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Réaction à l'article: FIERs : peut-on se fier ? - Par Denise Turcotte

L’arroseur arrosé ou le F.I.E.R. régional versus le fonds d’investissement ‹‹péquiste›› de 2002
2006-11-27 07:54 - Commentaire d'opinion

On note sur ce graphique que la tranche d’âge en âge de se reproduire décroît constamment au point qu’en 2026, la tranche d’âge la plus importante dans la région sera constituée des personnes de 65 ans et plus. À l’époque du somme des régions ces faits étaient connus mais les mauvais choix ont été fait pour remédier à la situation
On note sur ce graphique que la tranche d’âge en âge de se reproduire décroît constamment au point qu’en 2026, la tranche d’âge la plus importante dans la région sera constituée des personnes de 65 ans et plus. À l’époque du somme des régions ces faits étaient connus mais les mauvais choix ont été fait pour remédier à la situation

- / LBR.ca / - En réponse au document fleuve de madame Denise Turcotte et de son groupe du blogue de l’Oiseau Mouche, il convient de faire quelques mises au point concernant leurs affirmations. D‘entrée de jeu, j’admets qu’il y ait un questionnement à apporter en rapport avec le fonctionnement du F.I.E.R. régional et c’est parfaitement normal. Cependant je trouve qu’elle oublie de dire que le Fonds d’Investissement Régional (F.I.R.) dont elle vante les qualités et qui était issu du sommet péquiste des régions de novembre 2002, aurait provoqué beaucoup plus de questionnement si par malheur il avait vu le jour. Il faut donc analyser ce qu’était ce fameux fonds.

En gros, le gouvernement péquiste avait réuni toutes les délégations régionales à une grande messe mettant en scène le Premier ministre d’alors Bernard Landry et son ministre des régions Rémi Trudel. Dans notre région, un comité formé de 18 représentants régionaux en majorité très près du gouvernement péquiste avait la tâche de proposer des avenues de solution en ce qui regarde le développement de notre région. Entre autres propositions, il y avait la création d’un fonds régional autonome, privé et à but lucratif spécialisé dans le démarrage et la croissance d’entreprises structurantes.

À propos de la justification de ce fonds, les représentants présents au sommet des régions disaient : ‹‹ Une économie qui doit se renforcer de façon majeure››

Les moyens proposés par la délégation régionale pour créer ce fond étaient de trouver les partenaires suivants :

Fonds publics du Québec : 33 %
Fonds publics fédéraux : 33 %
Fonds d’origine régionale (municipalité et fonds de pension des travailleurs) : 33 %

On disait également que la région était prête à fournir 33 % des fonds requis. Selon les dires du CRCD, la région était prête à investir la moitié des fonds nécessaires soit 75 millions de dollars pour les municipalités et 75 millions de la part des travailleurs alors que le CRCD n’avait même pas daigné inviter le maire Jean Tremblay au sommet des régions alors qu’il représentait la moitié de la population régionale…

Le but avoué était donc celui-ci pour la création du fonds régional d’investissement au Sommet des régions péquistes de novembre 2002. Rappelons que le fonds de 450 millions de dollars prévu était privé. Ce qui amène le questionnement suivant :

1- 66 % des 430 millions $ visés devait être des fonds publics qu’on privatisait, échappant ainsi au contrôle des institutions publiques. 33 % émanerait de l’appropriation privée d’une partie des fonds de pension des travailleurs de la région, sans le consentement exprès de ceux-ci.
2- La privatisation des fonds de pension à des fins d’investissement à risque élevé est un incitatif potentiel à l’exode des travailleurs dont le fonds est ainsi accaparé par des intérêts privés sur lesquels ces travailleurs n’ont aucun contrôle. Le gouvernement péquiste de l’époque nous aurait alors refilé ainsi sa note pour payer 30 ans d’incurie des pouvoirs publics en matière de développement régional.
3- Un fonds d’investissement privé ne pouvait corriger la situation économique régionale à lui seul. Surtout dans le contexte où l’État maintient une redistribution inégalitaire des fonds publics.
4- Une structure privée non imputable auprès de la population était responsable de ‹‹relancer›› l’économie régionale. De la sorte, on avait absout les pouvoirs publics (le gouvernement de l’époque de Bernard Landry) de leur responsabilité fondamentale à l’endroit des populations régionales.
5- On devrait dire ‹‹bénéficiaire›› plutôt que ‹‹responsable›› car aucun mécanisme de reddition de compte n’existe à l’endroit des bailleurs de fonds, les contribuables. Alors on voit bien que la manœuvre péquiste à l’occasion du sommet des régions de 2002 était de privatiser des fonds publics au bénéfice d’on ne sait qui. Mais gageons que cela aurait été des intervenants proches de la machine péquiste qui aurait eu à gérer ce fond.

Enfin la création d’un tel fonds permettait selon les dires des représentants de la délégation régionale de maintenir le poids démographique de la région par rapport au Québec. Pourtant Dans votre lettre dénonçant le F.I.E.R. régional vous avouez que pour créer un emploi industriel il faut un minimum de 3 millions de dollars. Avec le fonds péquiste proposé en 2002 vous n’auriez donc, si l’on suit votre raisonnement, réussi qu’à créer 150 emplois industriels directs. Ajoutons 400 à 500 emplois indirects, le fond péquiste aurait tout juste réussi à créer 500 à 600 emplois ce qui aurait théoriquement permis de faire vivre 500 à 600 familles à 4 membres par famille en moyenne, cela aurait fait vivre 2000 personnes pour la durée totale de la survie du fonds d’investissement régional péquiste ce qui aurait été parfaitement irréaliste en rapport avec l’annonce ronflante de la délégation régionale.

Pourtant avec ce plan sorti d’on ne sait où, (peut-être de la planète mars) la délégation disait être en mesure de ramener la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean à 5 % du Québec. La cible étant d’atteindre 376,873 habitants d’ici 2016. Ce but est la raison d’être de la création du fonds régional d’investissement. De 278,259 personnes, soit 3,84% de la population du Québec, la région devrait passer en 2016 à 376,873 : un accroissement de 98,594 personnes en 15 ans pourtant :

Entre 1971 et 1996, la région est passée de 265,885 à 286,640 : un accroissement de 20,755 personnes en 25 ans, soit un rendement annuel de 830 personnes nouvelles.
Pour atteindre la cible proposée lors de la grande messe péquiste de novembre 2002, le rendement annuel, d’ici 2016, devrait être de 6,573 personnes par année soit 7,9 fois le rendement annuel qui a prévalu entre 1971 et 1996.

Ce résultat cible et franchement irréaliste, destiné surtout à des fins électoralistes de la part des intervenants au sommet en majorité des ténors péquistes, devrait se réaliser malgré les réalités suivantes :

1- Entre 1981 et 2001, le nombre de naissance a connu une diminution annuelle moyenne de 705 bébés au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
2- Entre 1981 et 2001, le groupe d’âge où se produit la majeure partie de la mortalité, les 65 ans et plus, augmente en moyenne de 784 / an au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
3- Actuellement en 2006 la production de naissances sera très bientôt inférieure à la production de morts, ce qui signifie que l’accroissement ciblé par les intervenants du sommet des régions ne pourra se faire par remplacement naturel.
4- Il faudra donc miser sur l’immigration inter-provinciale et internationale. Or :
5- Le bilan migratoire interprovincial du Québec a été déficitaire à chacune des années, au cours des 34 dernières années. (nous sommes en 2006)
6- Il faudrait donc miser sur l’immigration internationale. Or, le Québec ne réussit à attirer que 16,4% de l’immigration canadienne, soit 26,615 personnes par an.
7- La proposition du CRCD en 202 devrait donc se traduire par la venue permanente dans la région d’une part qui correspond au quart de toute l’immigration québécoise (24,7%)… soit 6,573 immigrants sur les 26,615 qui entrent annuellement en moyenne au Québec.
8- C’est une révolution démographique projetée, dans un contexte où notre capacité de reproduction naturelle a été lourdement hypothéquée. Reste la possibilité de multiplier le taux de natalité … Or bien que les femmes en âge d’avoir des enfants de la région soit parmi celles où il y a le plus de naissance, c’est cette tranche d’âge qui justement décroît le plus. Voir le tableau ci-dessous.

En conclusion il est clair que le F.I.E.R. régional ne constitue pas une panacée pour la région cependant il faut bien admettre que ce qui avait été mis sur la table lors du sommet des petits amis péquistes au sommet de 2002 était parfaitement irréaliste, électoraliste et n’aurait en aucun temps réussi à atteindre les cibles proposées. De plus, la privatisation de 450 millions de dollars aurait sans doute été mise entre les mains de la ‹‹péquisterie régionale››. Finalement vous laissez entendre dans votre document fleuve qu’en 2002 la région avait une entente ferme et que le fonds de 450 millions existait ce qui est complètement faux puisque le gouvernement fédéral n’a jamais embarqué dans votre aventure car il s’objectait à la privatisation de fonds publics qui se seraient retrouvés sans contrôle de l’État et donc des contribuables . Curieusement vous reprochez au F.I.E.R. de privatiser 10 millions de dollars d’argent public alors que vous proposiez avec votre fonds concocté en novembre 2002 la privatisation de 450 millions de dollars d’argent public et d’argent appartenant aux fonds de pension des travailleurs ainsi qu’aux municipalités. Pour bien comprendre une problématique il faut montrer les deux côtés de la médaille et comme on dit souvent : l’arroseur est arrosé, Vous auriez dû en communicateur averti montrer que de votre côté il existe des zones très grises qui doivent faire l’objet d’un questionnement; je pense ici au fonds jeunesse que le gouvernement péquiste a mis en branle en 2001 et qui n’a vraisemblablement pas été investi judicieusement… À suivre…

Marc Pettersen
Géographe, spécialiste en développement régional

Citoyen de Chicoutimi
Actualiteregionale@videotron.ca

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