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Une version moderne de la parabole du pharisien

La présentation de Jean Tremblay devant le commissaire Gérard Bouchard nous a malheureusement démontré...
2007-09-22 09:05 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - La présentation de Jean Tremblay devant le commissaire Gérard Bouchard nous a malheureusement démontré que les convictions personnelles du maire empiètent sur ses responsabilités démocratiques.

Premier accroc, le respect de la représentation démocratique. M. Tremblay a déposé son mémoire au nom de la Ville, alors qu’il a été démontré que le conseil municipal et l’exécutif n’en n’avaient jamais été saisis. Il a donc utilisé sa fonction pour promouvoir ses convictions religieuses.

Deuxième accroc, le respect de la liberté individuelle. Après avoir rappelé qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu, M. Tremblay a plaidé tout le contraire. Pour lui la religion doit guider directement l’état. Si 95% de la population québécoise est catholique prétend-il, l’État québécois doit refléter les valeurs catholiques.

Troisième accroc, le respect de la sphère religieuse. Au cours des siècles, la chrétienté a été marquée par des bouleversements et des schismes. Le catholicisme lui-même a connu de profonds changements dans ses croyances et sa liturgie, et est encore le théâtre de vifs débats. Les idées conservatrices de M. Tremblay ne représentent qu’une faction de la sphère religieuse catholique, alors que d’autres courants d’opinion tout aussi légitimes sont exactement à l’opposé de ses convictions.

Dans le spectre des diverses tendances qui va de la gauche à la droite religieuse, M. Tremblay se trouve certainement très loin de l’archevêque de Montréal, Mgr Turcotte, et plutôt proche du président Bush avec qui il a d’ailleurs des similitudes dans l’exercice du pouvoir.

Comme s’il détenait un droit divin, parce qu’il se dit « profondément catholique », le maire Tremblay utilise sa fonction pour faire avancer ses convictions religieuses. Ce faisant, il usurpe le pouvoir démocratique que lui ont transmis les citoyennes et les citoyens.

Peut-être M. Tremblay aurait-il avantage à méditer sur la parabole du pharisien que le Petit Robert définit comme suit: personne qui croit incarner la perfection, la vérité, du moment qu’elle observe strictement un dogme, des rites, et qui juge sévèrement autrui, condamne sa conduite sous couleur de lui rendre service).

Laval Gagnon
Coalition pour la démocratie municipale
Saguenay

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