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L’avenir du Parti Vision Nouvelle

Un commentaire de Laval Gagnon de Saguenay
2006-09-07 15:45 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - Le Parti Vision Nouvelle va-t-il et doit-il survivre ? Y a-t-il place pour un parti politique municipal ? Quelqu’un, à la tête ou non d’un parti, pourra-t-il déloger Jean Tremblay de la mairie de Saguenay ?

Plusieurs mois après la réélection de Jean Tremblay il était temps que le débat public reprenne. Certes il fallait donner au PVN, ses organisateurs, partisans et candidats le temps de digérer la défaite qui fut sévère, et en conséquence le débat public devait être mis en sourdine. Mais comme premier chef du parti, je m’interroge sur les leçons que des militants du PVN semblent avoir tirées de l’expérience des dernières élections et des décisions que certains d’entre eux ont prises depuis ce temps.

Quelque temps avant l’assemblée annuelle en mai dernier, le président du PVN remettait sa démission en laissant savoir son insatisfaction envers le leadership de Mireille Jean. Pourtant, lors de l’assemblée du parti, lui et ses sympathisants sont demeurés inexplicablement silencieux sur cette question. Ils sont aussi demeurés muets sur les nécessaires débats que la situation postélectorale du PVN soulevait, tout comme d’ailleurs la chef Mireille Jean, qui visiblement ne voulait pas de discussion. Depuis ce temps, Guy Bouchard a remis publiquement en question la pertinence d’un parti politique au niveau municipal, alors Mireille Jean s’est retranchée dans un mutisme inquiétant et une absence improductive de la scène politique municipale.

Certes la formation d’un parti politique et sa transformation en force électorale à moins d’un an des élections était un défi énorme. Il faut aussi rappeler que Mireille Jean a été élue officiellement comme chef à peine quelques mois avant les élections. Il y a eu des lacunes dans l’organisation et la mobilisation, de mauvais choix stratégiques, des erreurs tactiques, tout le monde le reconnaît. Mais dans les circonstances, les résultats en termes de votes légitimaient amplement la poursuite du mandat du PVN, avec ses 1,000 membres, ses structures démocratiques, ses orientations politiques, son programme. Le travail de consolidation et de mobilisation pouvait et devait se poursuivre, l’assemblée générale étant alors l’occasion de relancer l’action. Le rendez-vous a été raté. Quelques mois plus tard, le PVN se retrouve en profonde anémie, plusieurs de ses militants les plus actifs l’ayant déserté, comme s’il n’avait été qu’une aventure électorale décevante qui remet en question la pertinence du parti politique.

À mon avis, le problème se pose exactement à l’inverse. Au lieu de profiter de la campagne électorale pour mobiliser et renforcer l’organisation, les leaders du PVN ont mis en exergue le parti lui-même et bricolé tant bien que mal une organisation électorale avec les militants disponibles et fait campagne avec les moyens du bord. Avec comme résultat ultime que dans les derniers jours, la structure hiérarchique était fantomatique, le fonctionnement souvent anarchique, on ne savait plus trop qui décidait de la stratégie, des actions politiques, des priorités, de l’affectation des ressources, etc.

Un parti politique est d’abord une organisation démocratique qui véhicule des valeurs sociales, des idéaux sociaux, qui propose une vision collective et un programme politique. Le reste est du militantisme et de l’action politique. Aux élections ce parti se transforme en machine électorale, en adaptant évidemment ses structures et son fonctionnement. Or, dans les mois qui ont précédé la campagne électorale, on a placé en quarantaine le conseil d’administration et les instances du parti sans se rendre compte qu’on évacuait en même temps la cohérence politique du PVN et l’embryon de cohésion qu’avait difficilement acquis l’organisation. La brisure a été d’autant plus forte que plusieurs membres du conseil d’administration, dont le président, ont annoncé et préparé très tôt leur candidature à un poste de conseiller municipal, laissant ainsi une chef inexpérimentée assumer le poids de l’image et de la bataille politique du PVN.

Remettre en question l’existence du PVN en raison d’une stratégie électorale déficiente est une erreur de perspective. La vie démocratique ne se résume pas à des joutes politiques en vue de l’exercice du pouvoir. Les militants du PVN devraient savoir que ce jeu favorise d’abord leurs adversaires politiques.

Y a-t-il malgré tout un avenir pour un parti politique municipal à Saguenay ? Pour le PVN, ou pour tout autre parti ? J’en suis convaincu. À condition qu’on y mette du travail et de la constance pour dégager une perspective politique à long terme, inscrire l’action partisane du PVN dans la durée et amorcer une véritable mobilisation démocratique dans la société civile et les différents quartiers de la ville.

À condition aussi que le parti lui-même veuille bien en débattre. Pour l’heure, il s’agit certainement là de son principal et plus urgent défi. Après coup, il pourra efficacement remettre en question le potentat qui sévit depuis trop longtemps à l’hôtel de ville.

Laval Gagnon
Ex chef provisoire du PVN

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