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De la Suisse dans les idées…..

Combat de reines en pays démocratique !
2005-02-28 11:28 - Commentaire d'opinion

- / LBR / - Vous connaissez certainement les combats de coqs ou les combats de chiens. Mais savez-vous qu’en Suisse, plus précisément dans le canton du Valais, se déroulent régulièrement des combats ………de vaches. Mais pas n’importe laquelle ; la vache de la race d’hérens. C’est une vache à robe noire, robuste , courte sur pattes et au caractère vif et bagarreur. On compte 13 500 vaches pour 800 éleveurs dans le canton. Par instinct, lorsque deux vaches se rencontrent, elles luttent l’une contre l’autre, cornes contre cornes ou plutôt front contre front. Les blessures sont rares et superficielles (désinfectées au vin rouge local !). La première des deux vaches qui se détourne et s’éloigne a perdu le combat.

Au printemps, après un hiver passé à l’étable, des combats sont organisés en fin de semaine. C’est une tradition et une passion dans cette région. Les organisateurs délimitent une zone d’une surface équivalent à, environ, la moitié d’un stade de foot.

On les identifie grâce à un numéro peint à la craie sur les flancs. Un chiffre romain sur l’arrière indique leur catégorie.

Les vaches sont réparties en 5 catégories :

- génisse ( vache n’ayant pas encore eu de veau)
- vache n’ayant eu qu’un veau
- Les autres sont réparties en 3 catégories d’après le poids (la catégorie la plus prestigieuse est « 600 kg et plus »)

Lors des matchs éliminatoires, de 20 à 30 vaches entrent dans « l’ arène » et choisissent elle-même leurs adversaires. Si une vache refuse ou perd 3 fois un combat, elle est éliminée par le jury (qui compte 7 personnes) et doit sortir. A la fin, les 6 meilleures de chaque catégorie sont qualifiées pour la grande finale cantonale qui a lieu au mois de mai et qui désigne la reine des reines.

Et quels sont les enjeux de ces joutes ? Et bien, chacune des 6 premières reçoivent uniquement une cloche appelée « sonnette ». Par contre, une gagnante peut se négocier assez cher, mais chut…. Là c’est un sujet tabou, mais le prix peut monter jusqu’à 26.000 $. La plupart du temps, l’éleveur est trop attaché à sa vache et refuse de la vendre.

Pendant les 4 mois d’été, la totalité des troupeaux monte à l’alpage (situé entre 1700 et 2500 m) et se nourrit essentiellement d’herbe. Cette race de vaches produit peu de lait mais ce dernier a une haute valeur fromagère et donnera le fameux fromage à raclette. Sur l’alpe, dans un terrain accidenté, les vaches se battent également et font elle-même le classement. La reine de chaque alpage, où sont réunies jusqu’à 200 têtes, est celle qui a vaincu toutes celles qui l’ont défiée et se mettra d’elle-même en tête du troupeau lors de la désalpe.

A la fin de l’été, c’est la désalpe (descente de l’Alpe à la plaine). Un grand combat a lieu dans des arènes romaines. Seules les vaches ayant passé 4 mois sur l’Alpe et étant portantes sont admises à combattre et recevoir le titre de reine des Alpages. Toutes les concurrentes passent une échographie afin de certifier leur état. Là aussi l’enjeu est une « sonnette » mais surtout, le plus important, une immense fièreté pour l’éleveur devant 12000 spectateurs.

Et cette fièreté, pour l’éleveur, vaut tout l’or du monde !

Pierrette Cherpillod
Suisse

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