- / LBR.ca / - Au Québec, il y a un service d’aide sociale, pour les gens sans emploi. Nous disposons également des normes du travail et de syndicats. Le salaire minimum est fixé à 7.60$/heure. Pourtant, nous avons de plus en plus de grèves pour faire valoir nos droits ou augmenter nos salaires. Nous avons un système d’eau courante potable. L’éducation est accessible à tous. Nous l’obligeons jusqu’à l’âge de seize ans. Malgré tout, nous avons des décrocheurs! Alors je crois que nous devrions plus sérieusement nous intéresser à la situation des gens des pays sous-développés. Le documentaire s’intitulant «Partir ou mourir» nous fait le portrait de gens qui sont prêts à tout pour quitter leur pays, ne serait-ce que pour manger et se loger. Alors je m’adresse à nous, les gens riches qui sommes 12 % de la planète à posséder 86 % des ressources.
Premièrement, il est évident que nous ne pouvons plus nous fermer les yeux face à cette situation. Des documentaires sur le sujet passent à la télé, se retrouvent sur Internet. De plus, ils sont faciles d’accès. Comment ne pas être touché par ce type de film. Ce n’est pas du sensationnalisme, c’est la dure réalité. Les conditions de vie ailleurs sont plus que déplorables. C’est terrible que des gens vivent ainsi. Ils sont sous-payés. Par exemple, un pêcheur du Maroc est payé 6.50 CAD pour une journée en mer. Personne ne veut rester au Maroc, les gens tentent même de fuir par la mer. Ces voyages sont très difficiles, ces gens-là souffrent de tous les maux. On retrouve même plusieurs cadavres sur la plage de l’Espagne. Ils ne se sauvent pas pour s’enrichir mais bien pour survivre. Ailleurs, comme au Mexique, les immigrants prennent le train pour se sauver de leur enfer. C’est fou, on ne leur dit pas à quel point c’est dangereux. Ils ne s’amènent pas de provisions ni d’eau. Ils manquent de force et ils tombent de fatigue. La plupart des gens à qui cela arrive perdent leurs jambes. Certains disent même qu’ils auraient aimé mieux se remettre la tête sous le train, afin de ne plus revivre leur triste quotidien.
La maison du bon pasteur reçoit chaque année environ 5000 personnes. Des gens rescapés d’une tentative de fuite, plus souvent qu’autrement causée par une chute du train. Dans le train il rôde un langage de mort. Dans ce refuge, les désespérés sont encouragés à croire en eux et en leurs rêves. C’est fantastique de les voir combattre ainsi. Mais encore, faut-il être si mal pour tenter un voyage avec des risques aussi élevés que celui de la mort ?
Il n’y a pas d’appui pour ces immigrants clandestins. Il n’y aura pas de fin à ce cercle vicieux tant qu’il ne sera pas totalement brisé. Nous, ici au Canada, avons renvoyé Ramon Mercedes les pieds en sang. Il venait de subir une amputation des pieds. Il n’était même pas guéri et nous l’avons renvoyé dans son pays sous-développé. Ses pieds le font énormément souffrir. C’est d’ailleurs ses voisins qui lui ont donné l’argent pour se fournir des médicaments. Le médecin de son pays lui demande la somme de 89 000 $ par pied, pour subir une deuxième opération. Nous l’avons déporté avant qu’il ne nous poursuive. C’est horrible, tout cela se passe ici même au Canada.