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Prôner un clivage social accentué et courir au suicide d’une société

Alors que l’on souligne la Journée Mondiale du Refus de la Misère reconnue par l’ONU elle-même, l’Après-Rupture s’acharne sur les groupes de luttes à la pauvreté.
2006-10-18 12:28 - Commentaire d'opinion

Jonquière, le 18 octobre 2006 – / LBR.ca / - C’est avec consternation que j’ai pris connaissance du texte de l’équipe de l’Après-Rupture paru dans Le Bulletin Régional Saguenay-Lac-Saint-Jean cette semaine, commentaire daté du 17 octobre 2006.

Dans ce texte, l’Après-Rupture décrie les propos de madame Michèle Asselin de la Fédération des femmes du Québec à l’occasion de la Journée Mondiale du Refus de la Misère, les taxant de « misérabilistes ». Poussant plus loin le sarcasme, il suggère qu’elle demandera éventuellement un voyage annuel gratuit à Cuba au frais de l’État pour tous les Québécois. (Pour rester dans l’ironie, l’idée n’est pas si bête peut-être que ça permettrait à certain de constater que l’on peut survivre sans copier les politiques néfastes des Etats-Unis).

Puis, vient une diatribe où les organismes à vocations sociale (communautaires) sont traînés dans la boue, accusés de « siphonner » les contribuables au-delà de 600 millions.

Ce qu’on oublie (volontairement?) de mentionner, c’est que le coût qu’engendrait l’inexistence de ces organismes irait bien au-delà de 600 millions.

Ce que l’on oublie de mentionner, aussi, c’est le nombre d’emplois créés par ses mêmes organismes; des emplois – n’en déplaise à ces messieurs de l’Après-Rupture – rémunérés bien en dessous de la valeur réelle des compétences déployées et des plus précaires par des travailleurs et des travailleuses se levant, AUSSI, le matin pour aller gagner leur croûte et soucieux et soucieuses d’assurer à ceux qui ne le peuvent pas des conditions de vie meilleures. Faut-il rappeler qu’on ne choisit pas sciemment d’être pauvre?

Ce que l’on oublie de mentionner, encore, c’est que ces organismes doivent rendre compte de leurs activités aux divers ministères auxquels ils sont attachés… Des ministères ayant des critères de financement bien définis auxquels on ne peut déroger.

Quant à la pension alimentaire, faut-il rappeler qu’il s’agit là d’un devoir parental visant à assurer le bien-être des enfants? À ce compte, comptabilisons aussi comme revenu pour l’ex-conjoint tout le travail effectué auprès des enfants par le parent ayant la garde! Et en complément d’information de la tirade sur les heures travaillées, rappelons qu’une majorité des emplois précaires à temps partiel, occasionnel et sur appel sont occupés par des femmes et qu’un coup revenues du boulot, elles doivent assumer tout un travail invisible non-rémunéré mais tout aussi prenant et important pour la société.

Exiger de l’État qu’il mette de l’avant des politiques de clivage accentué de la société c’est courir au suicide sociétal. Par les temps qui courent, la traversée se fait de plus en plus souvent et rapidement de l’état de travailleur à celui de sans emploi. Ce qu’il faut réclamer, plutôt, à nos dirigeants c’est une juste utilisation de ces taxes et ces impôts (que je paie aussi) dans une vision à long terme profitable pour l’ensemble de la société et non dans une vision courte ne voyant que la notion de profit!

Dominik Villeneuve
MÉPAC Saguenay-Lac-Saint-Jean-Chibougamau-Chapais
Citoyenne payeuse de taxes et impôts

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