Manchettes RSS (?)



Favoriser le développement des villes par la migration des étudiants

N’ayant pas complété mon propos d’un récent exposé, dans ce journal...
2006-08-25 06:39 - Commentaire d'opinion

25 août, 2006 - / LBR.ca / - N’ayant pas complété mon propos d’un récent exposé, dans ce journal, concernant l’attribution de subventions par le gouvernement du Canada afin de donner un avantage concurrentiel aux régions du pays, je viens compléter ma réflexion sur le sujet. Les villes dans les régions canadiennes doivent favoriser un développement soutenu et durable des territoires périphériques et ruraux canadiens dans un contexte de concurrence mondiale.

Pendant que la ville de Saguenay et d’autres petites villes canadiennes comme Edmundston au Nouveau-Brunswick connaissent une décroissance de leurs populations, les grandes villes, elles, connaissent une croissance. Comment pouvons-nous sérieusement favoriser l’augmentation de la population des petites villes et ainsi contribuer à une croissance de leurs développements économiques? Je pense que nous pouvons diminuer la décroissance démographique dans les régions rurales par des actions gouvernementales favorisant la migration des étudiants dans nos régions.

La migration des étudiants en régions passe par les universités régionales, alors, il faut que le gouvernement du Canada apporte non seulement des subventions, mais qu’il ajoute des mesures fiscales pour donner un avantage concurrentiel aux régions. Pour leur part, les villes doivent mettre en place des mesures d’encouragements afin d’augmenter leurs populations et ainsi favoriser la croissance économique de leurs milieux.

Exemple, la création d’un programme de bourses pour les étudiants post secondaire migrant dans la ville du Saguenay aurait un effet direct sur la croissance démographie (même si elle serait saisonnière). Par exemple, l’ajout de 1000 étudiants à ses cent cinquante (150) mille citoyens aurait des répercussions économiques intéressantes !

Concrètement, la métropole du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait remettre 1 million de dollars (réparti à raison de 50 % pour l’université et de 50 % pour les cégeps), par année, aux trois fondations des institutions d’enseignement supérieur (UQAC, Cégep de Chicoutimi et de Jonquière) afin que ceux-ci redistribuent l’ensemble des fonds de ce projet pour des bourses aux étudiants de 1res années migrants dans notre région. Est-ce que ce n’est pas donner un avantage concurrentiel à l’une de nos institutions ? Et, la concurrence oblige devant celle de l’UQAM ou de l’Université Laval ! Ne devons-nous pas nous donner un objectif de favoriser la migration de 1000 étudiants par année dans notre région, pourquoi pas?

Mille (1000) nouveaux étudiants avec un budget moyen de 11,100 dollars par an pour le niveau universitaire et 7400 dollars pour le niveau collégial (1) par année sur 3 ans représentent les impacts économiques suivants : une réduction du taux d’inoccupation des loyers, des répercussions économiques directes d’environ 55,5 millions dollars sur 3 ans (27,75 millions pour les premiers milles étudiants, 18,5 millions pour les deuxièmes milles étudiants et 9,25 millions pour les troisièmes milles étudiants), une augmentation du nombre d’élèves et ainsi une augmentation des inscriptions à nos maisons d’enseignement supérieur.

Un seul million par an pour accueillir mille étudiants supplémentaires par année, d’ici trois ans aurait des répercussions financières de plus de 55,5 millions de dollars. Selon moi, c’est une solution beaucoup plus économique que la proposition des bateaux de croisières de ville de La Baie, et plus rentable au niveau de développement durable de notre région. Je ne veux pas dénigrer le projet des croisières qui donnera une certaine notoriété internationale à Saguenay, mais je dois comparer mes idées avec un concept qui a déjà l’appui de plusieurs citoyens. En octobre 2005, la société Daniel Arbour et associé, a présenté un livre blanc (à l’exemple du gouvernement) présentant des dépenses totalisant 44,3 millions de dollars pour l’aménagement et à la construction d’un port d’escale. Les retombées économiques sur une période de 5 ans seraient de l’ordre de 43 millions. Le concept des bourses étudiantes coûterait 5 millions sur une période échelonnée de cinq années et permettrait d’obtenir des retombées économiques de plus de 111 millions de dollars pendant cette même période. Après trois ans d’activités, pour 1000 nouveaux étudiants, nous serions en mesure d’atteindre 27,75 millions de dollars de retour sur notre investissement de trois millions de dollars par année. Par rapport aux bateaux de croisières, c’est un écart financier de 39,3 millions au niveau des dépenses et une différence de 68 millions des revenus pour un projet stratégique favorisant la migration d’étudiants dans la région du Saguenay.

Il faut quand même estimer les impacts indirects de telles mesures. Par exemple, l’UQAC augmenterait ses inscriptions d’étudiants, ainsi il serait sujet à obtenir des subventions supplémentaires qui entraîneraient des investissements en recherche et qui pourraient avoir des répercussions pour le développement de certaines entreprises de notre région. Si une université régionale a plus d’étudiants, elle pourrait augmenter son offre de programmes et ainsi permettre aux jeunes de notre région de demeurer au Saguenay (ou par exemple à Edmundston, NB), au lieu de quitter pour de grandes villes où l’offre de cours est plus importante.

Certes, je propose des idées qui se regroupent autour des établissements d’enseignement supérieur. Mais les ressources que nous développons sont celles qui sont les plus mobiles, flexibles est prêtes à construire un avenir pour nous tous. Oui en effet, l’avenir de nos régions passe par les étudiants qui peuvent par leurs capacités d’être flexibles réorganiser une économie régionale, si on leur donne les outils pour s’établir dans nos régions périphériques et rurales.

(1) FEUQ, revenu moyen brut 2001 selon le sexe, le statut à l’Aide financière aux études et l’ordre d’enseignement

Pierre Martin
Saguenay

Finissant d’un programme pour MBA pour cadre de l’UQAM en extension avec l’UQAC
A été dirigeant de plusieurs PME au Québec et au Nouveau-Brunswick
Membre de l’assemblée des gouverneurs de l’Université du Québec
Vice-président des cercles régionaux des anciens de l’Université d’Ottawa

Réagir à cet article Version imprimable Envoyer à un ami

Pour d'autres informations dans « Opinion du lecteur »...

LBR.ca - Saguenay-Lac-St-Jean - AB

Tous droits réservés © 1996 - 2008 La Firme Inc.