«SOS...SOS» - Quai d'escale pour les bateaux de croisières
Projet à la dérive
2006-12-06 18:58 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / -
12, 13 et 14 avril 2002 : consultation publique sur le nom à donner à la nouvelle ville fusionnée.
12 février 2003 : Ville de Saguenay songe sérieusement à organiser un référendum concernant l'Approche commune.
Mai 2004 : signatures d'un registre portant sur la défusion de Ville de Saguenay au coût de 250 000 $
6 mai 2005 : référendum régional sur les redevances des ressources naturelles.
1er novembre 2006 : l'historien Gérard Bouchard exige un référendum sur la question du monument Price.
28 novembre 2006 : le maire Jean Tremblay se dit prêt à aller en référendum relativement au quai d'escale pour les bateaux de croisières.
Tout le monde s'est donné le mot pour utiliser ces outils légaux afin de régulariser des situations conflictuelles.En dépit des coûts élevés reliés à ces exercices, il demeure qu'ils sont essentiels lorsque l'enjeu est majeur. Et le projet des bateaux de croisières en fait partie tenant compte de l'impact financier.
Le projet du quai d'escale est louable en soi puisque pavé de bonnes intentions. Personne en doute. Il souffre toutefois d'anomalies telles que: coûts trop élevés et variables selon le temps, présentation publique mal ficelée, acquisitions injustifiées et traitement trop rapide. On inonde la population de statistiques en provenance de diverses sources mais il faut savoir les interpréter correctement car l'on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres. Les élus(es) en sont de véritables spécialistes. Chose certaine, les retombées économiques seront assurément moindres que celles annoncées. Il y a tellement d'exemples qui viennent appuyer cette affirmation. Il importe donc de refaire une réflexion en tenant compte des facteurs suivants:
- variation météorologique: il pleut et il vente régulièrement au cours de cette saison touristique. De quoi
décourager le plus téméraire des touristes.
- le peu de diversification d'attraits touristiques valables pour les croisiéristes: malgré les beautés saisis-
santes de notre région, nous ne sommes pas Québec, ni Montréal ou Vancouver et encore moins une station
balnéaire en Méditerranée. On peut être à la fois chauvin et réaliste.
- l'étendue de notre territoire régional: le distances élevées entre les divers attraits touristiques causeront
de réels problèmes de logistique à ceux qui auront comme mandat de préparer les circuits. Les escales
s'appuient sur une discipline très stricte laissant ainsi peu de temps aux touristes pour visiter les secteurs
proposés.
- concurrence provinciale et mondiale: nombre de municipalités ont un intérêt nouveau ou croissant vis-à-vis
les bateaux de croisières. Les propriétaires de ces hôtels flottants ne pourront satisfaire tous et chacun
même si le nombre de bateaux en construction est en forte progression (mais pour combien de temps?).
À regarder agir les élus des municipalités ayant les capacités physiques pour accueillir ces bateaux, on a
la nette impression d'assister à l'apparition du syndrome de la cabane à patates frites.
Plusieurs personnes, en faveur ou non à l'égard du projet, ont écrit sur le sujet. Et c'est tant mieux car toutes ces prises de position ne peuvent que bonifier le débat en autant que tous aient la sagesse de bien comprendre les points de vue divergents. Il y a une part de vérité dans tout commentaire. Il faut simplement savoir en profiter.
Les élus de Saguenay et les responsables de Promotion Saguenay n'appliquent pas cette règle élémentaire. Ils donnent de plus l'impression d'avoir les doigts pris dans l'engrenage sans savoir comment s'en sortir. ( Ils auraient déjà trouvé la solution s'ils étaient dans l'entreprise privée). Revenir en arrière est bien souvent signe d'intelligence.
Jean Tremblay et son équipe semblent paniquer. Le maire menace ceux qui oseraient signer les registres pour la tenue d'un référendum. Il clame qu'ils seront responsables d'une dépense de 800 000 $ servant à instaurer cette procédure qu'il dit "inutile". On inonde les journaux locaux d'articles relatant diverses données statistiques et financières afin d'essayer de convaincre la population de ne pas signer les registres. Qu'en sera-t-il la semaine prochaine? Cette façon d'agir me rappelle étrangement les stratégies utilisées par les élus de Saguenay en 2004 afin de convaincre les gens de ne pas défusionner. Campagne de peur? La question est posée.
Comme Réjean Laforest perce des dents lorsque l'on parle de référendum et/ou de registre, (voir article dans le Quotidien du 2 novembre dernier), je voudrais lui rappeler que les élus(es) municipaux sont nos employés et qu'à ce titre ils doivent se comporter correctement. Il n'est pas question ici que les citoyens se mêlent de tout et de rien. J'en conviens parfaitement. Mais lorsqu'un dossier occupe une place aussi importante et qu'il nécessite des investissements majeurs, je crois qu'il est le devoir de tout contribuable de suivre le dossier de près et de s'impliquer lorsqu'il y a dérapage comme c'est le cas actuellement. Les élus(es) doivent être rappelés à l'ordre lorsque nécessaire. Et ce n'est pas un crime. Combien de fois a-t-on entendu lors de la période précédant la tenue d'élections municipales, ''que le citoyen doit absolument s'impliquer à la chose municipale''. Même le ministère des Affaires municipales et des Régions prône cette idéologie. Et bien c'est ce qu'on fait. Peut-on nous blâmer?
Que dire maintenant du fait que la signature des registres ne se tiendra que dans un seul arrondissement, soit celui de La Baie. Un vrai scandale. Certes l'article 535 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités autorise cette façon de faire. Il existe malheureusement un trou dans cette loi et les élus(es) le savent très bien. Même si c'est légal, on peut sans crainte affirmer que c'est totalement immoral. Et que l'on vienne surtout pas essayer de nous convaincre qu'en agissant ainsi on réduit les coûts pour le bénéfice des citoyens. On veut tout simplement museler la majorité des gens qui souhaitent signer ces registres. C'est l'unique raison.
Maintenant quelques mots sur la saga relative au règlement d'emprunt. Comme il est dans l'esprit des lois municipales que le montant d'un règlement d'emprunt soit identique au coût total des dépenses estimées du projet, il va de soi que le règlement prévu par les élus de Saguenay au montant de 11,2 millions de dollars est illégal. Et le fait que des subventions gouvernementales soient prévues au financement du projet ne donne aucunement le droit aux élus de réduire le montant global du règlement d'emprunt à celui de la quote-part que devrait assumer la municipalité car les subventions ne sont pas confirmées en date d'aujourd'hui.
Finalement, même si le développement économique constitue un élément des plus essentiel pour une région, soyons vigilants et gardons à l'esprit que beaucoup de choses ne sont qu'une mode. Ne pensons qu'aux centres de ski et arénas si largement subventionnés. Plusieurs de ces équipements subissent des variations de fréquentations importantes qui affectent constamment leur seuil de rentabilité. Est-ce que nous ajouterons bientôt à cette liste les terrains de soccer, les marinas et pourquoi pas les quais d'escale pour les bateaux de croisières. Qu'arrivera-t-il si les propriétaires de ces bateaux décident que tel secteur n'est plus rentable/vendable? Ils se fouteront totalement des investissements effectués et du désarroi causé à la population. Ces propriétaires, contrairement aux élus, ont une forte tendance à écouter les commentaires émis par leurs clientèles. Ils ne veulent que rentabiliser leurs investissements.
J'invite donc la population à se déplacer afin de signer massivement le ou les registres non pas pour rejeter le projet mais pour signaler à nos élus(es) que nous voulons un projet réaliste, à la grandeur de nos capacités financières et de nos attraits touristiques. Les sommes économisées pourront ainsi être investies dans différents secteurs de la municipalité. Il suffit d'un tour de ville pour se convaincre. Et tant mieux si ce projet de société est rentable. Il sera toujours possible d'investir à nouveau le moment venu.