Dans une société de consommation telle que la nôtre, notre mode de vie est axé sur le travail et la performance, dans le but ultime de pouvoir troquer notre argent contre de la marchandise ou des services. L’occident en entier est tourné vers cet objectif et il est clair que l’ensemble de la planète ne peut se permettre un tel mode de vie. En fait, des études ont démontré qu’il faudrait l’équivalent de huit planètes Terre en ressources naturelles pour être en mesure de satisfaire les besoins des 7 milliards d’individus qui vivraient à un rythme occidental. La réalité est qu’il y a un déséquilibre entre les régions du Nord et du Sud. Ce travail aura pour but de montrer le mode de vie des peuples cubain et dominicain ainsi que les dures réalités qu’ils vivent au quotidien. Derrière le décor des sites hôteliers se cache souvent des gens pauvres vivant dans des conditions exécrables. C’est avec mon expérience vécue sur le terrain que je pourrai livrer un compte rendu juste de la situation, un portrait fidèle de la réalité.
Cuba
Cuba est considéré comme étant un pays pauvre, mais socialement organisé. En effet, le socialisme est le mode de gouvernance pratiqué par le président, Fidel Castro, et celui-ci tend à encourager les mesures sociales dans son pays tels que les services de santé, l’éducation aux niveaux primaire, secondaire et universitaire, l’accès à l’électricité et à l’eau courante, etc. Bien entendu, personne ne vit richement à Cuba mais personne ne meure de faim non plus. Je peux en témoigner, tous les cubains ont de quoi manger et sont fournis en eau potable et ce, malgré les sécheresses durant l’été. Les services médicaux sont accessibles, mais parfois déficients en terme de médicaments disponibles, par exemple. Chose étonnante : des infirmières font quotidiennement des visites médicales chez chacun de leurs patients et les réfèrent au médecin local en cas de besoin. Mais la raison majeure de la pauvreté se traduit principalement par un manque de produits manufacturés de toutes sortes en raison de l’embargo américain qui sévit sur l’île depuis près de cinquante ans déjà. D’ailleurs, je suis d’avis que si Cuba avait libre accès au marché nord-américain, le peuple vivrait beaucoup mieux et de façon très organisée. Ce sont des gens chaleureux et très fiers que j’ai croisé, autant sur les sites hôteliers qu’en campagne ou encore dans les différentes villes que j’ai visitées. Toujours bien mis et propres, les cubains ont l’art de la fête et de la séduction et gardent toujours un sourire éclatant. J’ai aussi eu le privilège d’être témoin des relations familiales mais principalement du rôle que joue le père dans l’organisation. À mon grand étonnement, celui-ci semble s’occuper très bien de ses enfants et il les aime beaucoup. J’ai été témoin d’une journée-détente sur la plage publique de mon hôtel et les pères jouent avec leurs enfants, s’en occupent et tissent des liens familiaux serrés. La famille semble être un noyau sacré, respectant autant les vieillards que les enfants. Je me suis baladé dans des quartiers pauvres et miteux et je n’ai JAMAIS eu connaissance d’actes de violence ou encore de querelles envers qui que ce soit. Finalement, les Cubains sont un peuple fier et même que nous avons beaucoup à apprendre d’eux au niveau social, malgré le triste fait qu’ils ne gagnent que 1170 dollars américains par année…
République Dominicaine
Les Dominicains, contrairement aux Cubains, vivent une réalité bien différente. Le capitalisme étant l’idéologie économique adoptée, chacun doit travailler pour gagner son argent et les salaires varient beaucoup mais, de façon générale, tout le monde est pauvre. Le système de santé est privatisé et les services sociaux sont quasi-inexistants. Il faut donc payer pour une hospitalisation et en cas de manque de fonds, tant pis pour toi… J’ai aussi senti une très forte pression venant du peuple envers les touristes. Et cela est tout à fait normal! Imaginez, vous gagnez à peine de quoi vous nourrir, votre fils ne va pas à l’école parce que vous n’avez pas d’argent et le seul recours qu’il vous reste, c’est d’harceler les touristes pour leur vendre des babioles. C’est pourquoi la sollicitation est très présente voir même dérangeante pour un touriste qui s’aventure hors des sites hôteliers en République Dominicaine. Cependant, il reste que c’est un peuple qui a une joie de vivre contagieuse et plusieurs nord-américains doivent être jaloux d’être aussi bien dans leur peau.
Un autre aspect qui porte à réflexion quand on visite la République Dominicaine est la présence de dizaines de camps de coupe de cannes à sucre que l’on appelle là bas les «Batteye». En effet, les travailleurs sur ces camps sont d’origine haïtienne et vivent dans des conditions tout à fait inacceptables. Les enfants sont, pour la plupart, analphabètes et non scolarisés. Les maladies de peau, les parasites et le sida sont aussi monnaie courante dans ces villages improvisés. On entasse des familles entières dans des espaces restreints et mal équipés, sans l’eau courante. Les enfants marchent pieds nus dans une ruelle de boue infectée et montrent des signes de malnutrition. Outre les organismes d’aide internationale ou les groupes d’intervention étrangers, rien n’est fait pour corriger la situation. L’organisation sociale est déficiente et l’éducation est un besoin criant, autant pour les enfants que les adultes. Ces gens sont pourtant pleins d’espoir, conscient de la vie à l’extérieur de ces Batteyes. Marcher dans ces rues nous rappelle encore une fois la chance que l’on a d’être né chez les 12% de la population mondiale privilégiée…
Conclusion
On peut donc constater que l’écart est grand entre nous et ces pays des Caraïbes. Des problèmes semblables mais vécus dans des contextes différents, voilà ce que j’ai constaté lors de mes visites dans ces pays. Je peux cependant dire que c’est l’organisation familiale, sociale et politique qui joue un rôle dominant dans la condition de vie de ces pays. La solidarité sociale et la coopération qu’a instauré Cuba semble être demesure qui donne des résultats, malgré que beaucoup reste à faire. Quant à la république Dominicaine, je me suis parfois senti au paradis, parfois en enfer car, ne l’oublions pas, le tiers-monde, c’est en partie là-bas.