Il est vrai que culturellement au Québec notre seuil de tolérance à l’ « écoeurage » est beaucoup plus élevé lorsqu’il s’agit du hockey.
2007-01-29 06:40 - Commentaire d'opinion
-/ LBR.ca / - Des nombreux écrits et commentaires émis sur l’Affaire Patrick Roy au Centre Georges Vézina il ressort que la mauvaise réputation attribuée aux supporteurs des Saguenéens provient pour une bonne part des comportements du groupe de partisans qui prennent place derrière le banc de l’équipe adverse. Or, cinq (5) d’entre eux ont rendu public leur point de vue dans l’article de Serge Émond du Quotidien du 22 janvier. Ce point de vue est exprimé clairement par une de leurs citations « Nous écoeurons et nous sommes prêts à nous faire écoeurer. C’est correct ». Il est vrai que culturellement au Québec notre seuil de tolérance à l’ « écoeurage » est beaucoup plus élevé lorsqu’il s’agit du hockey.
Le récent incident nous apprend qu’il existe encore des partisans qui trouvent assez de plaisir à humilier l’adversaire pour consentir à poireauter une heure après le match pour profiter du déplacement des joueurs adverses de l’aréna à leur autobus pour leur cracher à nouveau leur propos vitrioliques pendant quelques secondes additionnelles.
Lorsqu’on lit les propos de Richard Martel dans l’édition du Quotidien du 24 janvier, qui font état des gestes disgracieux dont il a été victime dans les autres arénas, en passant du verre de bière aux crachats, il y a lieu de croire qu’il existe encore un « accommodement raisonnable » non écrit dans les arénas du Québec vis-à-vis les « nous écoeurons, mais c’est correct ». Ces mêmes comportements en d’autres lieux auraient donné lieu à des expulsions et poursuites judiciaires, mais pas au hockey. Dans l’article de Serge Émond, les partisans du « nous écoeurons, mais c’est correct » soutiennent que le système de sécurité au Centre Georges Vézina est adéquat. Ça sous-entend : faudrait pas nous empêcher d’écoeurer comme on le fait. Ce qu’ils demandent, c’est de maintenir l’accommodement (voire la non expulsion des lieux et la quasi immunité contre les poursuites judicaires) dont ils bénéficient dans les arénas. De mon avis, toute la discussion et la réflexion faites autour de l’Affaire Patrick Roy devrait nous amener à questionner cet accommodement qui m’apparaît de plus en plus déraisonnable.