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Réaction à l'article: Et si on parlait de la dette du Québec souverain !

Marc Pettersen répond à Carol Tremblay concernant la dette d’un Québec souverain
2007-01-07 08:32 - Commentaire d'opinion

Chicoutimi le 6 janvier 2007 - / LBR.ca / -

Monsieur Tremblay,

Tout d’abord permettez-moi de m’interroger fortement de la provenance de vos statistiques concernant le PIB par personne (sic) que vous avez présentées en réponse à ma lettre d’opinion.

Nulle part je n’ai trouvé vos chiffres affirmant par exemple que dans le District de Columbia, le PIB par habitant ne soit que de 440. Je m’interroge : c’est 440 de quoi, des dollars américains, des Euros ou bien simplement un ratio qui est pris sur une base de 100 d’un quelconque pays. De toute façon je crois que vos statistiques sont fausses puisqu’un PIB de 440 c’est celui de petits pays sous-développés comme le Bénin le Soudan et ou Comores en Euro et ce, en 2004 (Source : http://villemin.gerard.free.fr/Economie/PIB2004.htm). Ça me surprendrais beaucoup que le District de Columbia (Washington D.C.), le Connecticut ou tout autre pays que vous avez énuméré dans votre opinion, ait un PIB par habitant inférieur à ces pays du tiers monde

Pour votre information personnelle et pour les lecteurs, je vais vous entretenir de quelques statistiques que vous pourrez aller re-vérifier facilement et qui dressent un tableau beaucoup moins nébuleux que vos chiffres sortis d’on ne sait où…

Puisqu’il est question ici du ratio PIB dette du Québec devenu indépendant, il faut donc considérer que le Québec assume vraiment ses responsabilités et qu’en ce sens, il ramasse sa part de la dette fédérale. Comme je vous l’avais dit dans la lettre d’opinion originelle, la dette actuelle du Québec doublera au lendemain de l’accession à la souveraineté et personne ne pourra contester ni même refuser de se conformer aux exigences du FMI et de la Banque Mondiale. Je rappelle que tous les pays, et cela s’appliquera à la future république démocratique et altermondialiste du Québec, sont redevables auprès des institutions mondiales.

Je comparerai donc avec l’Argentine qui vit depuis 20 ans des problèmes économiques majeurs en raison du poids de sa dette extérieure. Cependant, il faut noter que l’Argentine est un pays infiniment mieux équipé qu’un éventuel Québec indépendant en raison de sa superficie qui est de 2.778.417km2 (le Québec 1 542 000 km), de ses richesses naturelles abondantes qui ne demandent qu’à être exploitées et de l’importance de sa population de 36 millions de citoyens en comparaison avec une population du Québec qui stagne actuellement autour de 6.6 millions d’habitants.

Dans un article tiré du site Internet : http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1379
titré : Argentine la fin de la crise, on pouvait y lire que : le poids de la dette de l’Argentine avait eu au cours des 20 dernières années des conséquences catastrophiques sur l’économie du pays. Rappelons-nous que Pauline Marois annonçait des lendemains similaires en ce qui concerne le Québec devenu pays. Propos qui ont vite été minimisés par le grand timonier de l’indépendance André Boisclair.

Dans l’article de Frédéric Lévêque et Olivier Bonfond du collectif R.I.S.A.L. on pouvait y lire que :

‹‹Depuis décembre 2001, l’Argentine ne rembourse plus sa dette publique due à des créanciers privés. Après de multiples négociations, le gouvernement vient de sortir du plus gros défaut de paiement de l’histoire (plus de 100 milliards de dollars) en trouvant un accord avec une partie des créanciers. Ces derniers auraient accepté une réduction de 75% sur la valeur de leurs créances... Cette opération est considérée par beaucoup comme un succès politique pour le président Kirchner. Mais tout n’est pas aussi simple : si le pays sort provisoirement de la crise, il rentre également dans un jeu qui pourrait très vite se retourner contre lui. Retour sur ces négociations et ce cas historique.››

À la lumière de ces affirmations on est en droit de se demander ce qui arrivera au Québec virtuel que nous propose André Boisclair… Plus loin, les auteurs disent :


‹‹Durant les deux dernières décennies, l’Argentine est un élève zélé du Fonds monétaire international (FMI) et applique à la lettre ses contre-réformes (imposée par la communauté internationale) : libéralisation financière, licenciement massif de fonctionnaires, privatisation des entreprises publiques, ouverture de l’économie, gel des salaires, diminution drastique des budgets de l’éducation et de la santé... Malgré les politiques d’ajustement structurel, le pays est prisonnier de la spirale de l’endettement. La récession économique s’installe.

Après avoir concocté plusieurs plans de sauvetage, le FMI refuse d’ouvrir une nouvelle ligne de crédit pour que le pays puisse honorer le service de sa dette. Les marchés financiers sont pris de panique et les capitaux quittent massivement le pays. Fin 2001, l’Argentine se retrouve plongée dans une crise économique, financière, politique et sociale sans précédent : la pauvreté et le chômage explosent (sur les 36 millions d’Argentins, 14 millions vivent officiellement sous le seuil de pauvreté), les réserves financières sont épuisées, le peuple se soulève, trois gouvernements sautent en une semaine...››

Dans ma lettre concernant la dette publique d’un Québec indépendant je relevais que pour payer la dette, il faudrait que le gouvernement Boisclair (s’il est élu bien sûr et s’il nous sort du Canada) faire des coupes très douloureuses sans les acquis sociaux pour respecter ses obligations financières. L’expérience que vivent les millions d’argentins depuis 20 ans annonce donc l’effondrement du système de santé et d’éducation. De plus, les programmes de subventions aux agriculteurs, aux entreprises et autres risquent eux aussi d’écoper avec le résultat que des milliers d’emplois seront sacrifiés sur l’hôtel de la souveraineté…

Les auteurs de l’article poursuivent :

En décembre 2001, quand le président De la Rua se voit contraint à prendre la fuite, la dette extérieure publique de l’Argentine s’élève à 144 milliards de dollars. La partie de cette dette due au secteur privé s’élève à 84 milliards alors que les institutions financières internationales (IFIs) détiennent 60 milliards de dollars de créances. L’Argentine est en crise mais ne veut pas, à tort ou à raison, se couper totalement de la finance internationale. Elle va donc faire le choix de continuer à rembourser le FMI. Elle pourra alors recevoir de l’argent frais pour financer la crise. Conséquence directe, la dette du pays continue d’augmenter pour atteindre 191 milliards en 2004 ! Le but de cette opération est “ d’acheter ” une marge de manœuvre afin de négocier un accord avec les créanciers privés. C’est ainsi qu’en septembre 2003, alors qu’un accord de 3 ans vient d’être signé avec le FMI, le ministre de l’Economie Roberto Lavagna annonce, à Dubaï, un plan de restructuration. Les créanciers privés peuvent échanger leurs titres contre des nouveaux, moyennant une forte réduction de leur valeur. Les négociations commencent...

La question à poser à ce stade-ci est à savoir si André Boisclair, à l’exemple de l’ancien président argentin, prendra la fuite à Harvard ou bien s’il restera pour faire face à la musique… L’article continue en relatant qu’après 20 ans de disette économique la situation redevient gérable. Ici au Québec, avec nos programmes sociaux murs à murs, aurons-nous collectivement le courage d’accepter des coupures dans nos acquis sociaux advenant la séparation. Et ainsi subir 20 ans de décroissance… Poser la question franchement aux québécois pour les souverainistes c’est s’exposer à un non retentissant…

À ce sujet l’article du R.IS.A.L. relate :

‹‹Le pays sort du “ default ” et la situation redevient gérable, sa dette ne représentant “ plus que ” 72 % du produit intérieur brut (113% avant la restructuration).

Rappelons-ici que la dette actuelle de l’argentine est de 191 milliards de dollars. Quand nous aurons fait le partage de la dette fédérale, le Québec indépendant héritera d’une dette qui frisera les 300 milliards de dollars si l’on inclus, les dettes des sociétés d’États, de la Santé et de l’Éducation. Comme je le disais dans la première lettre, quelle belle façon de faire notre entrée dans le concert des Nations.

En terminant M. Tremblay je vous laisse avec ce tableau qui montre le PIB par habitant de quelques pays incluant le Québec encore province… Je ne suis pas convaincu que nous conserverons cette performance bien longtemps après un OUI.


Pays ¤ Taux PIB/habitant Ratio Pop.
Euro dollars Can dette/PIB
Luxembourg 46,300 1.52704 70,702 $
Norvège 42,800 1.52704 65,357 $
Suisse 39,700 1.52704 60,623 $
États-Unis 34,100 1.52704 52,072 $
Danemark 33,500 1.52704 51,156 $
Islande 31,800 1.52704 48,560 $
Japon 30,600 1.52704 46,727 $
Suède 29,400 1.52704 44,895 $
Irlande 28,200 1.52704 43,063 $
Royaume-Uni 27,900 1.52704 42,604 $
Finlande 27,000 1.52704 41,230 $
Autriche 26,600 1.52704 40,619 $
Pays-Bas 26,100 1.52704 39,856 $
Allemagne 24,800 1.52704 37,871 $
Canada 23,400 1.52704 35,733 $



Plusieurs pays indépendants et la majorité des États Américains se retrouvent
avant le Québec


Québec dans le Canada 22,171 1.527 33,856 $ 7,500,000
Québec indépendant ? 1.527 ? 90%
Argentine 3,060 1.527 4,673 $ 70% 38,200,000
Turquie 3,090 1.527 4,719 $ 71,000,000
Source : http://villemin.gerard.free.fr/Economie/PIB2004.htm




En fait il existe de multiples chances de faire du Québec une société prospère. Mais dans le contexte actuel les Québécois ne doivent pas prendre le risque de tomber dans le piège de la sirène indépendantiste car le réveil sera très brutal pour notre économie

Marc Pettersen
Géographe, Spécialiste en développement régional
Actualiteregionale@videotron.ca

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