Abolissons l’aide sociale, et nettoyons cette planète!
(Ce texte est long. Cessez de le lire dès que vous êtes fatigué.)
2007-03-01 16:14 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - C’est drôle mais parfois, je me prends à rêver que je suis politicien. Je m’imagine devant une foule, en train de dire à la foule mes intentions, au risque de l’effrayer.
Je risquerais de l’effrayer, car au lieu de promettre des cadeaux, je promettrais des tâches pour tout le monde. Car il y aurait une lourde tâche qui deviendrait prioritaire si j’étais élu. Notre tâche collective serait de nettoyer cette planète, tout en stabilisant au plus vite sa santé globale, car cette planète est terriblement malade. Et l’effet de serre n’est que l’une des premières traces de cette terrible situation. Bientôt nous parlerons aussi de l’empoisonnement et de l’acidification des océans, de la mort des forêts, de la disparition de millions d’espèce, qui s’éteignent 1000 fois plus vite aujourd’hui qu’avant l’ère industrielle… La situation est horriblement urgente.
Si je devais faire un discours sur le sujet, je dirais donc :
« Chers concitoyens, chères concitoyennes,
Je ne viens pas devant vous pour vous promettre des cadeaux. Je viens pour vous proposer des tâches collectives. Je vais vous proposer une liste de tâches que nous accomplirons pour construire un monde meilleur.
Parmi ces tâches, certaines reviendront aux citoyens, certaines reviendront aux entreprises, et certaines reviendront à notre état. Et nous travaillerons tous ensemble.
Nous aurons un grand chantier. Et ce chantier, nous l’accomplirons d’abord au Québec, mais sans sortir de l’ensemble Canadien. Nous garderons nos liens intacts avec ce grand pays, car après avoir fait la job au Québec, il faudra la faire pour l’ensemble du Canada. Et à cet étage là, la job sera lourde mais payante. Très payante.
Car à l’échelle du Canada, nous aurons énormément de travail. Mais il y aura des sources de revenus infinies pour le financer du côté des sables bitumineux de l’Alberta. Notre pays deviendra l’un des plus verts, car il utilisera les revenus du pétrole surtaxé pour construire des transports en commun sans émissions partout, et pour forer tous les puits qu’il faudra, auprès de toutes les maisons et tous les bâtiments, pour les chauffer à la géothermie. Et nous deviendrons la nation la plus économe d’énergie grâce à cet argent sale que nous harnacherons pour faire le bien. Et l’énergie propre que nous aurons en surplus, nous la vendrons à son juste prix à nos voisins lorsqu’ils prendront leurs responsabilités, lorsque nous les aurons réveillés après nous être réveillés nous-mêmes.
Et nous livrerons à nos enfants une économie prudemment ralentie pour assurer la pérennité de la vie sur terre. Et nous tirerons notre qualité de vie accrue, non de notre égoïsme féroce et débridé détruisant présentement la planète, mais de notre compassion et de notre entraide. Et nous serons de plus en plus riches à mesure que nous apprendrons à nous entraider, et à contribuer tous de toutes nos forces à cette entraide.
Je ne viens donc pas vous promettre des cadeaux. Je viens vous promettre des occasions de montrer votre capacité de vous dépasser. Je viens vous donner des occasions de donner votre énergie à la construction d’un monde dont nous serons fiers.
Je ne viens pas distribuer des cadeaux ou des promesses de cadeaux, je viens distribuer des tâches. Car nous avons beaucoup de travail et tous devront contribuer, que ce soit en identifiant des tâches urgentes à débattre localement démocratiquement ou en accomplissant ces tâches.
Nous devront tous faire notre part, et tous seront respectés dans leurs préférences pour accomplir ces tâches.
Et il y aura des tâches rémunérées 7$ de l’heure à raison de 25 heures par semaine pour tous ceux qui demanderont du travail. Et il n’y aura plus d’aide sociale, mais plutôt du travail pour tout le monde, avec la dignité et le respect en prime. Et les études à temps plein, dans les domaines où nous manquons de personnel pour accomplir le bien de la collectivité, feront partie des emplois que nous offrirons. Nous offrirons ces emplois, consistant à étudier, aux plus méritants de nos jeunes d’abord, selon les besoins précis de notre société.
Et lorsque nous aurons formé tous les spécialistes dont notre grand projet a besoin, nous pourrons utiliser toute cette force de travail pour construire le monde que nous voulons.
Et nous ferons avancer les travaux à la mesure de nos moyens, en utilisant l’argent que l’économie capitaliste permettrait de générer sous forme de taxes sur la consommation et de revenus fiscaux, sans faire de déficit. Et pour ceux qui refuseraient toutes les tâches qui leur seraient offertes, nous construirons des dortoirs gratuits où ils seraient transportés, nourris sans luxe, et éduqués tant qu’ils voudront.
Et il y aura du travail pour tout le monde, car la tâche qui nous attend est très lourde, et très urgente. Il faut nettoyer cette planète de fond en comble, et interrompre immédiatement toutes les formes de « salissage ». Ce travail est extrêmement urgent. Toutes les forces disponibles y contribueront. Et nous photographierons tout le travail qui nous attend, et toutes les réalisations accomplies, et nous rendrons le tout visible sur Internet. Et les conseils régionaux de l’environnement auront à leur disposition les forces disponibles. Les volontaires seront les premiers à obtenir les tâches. Et chaque personne incapable de trouver un autre emploi pourra prendre sa part de cette tâche.
D’autres groupes communautaires recevront aussi ces hordes de travailleurs volontaires. Ceux qui visitent régulièrement nos personnes âgées pourront avoir de l’aide. Ceux qui aident nos enfants à faire leurs devoirs recevront de l’aide. Ceux qui marchent dans nos rues pour assurer la sécurité de nos quartiers. Ceux qui nettoient nos rivières, qui entretiennent nos parcs, qui reboisent nos villes et paysages, et sarclent nos jardins communautaires. Ceux qui visitent nos malades et nettoient nos édifices publics. Tous auront de l’aide. Et tous les citoyens qui le demanderont, qu’ils aient un emploi ou non, auront le droit de faire leurs 25 heures payées 7$ de l’heure pour faire le bien. Et ainsi, personne ne se sentira spolié injustement d’une partie de son revenu pour l’offrir à des laissés pour compte qu’ils imaginent fainéants.
Et chaque entreprise recevra des coupons d’emploi de ce genre en proportion de ses impôts payés, et de ses gestes environnementaux. Chaque citoyen n’aura droit qu’à sa part de ce travail rémunéré, soit 25 heures par semaine à 7$ l’heure.
Mais nous avons tous du travail. Et ce travail commence par chaque maison. Nous avons tous du travail, dans chacune de nos demeures. Au moins 25 h de travail pour faire les modifications nécessaires pour la rendre économe d’énergie, et pour faire inspecter toute le logis à la recherche d’économies potentielles. Une heure de travail pour changer deux ampoules incandescentes pour des fluorescents compacts, trois heures pour habiller le Chauffe eau, deux heures pour chaque thermostat programmable, etc…
Et il y aurait aussi du travail pour les jeunes qui auraient une voiture très économe et qui voudraient opérer un service de transport en commun léger très régulier semblable à celui qu’on rencontre dans les pays du sud. Les lifts offerts seraient facturés à 1$ pour chaque tranche de 20 kilomètres, ce qui rembourserait l’essence dès le premier lift pour une voiture consommant 5 litres au 100 kilomètres.
Et il y aurait plein d’autres tâches rémunérées du même genre, destinées à construire le bien commun à très long terme. Et nous ajusterons les impôts ou ce salaire en suivant les aléas de l’économie de manière à nous assurer que les emplois proposés par l’économie de libre marché continuent d’être au moins aussi payants que ces emplois proposés par l’état en guise de soutien au revenu.
Et pour financer tout ce travail, nous taxerons toutes les activités humaines polluantes. Chacun aura donc toujours le choix de faire sa part de notre travail collectif titanesque en adoptant des comportements très respectueux de l’environnement, ou en payant de lourdes taxes si ces gestes sont polluants. Et les entreprises seront traitées de la même manière, comme toutes les relations avec les pays étrangers, qui sont un autre levier que nous avons en main. Nous améliorerons nos relations économiques avec les pays qui voudront se joindre à notre effort de nettoyage et de reboisement planétaire.
Ce ne serait donc pas pour promettre des cadeaux, mais pour distribuer des tâches que je demande votre appui.
Je vous demande donc un mandat clair pour que nous partagions la tâche urgente qui nous attend. Notre planète a un urgent besoin de nous. Nettoyons la au plus vite.
Et ne plaçons pas entre nous plus de frontières qu’il n’y en a déjà pour nous nuire dans ce travail titanesque. Et surtout, ne traçons pas une frontière entre nous et l’Alberta, où une catastrophe se déroule, doublée d’une effervescence économique incroyable. Restons dans ce grand pays pour pouvoir harnacher ce fleuve d’or noir, et pour utiliser la plus grande part de ces profits pour nettoyer la planète et pour inventer des énergies propres et moins chères. »…
(N.B. Voilà pourquoi la souveraineté me tente moins que quand j’étais petit. Je ne trouve plus ce projet intéressant, car j’ai trouvé un idéal plus emballant, moins divisif, plus constructif. Et contrairement à l’ajout d’une frontière qu’ils pourraient bien trouver très encombrante, je sais que mes arrières petits enfants me remercieront de leur avoir légué une planète que je me serai efforcé de nettoyer.)
« Unissons-nous aux écologistes du reste du Canada et du monde au lieu de nous chercher de vieux cassus belli poussiéreux à déterrer pour convaincre les citoyens de ce pays de se bouder et de se diviser.
Nous avons un monde plus propre à construire. Devant l’urgence d’un tel projet commun, l’ajout d’une frontière a toute l’apparence d’un caprice inutile, voire nuisible »
Voilà quel serait mon discours si je me présentais pour le Parti Vert.
On verra si ce discours plait au candidat qu’ils trouveront pour Alma! En attendant, c’est probablement du côté du Parti Libéral du Québec que se trouve le parti le plus susceptible de tenir ce discours en ayant des chances d’être élu. Mais si on les déteste vraiment trop, on peut toujours voter pour le Parti Vert, ou pour Québec Solidaire. À moins que la somme des annonces de l’ADQ ne finisse par produire une sorte de programme vert. Mais ça, ce serait une bonne surprise que personne n’aurait vu venir.