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Le Canada en Afghanistan

Une mission d'aide humanitaire en Afghanistan
2007-02-12 17:56 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - Tout le monde le sait, cela défraie les manchettes depuis plus de 2 ans déjà : le Canada participe à une mission d'aide humanitaire en Afghanistan, tant au niveau financier que militaire. Tout bon Canadien dira qu'il est normal de fournir une aide financière à un pays où règne le chaos et où la pauvreté y est indescriptible. Mais quand vient le temps d'y envoyer des soldats de l'armée canadienne, nos semblables, les opinions se partagent grandement. Nous, au Canada, on ne veut pas voir et surtout ne pas être impliqué dans un conflit armé où les dépenses, ne nous le cachons pas, sont astronomiques. Mais, sortons un peu de notre confort, vous êtes-vous déjà arrêté à penser que seraient devenus tous les pays où le Canada a eu une présence militaire, sans l'envoi de ces troupes, plus particulièrement en Afghanistan, au Moyen-Orient?

Le Canada a présentement en Afghanistan 2500 soldats, majoritairement provenant de la base de Petawawa, en Ontario, quelques-uns provenant de la base d'Edmonton en Alberta et quelques-uns de la base de Val-Cartier, au Québec. Les troupes du Canada font équipe avec des militaires provenant de 37 nations différentes, pour un total de 36 000 soldats présentement en Afghanistan. Toutes ces troupes font partie de la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (FIAS) qui est directement liée à l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord). Cette présence est cautionnée par l'ONU (Organisation des Nations Unies), ce qui signifie que tous les pays membres de l'ONU sont en accord pour dire que le besoin d'aide aux Afghans est inévitable et qu'il est de leur devoir d'y participer. Même si on y envoie des troupes armées, le but recherché est complètement différent de celui comme l'Irak, par exemple, où la présence Américaine n'a pas été approuvée par l'ONU et où l'on peut ouvertement douter des intérêts moraux de cette guerre. Le but, ici, est donc d'apporter une aide en essayant de relancer l'économie afghane, installer un meilleur système d'éducation et de santé, d'y maintenir le tout nouveau régime démocratique et d'assurer la sécurité de la population envers les Talibans ainsi que le mouvement Al-Qaida. On veut tout simplement donner des droits à ces êtres humains et permettre au peuple d'aspirer à un avenir meilleur en améliorant la condition de vie des Afghans.

Depuis la présence du Canada là-bas, il y a déjà eu beaucoup de progrès. En effet, depuis ce temps, les femmes ont obtenu leur voix dans la vie publique, elles ont désormais le droit de vote et peuvent prendre part à des comités publics. Il y a maintenant 5 millions de jeunes Afghans qui vont à l'école comparativement à 700 000 avant ; le Canada a permis la vaccination à plus de 7 millions d'enfants afghans ; 300 000 ont pu démarrer leurs propres entreprises ; on a mis sur pied un corps de police viable et complètement indépendant et on a réussi à retirer plus de 190 000 mines. D'ici 2010, le Canada prévoit avoir déminé plus de 70% des zones minées, ce qui équivaut à environ 720 millions de mètres carrés.

Vous ne pouvez même pas vous imaginer à quel point c'est la misère là-bas. Ne sont-ils pas des êtres humains comme nous? N'ont-ils pas droit aux mêmes droits que nous même s'ils sont nés à 7000 kilomètres d'ici? Mon frère est dans l'armée canadienne et il partira en mission en Afghanistan au mois de mars 2007 pour six mois. Je lui ai demandé s'il avait peur et il m'a répondu : « Tu sais, si je veux être heureux une journée, je vais aller jouer au golf, si je veux être heureux une semaine, je vais aller en voyage de pêche, mais si je veux être heureux toute ma vie, je vais aller donner le meilleur de moi-même pour aider ce peuple. Oui j'ai peur, mais ma peur n'arrive pas à la cheville de ce que je vais accomplir là-bas ». À toutes ces personnes, je leur dis bravo et je veux qu'ils sachent que c'est grâce à eux si, aujourd'hui, je suis fier d'être Canadien et que je peux marcher la tête haute en me disant que mon pays a fait quelque chose pour aider ces gens.

La journée où il partira, j'aurai le coeur brisé en voyant perler les larmes sur les joues de ma mère qui regardera son fils embarquer dans l'avion, pensant qu'il ne reviendra peut-être jamais, mais au-delà de tout ça, au-delà de la politique ou des armes, je me dirai : « Mon frère, je suis fier d'être ton frère ; à partir de cet instant, tu t'en va accomplir la plus importante des missions de ta vie, celle d'aider ton prochain ; à partir de cet instant, tu deviens un modèle pour le monde entier, tu deviens une Grande Personne ».

Par Simon Gauthier
Chicoutimi

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