- / LBR.ca / - Il y a moins d'une semaine que je suis en France et déjà, j'ai la tête pleine d'idées exportables pour le Québec, voire pour la ville de Saguenay. C'est pourquoi, d'ailleurs, j'ai de la difficulté à comprendre des réactions comme celle de la mairesse de Québec, Andrée P. Boucher, qui trouvait inutile et dépensier de se rendre visiter sa ville jumelle, Bordeaux... On aurait cru entendre notre bon maire de Saguenay et son éternel "ça coûte trop cher"... Boucher et Jean Tremblay, même combat?
Qu'y a-t-il de si intéressant en France? Je pense par exemple à ces réflexes de protection de l'environnement ou qui s'inscrivent plus globalement dans une perspective de développement durable : les voitures sont plus économiques, on ménage systématiquement l'utilisation de l'énegie (les lumières, par exemple), le tram est de plus en plus présent dans les villes moyennes comparables à Québec ou même à Saguenay, comme à Bordeaux ou comme ici, à Strasbourg.
Ce qui m'a le plus impressionné (et choqué, sur le coup, j'avoue...), ce sont les autoroutes payantes. Le trajet Paris-Strasbourg (490 km) coûte pas moins de 30 euros, soit environ 50 dollars. A ce compte-là, il ne faut pas s'étonner que les transports en commun et les petites voitures moins consommatrices et moins chères à l'achat soient légion dans l'Hexagone. Pourquoi ne pas ramener les autoroutes payantes au Québec? Voilà un défi qui interpelle le courage politique mais qui amènerait quelques revenus supplémentaires destinés à l'entretien des routes et au financement d'un transport en commun interurbain digne de ce nom sur le territoire. Il s'agit-là d'une application concrète du principe "pollueur-payeur". Au Québec comme en Amérique du Nord en général, c'est plutôt le principe de la "reine-voiture" qui règne...
C'est la même chose avec le coût de l'essence. Ici, il représente plus du double que ce que l'on paie au Québec. Je suis très heureux d'avoir loué cette minuscule Peugeot 107, qui ressemble à quelque chose entre une Smart obèse et une Golf anorexique... C'est parfait, quoi! Et dire que chez nous, on s'excite dès la moindre hausse du coût de l'essence au-delà de 1 dollar. On parle presque de catastrophe nationale! En France, les manchettes télévisées disaient cette semaine que les dernières hausses de l'essence depuis l'an passé avaient fait baisser de 6 % l'utilisation de la voiture. Pas mal, hein? Au Québec, l'essence n'est pas encore assez chère pour arriver à telle conséquence ou changement de comportement.
Dans un autre registre, je me suis promené aujourd'hui sur le site des institutions européennes de Strasbourg, notamment le Conseil de l'Europe et le Parlement européen. Je me suis dit que bien qu'imparfaites, ces instances pouvaient donner une leçon à notre fédéralisme à nous. L'Europe de 25 veut grandir encore, pas à pas. Ces institutions sont toutes nouvelles (moins de 50 ans). Elles interpellent la jeunesse, surtout ici, à Strasbourg. Les jeunes européens veulent construire une Europe qui leur ressemble. N'est-ce pas là un défi grandiose? J'en rêve pour le Québec, pour le Canada, pour ma génération (qui n'est déjà plus si jeune...). Quelle est la grande différence entre le fédéralisme européen et celui tel que pratiqué au Canada? Le fédéralisme européen regroupe des pays SOUVERAINS. Petit message à l'intention des Québecois...
Vous pensez que j'ai une vision idyllique de l'Europe? Je ne crois pas. J'essaie seulement d'aller à l'essentiel en peu de lignes. Mon prochain papier sera plus délicat. Il parlera de la quête identitaire, si essentielle pour les peuples...
Sylvain Gaudreault
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