- / LBR.ca/ - Lors de l’élection du Pape Benoît XVI, plusieurs commentateurs de radio, télévision et journaux l’ont accusé d’être très conservateur et ont même porté un jugement identique concernant Jean-Paul II. Ils ont insisté sur l’importance pour l’Église de se moderniser, sinon elle va disparaître.
Sur quoi est basé ce jugement? L’Église n’a pas su s’adapter au monde moderne! Elle n’accepte pas l’avortement, l’homosexualité, le divorce, les relations sexuelles à tout âge et sans normes, le refus du condom, enfin elle n’a pas accepté tout ce qui est présenté comme étant la modernité de la vie, la vie facile, sans effort, la vie de plaisirs,, la vie de consommation, etc…
L.Église, donc le Pape peut-il accepter tout ce que le monde moderne désire et ainsi permettre n’importe quoi? L’Église doit-elle se « moderniser » en acceptant ce que le monde lui demande de faire. D’où lui vient son autorité, quelle est sa responsabilité, quelle est sa mission?
Fondée il y a maintenant 2000 ans par Jésus-Christ, lors de son passage sur la terre, il lui a donné comme mission d’enseigner toutes les nations. Enseigner quoi? Le message qu’il a lui-même enseigné pendant toute sa vie publique et pour lequel il a été crucifié. En plus de guérir les malades physiques, il a guéri les âmes en remettant les péchés. »Moi non plus je ne te condamne pas, va et ne pèche plus » (Jn 8, 11)
:Lors de son passage sur terre, Jésus-Christ nous a avisé que le « monde » serait contre ses disciples d’hier et d’aujourd’hui. Il a promis que ses disciples de toujours subiraient le même sort que lui. Lui qui était parfait a été crucifié Par contre il a promis qu’Il serait avec l’Église jusqu’à la fin des temps.
Depuis les premiers apôtres, l’Église a connu de nombreux moments de crises et des périodes de grande foi. Chaque période de crise a suscité des « saints » qui ont continué le message de Jésus-Christ dans toute sa réalité, son originalité, ses exigences. Chaque fois le monde s’est converti. Même actuellement un grand nombre de personnes se dirigent vers des religions ou des groupes drôlement plus exigeants que l’Église actuelle.
Dans tout son message Jésus-Christ a insisté continuellement sur deux axes : l’amour et le pardon. Il s’est toujours soucié des plus mal pris, des plus petits, des personnes qui n’avaient pas d’autorité, des pécheurs. Chaque fois qu’il intervenait auprès d’un pécheur, à titre d’exemple, la femme adultère, il lui disait va et ne pèche plus. Son premier commandement aimer Dieu, son deuxième aimer vous les uns les autres.
Ce message évangélique, l’Église peut-elle le changer? Peut-elle accepter comme des situations normales ce que le Christ a lui-même condamné, tout en comprenant et pardonnant toutes les personnes qui étaient dans ces situations.
« Un chrétien qui reproche toujours à l’Église tel ou tel point avoue l’échec de sa propre foi. Pourquoi condamner? Pourquoi chercher un coupable? Les plus grands maux de l’humanité jaillissent du cœur de l’homme » (Père René Pageau).
Évidemment l’Église peut modifier ses lois temporelles, ce qu’elle a déjà fait : le jeûne, la langue utilisée lors des célébrations, aller communier alors que l’on vient de manger, son enseignement qui est passé d’un Dieu sévère, vengeur à un Dieu d’amour tel qu’enseigné par son Fils et combien d’autres.
Par contre elle n’a pas le pouvoir de changer le message de son fondateur, le Fils de Dieu, Jésus-Christ. Jean-Paul II dans son livre « Entrez dans l’espérance », dit : Montrer la réalité du péché n’équivaut pas à condamner. Le Fils de l’homme n’est pas venu dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Montrer la réalité du péché revient au contraire à créer les conditions de salut. La condition première du salut est pour l’homme de prendre conscience de son péché, y compris son péché héréditaire, et ensuite de le reconnaître devant Dieu qui n’attend que cette confession pour sauver l’homme » (p 100/101)
Tous on voudrait revoir nos églises pleines de fidèles comme avant les années 60, mais suite à la révolution sexuelle et la crise de foi des années 60, un grand nombre de ses membres s’en sont éloignés.
L’Esprit Saint est toujours présent au sein de son peuple et il suscite de belles réalisations, moins spectaculaires que ce à quoi nous étions habitués, mais qui n’en constituent pas moins de belles réalisations, même si elles ne prennent pas la vedette. La semence du Saint-Esprit doit respecter le temps afin de porter des fruits.
Le mariage des prêtres, une plus grande place dans l’Église pour les femmes, voilà des sujets qui relèvent de son pouvoir temporel. Faut se rappeler que tout changement même bien accepté par un grand nombre, suscite des réactions négatives au sein de la communauté. Lorsque l’Église à permis l’usage de la langue du peuple, plusieurs fidèles ont délaissés l’Église, car disaient-ils ce n’est plus mon Église, je n’ai plus la possibilité de prier comme avant. La crainte de ces réactions ne doit pas être un obstacle aux changements, mais il est important d’en tenir compte et d’évaluer si le changement sera plus bénéfique pour les fidèles ou plus dévastateur.