Lettre d'un ancien Canadien-Français déçu et plus très jeune ou réaction d'un Québécois réaliste et encore vert.
Pour certains, la simple reconnaissance par le Parlement canadien par le biais d'une triste motion...
2006-12-05 06:41 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Pour certains, la simple reconnaissance par le Parlement canadien par le biais d'une triste motion présentée à l’aube d'une élection m'apparaît bien peu en comparaison des grands consensus québécois qu'ont été les commissions Bélanger-Campeau (forums non-partisants) et Allaire (exercice similaire mais réalisé par le PLQ alors au pouvoir). Même le père de M. Dion avait conclu à l’impossibilité d’une reconnaissance du Québec «qui veut dire quelque chose» par l’ensemble canadien suite à la mort de Meech.
Bien sûr, en tant que nouveau chantre du fédéralisme «coute-que-coute», M. Stéphane Dion n'a jamais fait grand cas de ce qui était pour lui du « chialage » d'enfant gâté. Son ancien chef, Jean Chrétien préférait pour ça part dire que les revendications autonomistes du Québec se résumaient au seul désir de quelques-uns à rouler «avec des « flags sur le hood». Il semble donc que le «signifiant» soit pareil, seul le niveau de scolarité et le niveau de langage ont changé par delà les chefs. En gros, pour le nouveau chef du PLC, même «Meech le Maigre» (un minimum en vue d'une reconnaissance du fait québécois) constitue une entrave inadmissible au rêve canadien. Rêve qui n’existe que dans la tête de quelques théoriciens constitutionalistes que les différents gouvernements ont engraissé au cours des 40 dernières années.
Comme il l’a toujours été depuis la Conquête, le désir de voir le Canada comme un beau grand pays fondé par deux peuples est toujours venu du camp «canadien-français» et n’a jamais peuplé que l’imaginaire de ceux-ci. Allez à Toronto et demandez à un passant s’il y a une différence entre les Québécois et les autres immigrants au Canada et vous verrez bien qu’en dehors des campagnes référendaires serrées et des chairs d’université, il y a pas grand monde chez nos «frères» canadiens qui veulent nous reconnaître le droit d’être cités comme étant «distincts», «particuliers» et même encore bien moins que ça.
Pour plusieurs, même ici au Québec, pourvus que l’économie aille bien pas question de sacrifier la sécurité à la culture et à l’épanouissement de celle-ci. Pour eux, l’adoption de la motion sur la nation québécoise est une reconnaissance suffisante, moins que ça encore aurait sans doute été correct de toute façon. Pour ces derniers je serais tenté de traduire comme suit une expression jadis chère aux Étatsuniens : Celui qui sacrifie sa liberté à sa sécurité n’est digne de ni l’une ni l’autre.
Mais ceux qui mettent en pratique la devise de nos plaques d’autos, savent très bien que trop de paroles se sont envolées par delà les élections et que nous aimerions bien que la spécificité québécoise soit inscrite ailleurs que sur une serviette de table afin de mettre cette reconnaissance à l’abri des humeurs du temps.
N’en déplaise à ceux qui tombent en pamoison pour leur nouveau chef, je sais très bien que les Québécois (qu’ils soient de «souche» ou «néo», on s’en tape!) qui préfèrent être «Québécois d’abord et Canadiens ensuite», ne doivent rien attendre de concret de M. Dion. Son discours d’après victoire est très clair pour illustrer sa vision du Canada. N’a-t-il pas affirmé que «même en parlant anglais avec un accent français, on pouvait réussir au Canada»!!! Wow, vite retroussons nos manches et mettons nous à l’anglais intensif afin de saisir ce projet de société au vol et dans la langue de Shakespear à par ça ; une vraie réussite à la Michael Jean quoi!!!
On est bien loin des revendications traditionnelles du Québec, les gens de bonne foi en conviendront inévitablement.