Dans le contexte récent du dépôt du plan vert canadien par le ministre conservateur John Baird.
2007-05-02 06:29 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Oui il est facile de jeter le blâme sur ceux qui nous ont précédés, surtout si le blâme est justifié. Oui il est vrai que les libéraux fédéraux ont tardé à appliquer les mesures qui nous permettront d'atteindre les cibles fixées par le protocole de Kyoto. Cela ne signifie pas qu'il faille renier nos engagements pour autant.
Prendre la direction d'un pays ne signifie pas tout reprendre à zéro. Un certain « héritage », de bon et de mauvais, a échu aux conservateurs de M. Harper, et ces derniers ont le devoir de gérer cette succession dans l'intérêt des citoyens canadiens, mais aussi du reste de la planète.
R pour Responsabilité
En signant le protocole de Kyoto, le Canada s'est engagé auprès de la communauté internationale. S'il a tardé à agir et si les conséquences de ce retard se font sentir aujourd'hui, il s'agit de la responsabilité du Canada et de tous ses citoyens, parce que nous tous avions élu les libéraux, et nous tous sommes responsables de ce qui s'est fait durant ces mandats. Et cette responsabilité n'exclut ni les conservateurs, ni les pétrolières de l'ouest.
R pour Réputation
Le Canada avait ces dernières années commencé à se forger un réputation de leader en matière d'environnement auprès de la communauté internationale. Nul besoin de dire que cette réputation n'existe plus désormais. Non seulement cela vient-il ralentir le potentiel d'entraînement qu'un tel leadership aurait pu entraîner en matière de lutte aux changements climatiques, mais cela risque d'isoler le pays, avec de possibles conséquences économiques. En effet, qui voudra faire affaire avec le Canada lorsque les bourses du carbone seront un incontournable partout ailleurs ? Qui importera des produits canadiens lorsque les coûts environnementaux seront pris en compte dans le prix des marchandises ?
R pour Rigueur
Le Canada doit jouer franc-jeu face à la communauté internationale. La façon de faire des conservateurs, qui consiste à jouer avec les chiffres et les mots pour tenter de satisfaire, ou simplement de faire taire tout le monde ne tient plus la route et peu d'intervenants se laissent aujourd'hui berner par un tel comportement, ce que l'on constate de jour en jour. Si le Canada veut déchirer le protocole de Kyoto et se consacrer exclusivement à ses intérêts nationaux, et bien qu'il le dise clairement face au reste du monde. Nous subirons les conséquences de ce volte-face, et nous déciderons ensuite du sort des conservateurs lors de prochaines élections. La rigueur devait pourtant être une vertu de ce gouvernement, il serait temps de commencer à l'appliquer tant dans ses relations internationales que dans son dialogue avec ses citoyens.
R pour Respect
Le respect des ententes internationales, le respect de la volonté populaire, le respect de l'environnement global. Trois notions qui font actuellement défaut au gouvernement du Canada. J'ose espérer que les pressions exercées tant par la communauté internationale que par les forces internes sauront réintroduire la notion de respect au sein de la gouvernance canadienne.