Les propos avancés par M. Néron, dans son éditorial du Quotidien du mardi 4 juillet 2006, sont, à mon avis, amplement trop optimistes pour concorder avec la réalité. Depuis le début des négociations entre les secteurs patronal et syndical, rien n’était plus prévisible que l’entente acceptée jeudi dernier à si haute échelle.
Les employés des usines Vaudreuil et Arvida, leurs représentants syndicaux et les membres du patronat savaient à quoi s’en tenir pour allonger la survie du Complexe Jonquière : diminution de main d’œuvre, sous-traitance et flexibilité. Je présume qu’il s’agit d’une aberration de présenter la signature d’une nouvelle convention collective comme un coup d’éclat, voire une entente historique.
Il faut noter que d’ici 2012, les « emplois-Alcan » passeront de 1794 à 650, une baisse hautement considérable de près de 65 %. Outre ceux qui seront éliminés, la majorité de ces emplois perdus passeront entre les mains de la sous-traitance, faisant diminuer la masse salariale des emplois desservis à Alcan par des travailleurs de la région de près de 30%. Oui, les travailleurs de l’aluminerie de Jonquière figureront parmi les mieux payés de l’industrie mondiale. Reste que la région paiera cher ces baisses de revenu.
Si l’entente fût acceptée à 91% par les syndiqués, il ne s’agit pas pour autant d’une réussite historique. Pour éviter la mort des installations de Jonquière, le SNEAA n’avait d’autre choix que de faire ces concessions. Il est compréhensible que les travailleurs aient voté, mercredi et jeudi derniers, pour la sécurité d’emplois à l’aluminerie.
Je crois qu’il faut tenir compte du fait que les élus de Jonquière, les ministres Gauthier et Blackburn, aient été à l’écart des négociations entourant la nouvelle convention collective. La population de Jonquière croyait, en Janvier dernier, que le fait d’être représenté par un ministre donnerait des chances à la région. Il faut croire que nous nous sommes leurré. Nous avons deux ministres qui sommes supposés nous servir et, lors de la signature du dernier contrat de travail des employés d’Alcan, la région a souffert terriblement de leur manque respectif de leadership. Nous avions des attentes importantes et le Ministre du Travail ne les a pas rencontrées.
Personne ne devrait soupirer de soulagement, en ce moment. Les emplois sont conservés dans la région, mais à quel prix ?
Jean-Frédérick Gagnon
Jonquière, Québec
jean_frederick1@hotmail.com
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