Une lettre aux médias de la Colonel Ritchie, commandant du 5e Groupe de soutien de secteur du Québec de la Force terrestre
Depuis un certain temps, le lancement du documentaire Les épouses de l’Armée est grandement abordé dans les médias.
2007-08-28 18:11 - Commentaire d'opinion
MONTREAL, le 28 août 2007 - / LBR.ca / - Depuis un certain temps, le lancement du documentaire Les épouses de l’Armée est grandement abordé dans les médias. Le sujet, en lui-même très important, a suscité l’intérêt du public pour savoir ce que les Forces canadiennes (FC) font pour soutenir les familles des militaires. Cet intérêt est justifié et voici une introduction à la réponse des FC à ce propos.
J’ai vu personnellement le film en question et j’ai été impressionnée par la profondeur et l’engagement de Mme Corriveau à faire connaître et à expliquer les défis auxquels les familles de militaires sont confrontées.
Le film a soulevé des points très importants; les épouses de militaires ont dû se battre pour obtenir des services dans les années 80 et 90 et ces pionnières ont vraiment provoqué d’importants changements dont peuvent profiter aujourd’hui les familles de nos troupes. Le film a aussi montré la force de nos familles militaires, non seulement des épouses et époux, mais aussi des parents et des enfants, face à une vie qui est particulièrement difficile.
Mais, en tant que conjointe militaire, femme militaire et officier senior, je me dois de rétablir certains faits concernant quelques allégations portées dans le documentaire ainsi que lors des multiples entrevues accordées par Mme Corriveau.
Les FC ont été activement impliquées dans les guerres mondiales et dans des missions de paix partout dans le monde depuis leur création. Notre raison d’être est, et demeure toujours, de protéger les citoyens et citoyennes du Canada. Selon le mandat qui nous est confié par le Gouvernement fédéral, nous nous devons d’aider certains pays dans le besoin. Dans un pareil cas, les militaires travaillent pour servir une cause beaucoup plus grande qu’eux et en laquelle ils croient.
En bout de ligne, ils et elles servent au sein des FC principalement pour protéger leurs familles et leurs amis. Il est vrai que ce n’est pas un choix facile à faire que de laisser les êtres aimés derrière soi pour bien s’entraîner et ensuite partir en mission. Il est aussi vrai qu’il y a des périodes de la vie militaire qui ne sont pas faciles pour les familles tel que les déménagements et les absences prolongées. C’est exactement pour ces raisons que les FC ont créé des programmes et des services d’aide aux familles que je qualifierais d’exemplaires et que plusieurs communautés pourraient envier. La mise sur pied de ces programmes n’aurait pas pu avoir lieu sans les dénonciations, les constats et les solutions amenées par les familles depuis les 15 dernières années. Par contre, je crois qu’il faut aussi donner le crédit à la chaîne de commandement qui a eu le courage d’être à l’écoute, de reconnaître le besoin et de lancer plusieurs initiatives visant l’amélioration de la qualité de vie de nos militaires et de leur famille.
Au fil des ans, les missions se sont corsées et nous avons dû nous ajuster. Nos frères et soeurs d’armes de l’Ouest et des Maritimes ont vécu les mêmes épreuves et ont aussi dû s’adapter et changer leurs façons de faire. Nous avons repris certains de leurs programmes d’aide spécialisés. Nous en avons partagé certains avec eux et nous en avons créés d’autres nous-mêmes. Depuis 1991, au niveau national, un programme de soutien structuré et financé à l’intention de toutes les familles est en vigueur par le biais des Centre des ressources pour les familles militaires (CRFM). Nous en avons d’ailleurs trois au Québec, le principal étant situé à Valcartier. Les CRFM ont un mandat de collaboration avec la chaîne de commandement mais sont régis par un comité indépendant. Cette mesure assure une impartialité visant principalement à donner confiance aux familles. Par exemple, le CRFM Valcartier est dirigé par une professionnelle civile depuis 1991. Son conseil exécutif est composé majoritairement de conjoint(e)s militaires, d’une avocate en droits des familles, d’un aumônier, de quelques militaires et d’autres membres de familles dont une réputée pionnière, Mme Elisabeth Dallaire, épouse du général à la retraite Roméo Dallaire et mère de trois enfants.
Les FC au Québec ont aussi développé des programmes et services pour leurs familles et leurs militaires. En 2001, le Groupe de Soutien au Déploiement (GSD) a été créé par la chaîne de commandement, notamment par le présent Général commandant, le Brigadier-général Christian Barabé, pour soutenir les familles particulièrement lors d’une absence prolongée des militaires. En 2005, le GSD est intervenu à plus de 1000 reprises auprès des familles pour les aider à surmonter les obstacles d’un quotidien parfois éprouvant. Chaque année, des sommes importantes, tant en fonds publics qu’en fonds non-publics, sont investies pour doter ces institutions en personnel, en structures administratives solides et en programmes d’aide passant des soins de santé et d’aide psychologique, aux services de gardes jusqu’aux services de plomberie, déneigement, transport, etc. La chaîne hiérarchique appuie indéfectiblement les services fournis par le GSD.
Régulièrement, des familles reconnaissantes nous communiquent leur satisfaction et nous soulignent l’appréciation qu’ils ont de notre approche humaine et empathique envers leurs défis.
Encore une fois, des militaires et des employés civils oeuvrent au sein des différents GSD pour assurer une représentation des deux parties. Dernièrement, le personnel du GSD a fait une tournée au Québec, visant à rencontrer toutes les familles de militaires touchées par le déploiement d’un membre de leur famille pour leur expliquer la mission en Afghanistan et pour écouter leurs préoccupations en vue d’y répondre.
Ces professionnels civils et militaires des CRFM et GSD des FC en entier entretiennent des liens solides avec leur communauté environnante ainsi qu’avec des services civils tels que des garderies, de l’aide à la recherche d’emplois, des cours de langue seconde, des interventions-jeunesses, un service aux familles des réservistes en région, un service de relation d’aide, des groupes de thérapie ainsi que divers services sociaux et soins de santé.
En tant que Commandant du 5e Groupe de Soutien de Secteur qui chapeaute tous les programmes et services de soutien aux militaires et aux familles du Québec, et en tant que femme de militaire, je vous assure que veiller sur nos familles est une priorité. Dans un contexte où l’on doit se serrer les coudes en Equipe pour traverser des épreuves inhabituelles, devant des défis de taille telles que nos diverses missions, dont celle de l’Afghanistan, j’ai un immense respect pour nos familles qui sont essentielles au morale et à la réussite de ces missions.
La Commandant
5e Groupe de Soutien de Secteur
Colonel Karen Ritchie
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publiques, le Capitaine Maryse Lavoie, (514) 252-2777, poste 4278,
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