- / LBR.ca / - La consommation du lait et du beurre baisse dans la plupart des pays occidentaux en raison du vieillissement de la population et de la phobie de la matière grasse animale. Cela n’a rien à voir avec la déréglementation ou la réglementation du marché, le prix du lait à la ferme ou celui des produits laitiers comme le prétend Sylvain Charlebois (Des vaches qui rient des consommateurs, Le Soleil, 24 janvier 2007).
Depuis 1980, la consommation de lait par habitant en Nouvelle-Zélande a chuté de 27 % et celle du beurre, de 54 %. Les Néo-Zélandais mangent deux fois moins de fromage que les Canadiens. La consommation des produits laitiers diminue plus rapidement en Nouvelle-Zélande qu’au Canada. En Australie, malgré une déréglementation complète du secteur laitier depuis 2000, les consommateurs n’ont pas profité d’une baisse durable du prix du lait. Après une réduction initiale, le prix du lait au détail a continuellement augmenté. Les consommateurs n’ont fait aucun gain de cette réforme.
Une étude du professeur Daniel-Mercier Gouin de l’Université Laval publiée en 2004, compare le système canadien avec les modes de régulation de la production laitière en place dans quatre autres pays. C’est en Nouvelle-Zélande, premier pays à déréglementer son secteur laitier dans les années 80, que les prix à la consommation des produits laitiers ont le plus augmenté, soit 230 % de 1981 à 2001, alors que pour la même période, ils n’augmentaient que de 60 % au Canada.
M. Charlebois fait campagne depuis des années contre la gestion de l’offre en production laitière au Canada, essentiellement pour des raisons idéologiques. Il n’hésite pas à utiliser des raisonnements sophistes, appuyés sur des chiffres choisis, pour soutenir des conclusions démagogiques sur le système canadien. Au Canada, on produit autant de lait qu’il y a 20 ans, avant tout pour le marché local, avec deux fois moins de vaches. Notre environnement en bénéficie. Les producteurs de lait tirent un revenu équitable du marché, sans subventions gouvernementales pour soutenir leur prix et leurs partenaires font de bonnes affaires. Les consommateurs ont des produits laitiers de grande qualité à prix raisonnable et les contribuables sont épargnés.
La Nouvelle-Zélande exporte plus de 85 % de sa production laitière et le nombre de ses vaches a doublé en 25 ans. Quel est l’impact environnemental de cette industrie? Quelle quantité de gaz à effet de serre découle du dédoublement du cheptel bovin et de l’exportation des produits laitiers néo-zélandais? Est-ce un modèle agricole à privilégier au Canada?
Jean Vigneault
Directeur des communications
Fédération des producteurs de lait du Québec
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