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Lettre ouverte à Myriam Ségal

Dans votre papier d'humeur de ce matin, paru dans le journal Le Quotidien, vous écorchez, dans un style qu'on vous connaît...
2007-09-05 15:13 - Commentaire d'opinion

Saguenay, le 5 septembre 2007 - / LBR.ca / -

Madame Ségal,

Dans votre papier d'humeur de ce matin, paru dans le journal Le Quotidien, vous écorchez, dans un style qu'on vous connaît, les candidatEs en lice pour l'élection complémentaire dans Roberval-Lac-Saint-Jean. Dans un pays libre, même sous le dictat des grands groupes de presse, votre privilège de chroniqueuse vous donne la liberté de disposer à votre guise d'un espace public pour vous exprimer. Une liberté qui s'accompagne cependant, à mon sens de responsabilités, que vous n'avez pas respectées aujourd'hui.

Lorsque venu le temps de parler du "...candidat du NPD, parachuté,...", vous vous sentez dans l'obligation d'ajouter "...caricature vivante du manifestant professionnel...». Vous quittez votre simple rôle de commentatrice pour tomber dans une attaque basse, vile et sans fondement contre moi, ma personne et ma crédibilité.

Je sais que vous ne m'aimez pas beaucoup. Les nombreuses entrevues que je vous ai accordées, vos crises de nerfs en onde, vos manières de couper court à l'entrevue quand vous sentez que je ne me laisse pas embarquer dans votre rhétorique chicanière m'ont tôt fait comprendre qu'en plus de ne pas être d'accord avec moi, vous ressentez du plaisir à me dénigrer. Encore une fois, vous en faites la preuve ce matin.

Vous êtes, philosophiquement et politiquement plus de droite, plus conservatrice et n'aimez pas les idées progressistes. Soit! C'est votre opinion. Mais cela n'exclut pas le respect que se doivent ceux qui agissent sur la scène publique, comme vous et moi.

Savez-vous ce que je fais dans la vie, Madame Ségal? Votre métier de journaliste (au fait, êtes-vous journaliste?) ne vous amène-t-il pas à vérifier un supposé fait avant de le proclamer comme tel? Je ne peux pas être la caricature de ce que je ne suis pas!

Mon métier, ma profession, c'est d'être organisateur communautaire. Je gagne ma vie au Fonds d'entraide communautaire, un organisme du milieu qui aide les gens qui ont un projet ou une idée d'affaire, petite ou moyenne, à démarrer leur entreprise, en les accompagnant dans les démarches et en leur offrant l'accès au micro-crédit. Loin des barricades, non? Pas pour autant loin de mon engagement pour la transformation sociale.

Mon métier m'a amené souvent à sortir dans la rue pour revendiquer. Que ce soit pour des mesures de nos gouvernements pour lutter contre la pauvreté, pour un meilleur régime d'assurance-chômage ou contre la guerre, je n'ai jamais hésité à prendre position et à mettre mes talents de communicateurs au service des personnes qui en avaient besoin. C'est ainsi que vous m'avez vu répondre à vos attaques contre les personnes assistées sociales, répondre aux préjugés contre les personnes en situation de pauvreté, etc. Parce que c'était mon travail, mais aussi parce qu'une des valeurs qui meuble le plus ma vie est l'altruisme. Vous connaissez l'altruisme, Madame Ségal? Prendre plaisir à parfois, penser aux autres. Mon implication politique se poursuit dans la même lignée.

Les manifestations sont souvent le seul moyen de se faire entendre, de passer le message, pour un paquet de gens qu'on refuse d'entendre. J'avoue avoir participé à l'organisation de manifestations et avoir assisté , comme citoyen, à quelques autres, toujours non violentes. Cela fait-il de moi un manifestant professionnel? Qu'y a-t-il de mal à revendiquer des droits?

Vos journalistes le font lorsqu'ils tombent en grève. Vous le faites sûrement lorsque vous négociez votre contrat auprès de vos employeurs. Ne vit-on pas dans une société de droits? Tant que cela se passe dans le respect. Je crois avoir prouvé le respect dont je fais preuve, personnellement, même et surtout dans l'adversité.

Je crois que vous me catégorisez comme un manifestant professionnel en y accolant l'image péjorative, caricaturale de la chose pour me dénigrer.

Vous parlez de moi comme une "caricature vivante". Ces propos sont blessants et doivent cesser.

Vous auriez pu vous permettre cette attaque contre moi (m'enfin, je l'aurais laissée passer) si vous aviez, dans un esprit d'équité, décoché quelques flèches contre un Denis Lebel qui n'a pas bien fait son travail de maire pour les infrastructures de sa ville, contre une Louise Boulanger qui semble avoir coulé son cours de politique 101 ou contre une Céline Houde qui est plus utile pour sa communauté comme infirmière que comme députée du Bloc.

Mais votre acharnement à me décrire comme un simple « protesta-tout » mérite que je vous adresse ces quelques mots.

Vous n'avez pas bien fait votre travail dans le papier de ce matin, Madame Ségal. Je vous demande de vous excuser publiquement d'avoir porté un jugement, qui en plus d'être faux et blessant, vient ternir la réputation d'un simple citoyen qui prend la place publique pour permettre à ceux et à celles à qui on laisse que très rarement la parole, les pauvres, les opprimés et les exclus, de s'exprimer.

D'ici à ces excuses, je ne vous accorderai aucune entrevue.

Éric Dubois
Candidat dans Roberval-Lac-Saint-Jean.

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