- / LBR.ca / - Vendredi en après-midi en séance spéciale, le maire Jean Tremblay demandera au conseil municipal de Saguenay d’entériner une résolution autorisant un emprunt de près de $34 millions et le début des travaux d’aménagement du port d’escale à La Baie.
Si la démocratie a encore un sens et la politique un minimum de bon sens, ce coup de force doit être bloqué par les élus du conseil municipal. L’état actuel du dossier des croisières contredit totalement cette tactique précipitée. Les coûts associés à ce projet techniquement périlleux sont encore mal évalués. Des audiences publiques devront inévitablement être tenues et prises en compte dans l’échéancier et la configuration du projet. L’appui financier des gouvernements québécois et canadien est encore hypothétique et imprécis. Donner le feu vert aux travaux et engager autant d’argent public relève d’une irresponsabilité que rien ne justifie, surtout pas le désir obsessionnel du maire de foncer vers l’automne 2007.
En fait, Jean Tremblay joue au poker avec notre argent, en endettant la ville pour financer le jeu, sa mise et celle des autres joueurs, sans savoir quel sera le montant de la cagnotte. Sans compter que l’emprunt de $34 millions resserrerait lourdement la marge de manœuvre municipale pour le financement d’autres besoins cruciaux, dont les infrastructures municipales et les services directs aux citoyens. Le conseil municipal doit faire preuve de courage et ne pas donner le feu vert à cette manœuvre insensée.
Sinon, il faudra instamment inviter les citoyens à prendre eux-mêmes le relais et bloquer le règlement d’emprunt en temps opportun. Au nom de la démocratie et du bien public, il est temps de remettre la charrue derrière les bœufs pour reprendre le contrôle de ce projet collectif.