- / LBR.ca / - Cette expérience fut l’une des plus enrichissantes de ma vie. En plus de fréquenter les plages des magnifiques sites hôteliers, je suis aussi allée aider, bien modestement, des gens que la vie n’avait pas autant choyés que moi. J’ai ainsi réussi, d’une certaine manière, à donner encore plus de sens à mon voyage.
Au lieu de chercher à vaincre les expertes du bronzage, j’ai décidée très tôt de suivre les conseils de notre accompagnateur, François Privé, et de sortir de ce décor qu’on avait préparé pour nous pour visiter un batey. C’est à ce moment-là que j’ai vécu des expériences extraordinaires avec des jeunes enfants haïtiens dans ce Batey appelé Cangrejo.
Pour ceux qui ne seraient pas au courant, tout comme moi il y a deux semaines, un batey, c’est l’endroit où vivent les gens qui travaillent dans les champs de cannes à sucre. Je crois que personne ne peut s’imaginer à quel point les adultes et les enfants qui y vivent sont dans des conditions difficiles à supporter.
Ils ne font que survivre tout simplement. Les gens gagnent à peine 100 pesos (environ 3$ US) par jour pour faire la récolte. De plus, ils habitent des maisons qui sont plus petites et plus perméables que nos remises au Québec. Là-dedans, ils s’entassent par groupes d’environ 2 à 8 personnes. En fait, je ne peux même pas décrire toute la misère que ces gens vivent, car il faut le voir pour le croire.
Et tout cela, j’ai pu le faire en faisant 20 minutes d’autobus que l’on appelle là-bas des gwa-gwas. Je n’ai fait que sortir du site hôtelier pour y voir un monde invraisemblablement différent sous tous les aspects. Et je crois que la chance que j’ai eue de pouvoir aider un peu ces gens, c’est une chance qui s’offre à tous les voyageurs qui désirent donner un sens à leur voyage et repartir avec une fierté immense. Il m’a suffit d’apporter des valises remplies de vêtements et de chaussures que j’étais prête à donner, et de me joindre à quelqu’un qui connaissait quelques contacts sur place et qui pouvait me guider. Il s’agissait de mon tout premier voyage.
Je suis revenue de là-bas le cœur attendri par toute l’attention que j’ai reçue des enfants haïtiens. C’est incroyable de voir à quel point ces enfants sont chaleureux et aimants. Il m’était tout simplement impossible de rester froide face à tout l’amour qu’ils donnaient. Ce sont des enfants qui souffrent pour la plupart de mal nutrition, mais ils semblent tout de même réussir à se contenter de peu et être heureux. Finalement, le message que je dois lancer, c’est que tous les humains qui sont capables de se payer un petit voyage de dernière minute peuvent aussi contribuer à aider des gens à se sortir de la misère. C’est possible et même très facile. Je me considère chanceuse d’avoir pu constater la misère du 2/3 de la planète de mes propres yeux.
Valérie Bouchard
Alma
Réagir à cet article
Version imprimable
Envoyer à un ami
Pour d'autres informations dans « Opinion du lecteur
»...
LBR.ca - Saguenay-Lac-St-Jean - AB