- / LBR.ca / - Je considère les propos qu’a tenu Monsieur Michel Simard, candidat à l’investiture du PQ dans Lac-Saint-Jean Est, sur les ondes de la Radio de Radio-Canada et dans le Lac-Saint-Jean de samedi dernier en ce qui concerne la place des jeunes en politique active comme discriminatoires et déplacés. Ceux-ci entretiennent de vieux mythes sur les jeunes et la politique et contribuent, encore, à donner une mauvaise opinion des jeunes et de leur implication démocratique.
Les jeunes manquent d’expérience ?
Les jeunes commencent très tôt à s’impliquer dans leur milieu. Dès le secondaire, ils apprennent les rudiments de la démocratie à l’école avec des députés des classes, des ministres de niveaux et un premier ministre d’école, ils s’impliquent sur les comités du bal des finissants, sur le journal étudiant, à la coopérative étudiante, etc. Certain jeunes lorsqu’ils atteignent l’âge de voter ont déjà presque 6 ans d’expérience d’implication citoyenne dans leur milieu. D’ailleurs une étude du Conseil permanent de la jeunesse stipule que ceux et celles qui sont impliqués à l’âge adulte sont les personnes qui ont développé des compétences dès le secondaire donc qui se sont déjà impliquées. Un jeune peut donc avoir une plus longue feuille de route d’implication dans son milieu que son aîné. L’expérience n’est pas toujours une question d’âge !!!
Augmenter la diversité d’âge et de point de vue en politique
Au même titre qu’à l’intérieur des conseils d’administration ou dans les instances décisionnelles, il faut s’assurer d’une représentativité des jeunes, des femmes ou encore des aînés dans la politique active. L’apport de leurs réalités, de leurs idées et de leurs solutions est indispensable à une seine démocratie qui allie les intérêts de différents groupes créant ainsi une société unie, équitable et solidaire de ses décisions. Les jeunes font souvent preuve d’innovation dans les solutions aux problématiques et nous savons que notre région a besoin de nouvelles idées ces temps-ci !
Les jeunes ne s’intéressent pas à la politique ???
Les jeunes s’intéressent à une nouvelle façon de faire de la politique. Ils préfèrent la démocratie participative où ce sont les idées qui se confrontent et non les individus. Les mécanismes électoraux (durée des campagnes où les jeunes n’a pas droit à un salaire) et la complexité de la tâche d’élu (voyage vers Québec ou lourdeur de la tâche de conseiller municipal) sont souvent des obstacles à l’implication en politique active. Alors lorsqu’un jeune désire tout de même se lancer en politique, il faudrait l’encourager et faciliter son intégration au pouvoir et ce, parce qu’il représente une partie de la population du Québec qui est sous-représenté au gouvernement.
Fausse chicane entre les générations
Nous pourrions aisément relancer la question de l’autre côté du genre « Certaines personnes sont-elles trop vieilles pour être députés ? » ou « Y-a-t-il trop d’hommes à la retraite en politique ? » mais ce serait biaiser le débat parce qu’une société riche est une société qui sait faire une place à tous les groupes d’âge et ce en interrelations constantes.
En espérant que les propos de monsieur Simard n’auront pas refroidi certain jeune qui désiraient se mettre au service de la région lors des prochaines élections au Québec, et en espérant aussi que le directeur de l’école de mon fils n’a pas les mêmes idées sur la place des jeunes, je vous souhaite bonne campagne électorale à tous.