Voilà l'équation magique des opposants du mouvement indépendantiste québécois.
2007-03-17 15:40 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Voilà l'équation magique des opposants du mouvement indépendantiste québécois. La litanie revient sans cesse: le PQ veut faire un référendum au lieu de s'occuper «des vraies affaires». Qu'il soit adéquiste ou libéral, tout l'argumentaire fédéraliste se résume à cette idée.
Cet argumentaire aurait peut-être un petit fond de vérité si le PQ proposait, au lendemain des élections, de consacrer une partie importante des ressources de l'État à la préparation d'un référendum. Mais en fait, loin de monopoliser toutes les ressources de l'État, l'organisation d'un référendum n'en exige qu'une petite partie. En étant très généreux et en englobant le coût des consultations et des études qui seront faites, on pourrait estimer les dépenses référendaires à environ 0,2 % du budget d'une seule année de l'État québécois. En outre, il s'agit de dépenses non récurrentes, et le PQ a une solide plateforme où il est question de beaucoup d'autres choses que du référendum. L'État québécois est capable de marcher et de mâcher de la gomme en même temps.
En réduisant le projet de fonder le pays du Québec à une espèce d'obsession référendaire, les défenseurs inconditionnels du fédéralisme que sont Charest et Dumont s'évitent de devoir expliquer à la population pourquoi le Québec a intérêt à dépendre du pouvoir fédéral et à quémander constamment de l'argent à Ottawa. Pourquoi l'asservissement et la dépendance sont-ils préférables à la responsabilité et l'indépendance? Une telle position n'est-elle pas tout à fait incompatible avec les idées de droite auxquelles adhèrent libéraux et adéquistes?
En effet, il n'y a rien de plus efficace pour inciter les gens à se prendre en main et à moins dépendre des largesses de l'État que de leur donner la pleine responsabilité de leurs affaires. Tant que les Québécois pourront blâmer Ottawa, invoquer le déséquilibre fiscal et rêver de généreux paiements de péréquation, il est peu probable que la dynamique change au Québec. À l'inverse, dès que les Québécois n'auront qu'un seul État et qu'ils devront compter sur leur propre énergie et leur propre savoir-faire pour améliorer leur sort, on verra ressurgir parmi eux les mêmes qualités qui ont permis à leurs prédécesseurs d'apprivoiser leur terre inhospitalière.
Le PQ n'a pas d'équation magique à proposer. L'indépendance du Québec n'est pas une panacée. Mais, c'est une étape fondamentale pour transformer la dynamique au Québec. Charest et Dumont continuent de nous proposer le même cercle vicieux de la domination qui date de 1763 et les mêmes institutions qui datent de 1867. Ce sont les défenseurs des vieilles idées. Boisclair et le PQ nous proposent, eux, de nous en sortir. Ce sont les défenseurs du progrès.