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Sommes-nous sortis du bois ?

À la fin de la dernière séance du Conseil de Ville à laquelle j’ai assisté, l’un des conseillers nous demandait...
2007-09-19 05:58 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - À la fin de la dernière séance du Conseil de Ville à laquelle j’ai assisté, l’un des conseillers nous demandait, telle une prière, de supporter notre industrie forestière dans la tourmente provoquée par les manœuvres de Greenpeace dans notre région. Avant d’aller plus loin, je préfère dire tout de suite que je ne suis pas un adepte de l’enchaînement aux arbres ou de la balançoire au sommet des gratte-ciel. Mais je pose la question : est-ce bien notre industrie forestière ? Au plus sombre de la pire crise forestière que nous ayons connue, certains diront que c’est un bien mauvais moment pour lancer ce genre d’interrogation. Je pense le contraire : si on ne le fait pas maintenant quand le ferons-nous? Quant au coup de force médiatique de Greenpeace je me dis qu’il ne faut pas s’étonner de voir se pointer les multinationales du militantisme environnemental quand, pendant des décennies, sinon un siècle, nous avons laissé les multinationales de l’exploitation des ressources engranger des profits sur le territoire sans trop nous poser de questions, tant que cela donnait des jobs.

Je repose la question : est-ce bien notre industrie forestière ? Bien sûr que non. La façon dont est allouée la ressource aux usines fait en sorte que cette partie de l’économie nous échappe totalement. Pas besoin d’être un expert pour comprendre ça. Pour créer une véritable économie forestière qui profite aux régions, il faudrait que ce soit des entreprises ou des groupements forestiers régionaux qui aient la gestion de portions définies du territoire. Cela pourrait se faire sur la base de contrats d’aménagement polyvalent de tel ou tel bassin versant. Pour cela il faudrait d’abord savoir à quel pallier de gouvernement revient la responsabilité de négocier ces contrats avec les groupements ou entreprises d’aménagement polyvalent.

Et les multinationales ? Elles achèteraient leur bois des groupements forestiers ou d’une agence de mise en marché comme cela se fait en forêt privée. Je pense d’ailleurs que cela donnerait un sérieux coup de pouce à la sylviculture en forêt privée ne serait ce qu’en établissant une certaine équité dans la mise en marché.

J’entends déjà nos organisateurs de sommets, de tables de concertation et de lacs à l’Épaule, au coude ou au pied, qualifier cette idée de pensée magique. Pourtant elle n’est pas sortie d’un chapeau comme un lapin. Elle est malheureusement restée en marge de la Commission Coulombe pour on ne sait quelle raison. À mon avis cela bouleverse trop le désordre établi. J’aimerais bien que nos représentants élus se chargent de la remettre, cette idée, sur le tapis avec la même vigueur qu’ils mettent à mener des batailles d’arrière garde dans un vaste mouvement de fuite en avant. Je pense qu’ainsi ils favoriseraient davantage la création de l’économie régionale et aideraient plus les victimes de la crise actuelle qu’en se faisant les porte-étendard d’un colonialisme qui ne finit pas de mourir.

JF Robert
St-Félicien

N.B.: Le parti Québec Solidaire, circonscription de Roberval, appuie la diffusion de cette lettre et compte produire d’ici peu une position formelle sur cette question .

Pour infos : Nicole Schmitt 275-4577

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