quelques unes :
« On ne peut pas empêcher une personne ou un groupe de personnes de s'exprimer ».
Là-dessus, nous sommes d'accord. Ce qui est reproché ici, c'est d'avoir exprimé des opinions de nature personnelle au nom d'une personne juridique (la ville) qui inclut l'ensemble de la communauté.
« La majeure partie du contenu du mémoire est partagée par la majeure partie des conseillers ».
Oui, en tant qu'individus, les conseillers sont libres de partager ou non des opinions personnelles, mais leur statut de représentants élus ne les autorise pas à se commettre officiellement sur ces questions au nom de la communauté qu'ils représentent.
« Si c'est comme ça, on va rappeler à la commission pour leur dire que ça ne sert à rien d'écouter les gens ».
La mauvaise foi manifeste du maire Tremblay a, à plusieurs reprises, suscitée des huées de la part des citoyens.
« Vous avez beau me huer, je le sais que vous êtes un groupe bien organisé ».
C'est à ce moment que je me suis levé pour me diriger vers la tribune. J'ai signifié au maire que je m’étais présenté de mon propre chef à ce conseil et que je ne faisais partie d'aucun groupe organisé. Je suis un simple citoyen que la situation interpelle. Je lui ai aussi répété ce que plusieurs avant moi avaient dit à cette tribune, ce que plusieurs après moi ont redit encore : « Vous avez outrepassé votre mandat en parlant en notre nom de vos opinions personnelles. »
Il semble que même à la fin de l'exercice (qui s'est d'ailleurs soldé par l'expulsion d'un calme citoyen par les forces de l'ordre), la maire n'avait toujours pas compris la nature des reproches que lui adressaient ses concitoyens.
Est-ce que c'est une question d'orgueil ou est-ce que notre maire est simplement « dur de comprenure » ?
À mon avis, nous avons assisté hier à un criant exemple de profession de mauvaise foi.