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Les fraises du Québec : équitables ?

Un commentaire de Marc-Alain Marcotte, Hébertville
2006-08-04 10:27 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - En cette bonne saison de récolte de petits fruits, les agriculteurs souhaitent faire des affaires d’or grâce à leurs récoltes. En effet, c’est seulement lors de cette période que la majorité des entrées de profits se font et que les agriculteurs s’enrichissent du mieux qu’ils le peuvent. Le point culminant cette année, comme la plupart de toutes les autres, est sans contredit la récolte des petits fruits, en comparaison avec le foin ou encore les légumes récoltés en serre ou à l’extérieur. Ce qui provoque la forte demande chez les producteurs c’est bien sûr la rareté du produit québécois sur les tablettes des supermarchés. Cependant, les récoltes des mois de juillet, août ou encore septembre subsistent quand même sur les rayons des épiceries par les avantages d’une fraise plus persistante au fil des générations. Les acheteurs sont prêts à payer pour obtenir ces fruits, parfois même en allant jusqu’à un prix exorbitant pour réussir à arracher le fruit.

Toutefois, le fruit si convoité comporte également des côtés moins joyeux pour les travailleurs du milieu. Il existe plusieurs disparités économiques entre les salaires des travailleurs en différents milieux de récoltes. Les honoraires versés aux employés sont très rarement équitables par rapport aux prix auxquels sont vendues les récoltes. Prenons, par exemple, un cas typique où les cultivateurs demandent 8 dollars pour un panier de fraises tandis que pour le cueilleur, cela ne lui rapporterait que 1$ pour chaque panier amassé. Cette paye serait justifiée par des arguments discriminatoires de la part des employeurs, soit par des agriculteurs eux-mêmes qu’ils estiment qu’il leur serait impossible pour eux d’offrir plus. Cependant, le gouvernement québécois présume qu’il n’y aurait qu’un producteur sur quinze qui ne respecterait pas les normes du travail. Actuellement, selon les normes du travail, plusieurs droits sont alloués aux cueilleurs pour qu’ils puissent se défendre lors des injustices faites à ceux-ci. Dans cette optique, le temps qui est alloué aux cueilleurs, lorsqu’il s’agit de se déplacer d’un champ à l’autre ou encore du lieu de stationnement jusqu’au champ doit être ajouté au temps que fera cette personne payée au salaire minimum. De plus, il est d’autant plus important de noter que si l’argent gagné du cueilleur est inférieur à ce qu’il aurait été au salaire minimum, l’employeur ou dans ce cas l’agriculteur devrait payer la différence puisque le cueilleur n’est pas responsable de la quantité de fraise dans les champs.

Un autre élément, tout aussi important à noter, est l’âge des cueilleurs. Fait surprenant, l’âge des travailleurs semble être directement influencé par l’attitude des employeurs dans les diverses relations employeur / employé. Cette influence psychologique peut modifier largement les différentes approches du patron, soit dans la distribution de l’argent pour les travailleurs et aussi dans la perception générale que peuvent avoir les patrons. Devant une discrimination flagrante et des divergences d’opinions de la part des cueilleurs de petits fruits envers les agriculteurs, une question s’impose : est-ce que les fraises sont vendues à un prix équitable? De ce questionnement, une réforme de la structure devient donc une option qui pourrait grandement améliorer les disparités. Souvenons-nous qu’auparavant le Bloc québécois avait entrepris ou du moins établi un plan pour donner un salaire pour le milieu agricole qui correspondrait mieux aux nécessitées actuelles. Ce plan n’avait pas pour but de diminuer la productivité comme l’argumentait le parti contre, mais il prétendait plutôt à donner aux travailleurs une chance plus équitable. L’agriculture est un domaine souvent risqué et aléatoire puisqu’il n’implique pas l’influence de la force comme l’offre et la demande ou encore des compétitions entre entreprises. Ainsi, en étant sans répartition égale par apport aux lisières, il ne peut y avoir d’égalité. Observation étant faite, le principe d’égalité n’existe pas. La discrimination fait également partie des problèmes recensés par la plupart des jeunes. Cette violence psychologique demeure un sujet délicat et subtil à la fois puisque la plupart des cueilleurs des petits fruits occupent un créneau spécifiquement orienté dans la tranche d’âge 10-20 ans.

Marc-Alain Marcotte, Hébertville

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