- / LBR.ca / - Alors que les Libéraux dépassent de quelques points le PQ dans les sondages, le gouvernement fédéral, monsieur Flaherty en tête, tente de faire baisser les enchères sur le règlement du déséquilibre fiscal.
À vrai dire, je présume que M. Charest se retient manifestement de déclencher des élections à l’automne. L’accumulation des bonnes nouvelles (notamment celle sur l’équité salariale), en fin de session et après avoir passé différents projets de loi controversés sous le bâillon, est sans doute responsable de cette remontée libérale dans l’opinion du public.
Or, il est fort peu probable que Jean Charest attende des signes positifs de la part d’Ottawa sur la question du déséquilibre pour déclencher ses élections. L’hésitation actuelle des ministres des Finances Flaherty et Audet ne donne aucun doute à ce sujet.
Le règlement
Ainsi, je présume que, si règlement du déséquilibre fiscal il y a, ce sera quelque chose d’artificiel qui ne modifiera pas énormément de choses pour la population québécoise. On voudra nous faire croire que le problème n’est plus aussi criant que dans les dernières années, que les surplus à Ottawa ne sont plus aussi grands (avec des dépenses de plus de 15 milliards en Défense, pas de quoi s’étonner) ou, encore, que la réduction de 1% de la TPS permet aux provinces d’augmenter leurs propres taxes ou impôts.
D’une façon ou d’une autre, la bataille de fond reste celle entre le fédéralisme et la souveraineté. En accordant aux provinces quelques dizaines de millions de dollars (il ne s’agira pas de milliards, M. Flaherty à été clair à ce sujet), les souverainistes perdent un de leurs outils pour défendre leur cause.
Attendre la régularisation des transferts d’argent demanderait beaucoup trop de temps. Le gouvernement Charest attendait de remonter dans les sondages et, même si le premier ministre disait ne pas vouloir d’élections automnales, il est fort probable que ce sera le cas.
Les souverainistes ne sont pas dans l’impasse
Malgré cette remontée aussi soudaine qu’attendue, si on considère les efforts du gouvernement libéral de terminer sa session par des déclarations positives sur l’équité salariale et les changements climatiques, le Parti Québécois tient toujours le gros bout du bâton.
Tout d’abord, le chef péquiste n’est pas encore entré à l’Assemblée. Tout aussi critiqué qu’il puisse l’être, André Boisclair est un politicien qui a pris, à travers les années, une expérience considérable. Une confrontation politique avec le premier ministre reste pour lui la meilleure façon de marquer des points. À la tête d’un parti recentré plus prêt de la population, les sondages auront tôt fait de replacer le PQ en tête de liste.
Peu importe, les péquistes sont prêts à livrer une bataille électorale, que ce soit à l’automne ou au printemps. Le temps ne leur permet que de parfaire un argumentaire solide pour affronter les troupes (affaiblies) de Jean Charest et celles (inexpérimentées) de Mario Dumont.
Jean-Frédérick Gagnon
Jonquière, Québec
jean_frederick1@hotmail.com
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