- / LBR.ca / - NOTE : Le texte qui suit a été proposé à la chronique "Opinion" du journal Le Quotidien. Le rédacteur en chef a refusé de le publier sous prétexte de ne pas accorder une visibilité plus grande à un candidat plutôt qu'à un autre en cette période pré-électorale...
J’en ai assez du tumulte des derniers jours. Je ne digère pas ces supputations médiatiques sur la soi-disant désertion du Parti québécois par des candidats de la relève. Un instant ! J’ai 36 ans et je suis candidat dans l’équipe d’André Boisclair. Ça vous étonne ? J’ai fait le choix de me présenter avec le Parti québécois, sans être pour autant un extra-terrestre. Voici pourquoi. Pièce en trois actes.
Acte 1 : la souveraineté
Je ne veux pas passer toute ma vie active à tourner en rond sur la question nationale. Faire la souveraineté m’apparaît comme la piste de solution la plus pertinente pour garantir le plein épanouissement de la nation québécoise, mais aussi pour assurer son avenir social, économique et politique. Le Québec occupe une place de plus en plus congrue à l’intérieur du Canada et il faut prendre acte de l’impossibilité chronique de renouveler en profondeur le fédéralisme.
Construire un pays est le défi le plus stimulant qui soit. À partir du travail de pionnier réalisé par les générations de militants qui ont précédé la mienne, je souhaite faire partie d’un gouvernement qui posera aux Québécoises et aux Québécois la question fondamentale : que préférez-vous entre la souveraineté du Québec et le statu quo constitutionnel ? Le fardeau de la preuve est entre les mains des fédéralistes.
Être souverainiste, c’est aussi croire à une plus grande autonomie des régions. Comme défenseur de leur développement, partisan d’une politique d’occupation du territoire, je crois que la souveraineté est le meilleur outil de développement régional à long terme. À l’intérieur d’un Québec souverain, le rapport de force des régions se trouverait décuplé. Le chantier de la souveraineté, avec notamment le projet de rédaction d’une Constitution, apparaît comme le moment tout indiqué pour revoir la répartition des pouvoirs et – enfin ! – proposer une véritable décentralisation aux régions avec les ressources qui l’accompagnent.
Acte 2 : le parti
Le Parti québécois est social-démocrate. Dans Jonquière, j’ai rassemblé autour de ma candidature des militants en provenance de tous les milieux, dont plusieurs appartiennent au mouvement syndical. Comme moi, ils croient en l’influence des lieux de pouvoir par l’intérieur. Le Parti québécois rend possible cet engagement civique profond. Quand Victor-Lévy Beaulieu éructe « bon débarras », c’est sur tous ces gens de conviction qu’il crache !
Les gouvernements du Parti québécois ont fait de grandes réformes sociales-démocrates : le financement démocratique des partis politiques, la Charte de la langue française, la loi anti-scab, la loi sur la lutte contre la pauvreté, les services de garde à 5$ par jour, la politique nationale de l’eau, etc. Avec l’influence grandissante des militants progressistes dans les instances, aucun chef du Parti québécois ne pourra se travestir en chantre de la droite populiste comme Mario Dumont. Déjà, le programme actuel du parti prévoit d’audacieuses mesures comme la réduction à la dépendance au pétrole et le gel des frais de scolarité. Le Conseil national du parti s’est prononcé en faveur de la création d’un fonds de capital de risque dans les régions pour casser leur dépendance envers la grande entreprise.
Le Parti québécois mobilise la jeune génération. Mes amis Jonathan Valois et Stéphan Tremblay ne se représentent pas afin de consacrer leur temps à leur jeune famille. Qui leur en voudra ? La politique, c’est quelque chose de grand. Je salue leur attitude professionnelle à l’égard du service public. En même temps, je remarque la présence des Patrick Lahaie (36 ans) dans Laviolette, Annie Thériault (29 ans) dans Lotbinière, Nicolas Girard (34 ans) dans Gouin, Elsie Lefebvre (27 ans) dans Laurier-Dorion, Alexandre Bourdeau (28 ans) dans Berthier et Joëlle Quérin (22 ans) dans Chomedey. Et le bateau coulerait au Parti québécois ? Allons donc !
Acte 3 : le chef
André Boisclair a davantage d’expérience ministérielle que Jean Charest en avait au moment où celui-ci a été élu premier ministre. Dans la tourmente autour de son leadership, il choisit la transparence au lieu des faux-fuyants. Je reconnais là des signes de maturité.
Parmi tous les chefs du Parti québécois, André Boisclair est celui qui incarne la souveraineté comme un moyen plutôt que comme une fin en soi. Ne répète-t-il pas : « Ma priorité, c’est l’éducation ; mais pour y arriver, j’ai besoin de la souveraineté » ? Les changements que veut apporter le chef du Parti québécois ne sont pas que cosmétiques. La souveraineté n’est plus affaire de ressentiment ni de revanche à l’égard du Canada anglais. Le Québec a quelque chose à dire et à faire à l’ONU, à l’UNESCO et à l’OMC, là où les décisions se prennent. André Boisclair est le chef qui a fait du rôle du Québec sur la scène internationale le cœur de son argumentaire souverainiste. C’est ici qu’il me rejoint le plus.
Pour toutes ces raisons, j’ai accepté de faire partie de l’équipe des candidats du Parti québécois. J’en suis très fier.