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Mourir d’une infection qui aurait pu être traitée par une orchidée…

Dans l’éditorial du journal « Le Quotidien » de mercredi dernier, Carol Néron tente de nous convaincre que les élus...
2006-12-03 08:18 - Commentaire d'opinion

Dans l’éditorial du journal « Le Quotidien » de mercredi dernier, Carol Néron tente de nous convaincre que les élus doivent faire un choix entre les orchidées et la vie des citoyens de Saint-Henri-de-Taillon. Hélas M. Néron, comme cela semble la norme dans « Le Quotidien », associe les groupes de citoyens soucieux de préserver leur environnement à des religieux et leurs arguments à des dogmes. Il tente ainsi de discréditer les citoyens qui prennent part au débat public en tentant de bonifier un projet important, celui de fournir une eau potable aux Henriçois et Henriçoises.

M. Néron erre quand il prétend que les environnementalistes gangrènent le développement des collectivités. Les groupes d’opposition prennent la voix des médias quand les promoteurs refusent de répondre de manière satisfaisante aux préoccupations des citoyens. Si la firme d’ingénieurs avait tenu compte des recommandations des environnementalistes (qu’ils possédaient avant d’entreprendre leurs travaux) dans l’élaboration du tracé de la conduite d’eau potable, on aurait appelé cela de la concertation. Hélas, dans plusieurs cas, on doit utiliser la confrontation. Il semble que cela soit nécessaire car les promoteurs de projets n’ont souvent comme seul objectif la réduction de leurs coûts en négligeant de considérer les impacts directs ou indirects sur les collectivités.

Donnons ensuite le crédit à M. Néron qui constate que les opposants au projet sont inconnus et en nombre inexact. C’est une constatation importante puisque justement, il n’y a pas d’opposants au projet. Élus, éditorialistes et citoyens, tout le monde comprend qu’il est impératif de fournir une eau de qualité aux résidents de Saint-Henri-de-Taillon. Il faut donc indiquer que les environnementalistes ne s’opposent pas au projet, mais proposent simplement d’éviter une zone sensible, un milieu humide, pour passer la conduite d’eau. Soulignons que la protection des milieux humides n’est pas une préoccupation nouvelle ou un prétexte pour bloquer tout développement. Ces milieux présentent effectivement un intérêt particulier par leur richesse en biodiversité ainsi que par le rôle unique qu’ils remplissent dans notre environnement.

Rappelons que la protection de la biodiversité relève maintenant d’arguments basés sur des faits observables et répétables, ce qui n’a rien de religieux. On peut invoquer plusieurs raisons pour la protection d’un habitat. Certains ont une valeur économique pour les caractéristiques génétiques de leur faune et leur flore. La truite de la Rupert, qui pourrait être utilisée pour relancer l’industrie de l’aquaculture au Québec, est un exemple de cette valeur économique. Il est aussi possible de considérer la biodiversité comme un laboratoire qui produit des composés biochimiques d’une grande valeur. Les ventes de produits chimiques dérivés de plantes représentent un marché mondial de 40 milliards de dollars par année. Finalement, sous l’angle de la santé publique, les milieux humides jouent aussi un rôle de contrôle de la pollution en retirant des substances toxiques de l’eau, de l’air ou des sols.

En résumé, nous croyons que M. Néron a fait mauvais usage de son pouvoir d’influence en faisant croire à ses lecteurs que la vie des Henriçoises et des Henriçois est mise en danger par les demandes du porte-parole du Conseil Régional de l’Environnement. Tout projet mérite d’être bonifié au cours d’un processus de consultation. Il est aujourd’hui bien compris que pour qu’un projet se réalise, il doit être acceptable du point de vue économique, social et environnemental. Il est navrant qu’un éditorialiste invoque la théorie du complot en spéculant que tous les urbanistes, les internautes ou les ornithologues font partie d’une secte qui refuse d’adhérer au progrès de l’humanité. Rappelons simplement que c’est la biodiversité qui nous a fourni la pénicilline -un champignon- pour lutter contre les infections, le Taxol -extrait d’un arbuste, l’if du Canada- pour lutter contre le cancer du sein, ou même l’aspirine –extrait du saule- pour lutter contre les maux de tête qui apparaissent parfois lors de la lecture de certains éditoriaux.

Martin Bertrand, M.Sc. Biologiste,
Grégoire Martin, Ph.D. Mathématicien
Jean-François Lambert, M.Sc. Biologiste
Cégep de Jonquière

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Source : Martin Bertrand, Alma, 668-1508
Grégroire Martin, Alma,
Jean-François Lambert, Alma,

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